Voy. Luersen, Boianik, 11, p
ANDROPHYLLES ET CARPOPHYLLES. 55
tylées, déjà différenciées, avaient revêtu une partie au moins des caractères qui les distinguent. Les exemples, empruntés par Luersen ^ à Gelakovski, des étamines anormales du Rosa chinensis et du Dictamnus albus font voir effectivement, à la suite de Tavortement partiel des loges de Tanthère, d*abord disjointes, puis atténuées, le limbe s^élargissant et pourvu de nervures ramifiées, émises par la médiane, avec des dentelures marginales. Il est donc possible de concevoir un moment où les androphylles, configurés à la façon d'une feuille ordinaire simplement réduite, portaient à leur face supérieure deux loges à pollen ou microsporanges et deux autres le long des bords latéraux, tout en gardant une partie au moins de leur structure normale. Ce moment aurait été déjà assez éloigné du point de départ commun des deux classes pour que celle des Dicotylées eût acquis, dans chaque groupe secondaire alors ébauché, des feuilles revêtues de caractères spéciaux, bien que plus simples et moins évoluées que dans la suite. Ce n'est là, il est vrai, qu'une simple hypothèse; et Ton ne saurait, faute d'indices assez nombreux, la mentionner qu'à ce titre et sans y insister davantage.
L'examen de ce qu'enseignent l'ovule et son support, c'est-àdire l'appareil femelle ou mieux le carpophylle des Dicotylées, jusques et y compris le développement de l'embryon, nous fera entrer plus avant dans la question que nous serrons de près, tout en amenant la confirmation de notre point de vue.
Dans les deux classes, les carpophylles ou feuilles transformées, servant de support aux macrosporanges, ne différent, d'une classe à l'autre que dans la mesure des feuilles normales respectivement comparées. Le macrosporange est pareil aussi, des deux côtés, par sa situation à la face supérieure et de préférence le long des bords de la feuille capellaire, ainsi que par sa strucure pédicellée d'où vient la placentation. La feuille carpellaire repliée et rejoignant ses bords et les carpelles libres ou soudés entre eux forment les diverses variétés de fruits, polycarpés, syncarpés ou apocarpés, selon les cas. Aucune différence ne se manifeste non plus dans l'ovule même, c'est-à-dire dans les macrosporanges, dont le nombre est si variable et le mode de placentation sujet à tant de diversités,