‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 312 sur 406 · I. FisoD et Howit, loc. cit., 2u · texte numérisé non relu

I. FisoD et Howit, loc. cit., 2u

e. 1d., Ibid.

332 L*ÉV0LUT10iN DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

veuve ne saurait hériter, car on ne peut morceler le patrimoine. Elle est alors d'un bien grand embarras. Tantôt on lui persuade encore de suivre dans l'autre monde Tépoux qui l'y a précédé : c'est la solution la plus radicale. Suuveiil on la remarie en en touchant le prix; parfois on pourvoit à son sort par le lévirat. Toujours on lui impose des devoirs plus ou moins lourds; très fréquemment on la maintient en tutelle.

Des traces de toutes ces iniquités ancestrales se conservent encore dans nos codes modernes, qui, tout en émaûcipaut à peu près la veuve, poussent le fanatisme de la consanguinité jusqu'à ne pas la considérer comme parente de son mari, en ce qui concerne les biens. Au point de vue social, toute cette revue des conditions faites aux veuves est peu flatteuse pour l'humanité. Enfin, au point de vue moral, la résignation, le plus souvent si facile, avec laquelle les hommes et les femmes supportent le veuvage, met, sous le rapport de la noblesse des sentiments, le genre humain bien au-dessous de certaines espèces animales, par exemple de la perruche Illinois (Psittacus Illinois), pour qui veuvage et mort sont synonymes, aussi bien pour le mâle que pour la femelle. Sans doute on pourrait alléguer que, même dans les sociétés soi-disant fort civilisées, l'on se marie, le plus souvent, sans y être poussé par un sentiment bien vif; mais ce serait sûrement là une pauvre excuse.

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