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PRÉPONDÉRANCE ACQUISE AUX DIALYCARPÉES

le plus reculé auquel il nous ait été donné d'observer cette catégorie de végétaux.

Il faut aussi tenir compte de cette circonstance que, parmi les types de Dicotylées de la craie supérieure, il en est au moins trois : Aralia, Dewalquea, Euphorbiophyllum, dont le port frutescent, par son galbe trapu, subdivisé par sympodie, se rapprochait plus ou moins de l’état primitif de la classe entière, tel que

Fig. 125. — Types divers de Dicolylées primitives de la craie. — À, Polytænia quinquesecla Sap. et Mar. (turonien de Bagnols, Gard). — B, Quercus primordialis Lax. (Dakotagroup). — C, C, Æuphorbiophyllum antiquum Sap. et Mar. (turonien de Bagnols, Gard). — D, Laurus præalavia Sap. et Mar. (turonien de Bagnols, Gard). — Grandeur diminuée de moitié.

nous le comprenons. Les Araliacées, les Pæoniées ou Hellé-

borées et les Euphorbes ligneuses reproduisent sous nos yeux

l'aspect de ce que durent être les plus anciennes Dicotylées. Les

Berbéridées, les Sapotées et les Sterculiacées, offrent encore des

exemples de ce même type caulinaire, sans doute plus répandu

alors que dans les âges postérieurs. Ces diverses familles ont laissé dans la craie des vestiges de leur présence.

Enfin, il existait de plus, parmi les Dicotylées de la craie, un certain nombre de types visiblement éteints, que l'absence de tout autre organe que les feuilles empêche de définir rigoureusement, mais qui se rattachent nécessairement aux débuts de la

118 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES PRIMITIVES.

classe. Plus tard, en effet, et dans le cours du tertiaire, sauf l'incertitude qu’amène notre ignorance des caractères uniquement basés sur l'étude des feuilles, il devient évident que les Dicotylées observées rentrent sans anomalie dans les cadres aujourd’hui existant. Il n’en est pas ainsi assurément des Credneria de Bohème, du Harz et de la Westphalie, des Aspidiophyllum et Protophyllum du Dakota-group, enfin de quelques types du turonien de la France méridionale. ‘2

La diversité seule des opinions émises à propos des Credneria, rapportés successivement et sans beaucoup de succès aux Ménispermées, aux Hamamélidées, aux Polygonées, en dernier lieu aux Malvoïdées, prouve bien qu'il s’agit d’un groupe éteint de Dicotylées, dont malheureusement nous ne connaissons que les feuilles. Celles-ci sont, il est vrai, remarquables par leurs caractères différentiels, autant que par leur dimension. En ne consultant que l'apparence, c’est-à-dire en s’attachant aux trois nervures principales, à la décurrence du limbe sur le pétiole et à la présence des nervures infrabasilaires, le rapprochement le plus naturel serait avec les Platanées, dont les feuilles offrent la même disposition avec un réseau veineux de même nature. Cette affinité morphologique est encore plus sensible, si l’on compare les Credneria aux nombreux platanes du Dakota-group et de la craie d'Upernivik ! dans le Goënland. D'autre part, une composée frutescente, de La tribu américaine des Verbésinées, le Verbesina Mamei Hort., nous a offert tout récemment des feuilles qui reproduisent fidèlement les caractères morphologiques de celles des Credneria. 1] paraît donc réellement impossible, au milieu de tant d'incertitudes, de proposer un rapprochement du type crétacée avec un des genres de l’ordre actuel, assez vraisemblable pour entrainer la conviction.

Les Aspidiophyllum et les Protophyllum du Dakota-group rappellent les Credneria d'Europe; seulement le limbe de leurs feuilles est pelté, c’est-à-dire pourvu inférieurement de deux auricules soudées. Il semble que l’on aurait ici sous les yeux, dans les Aspidiophyllum, quelque Malvoïdée analogue aux Pterospermum, tandis que les Protophyllum, dont la nervation est pinnée, sont plutôt assimilables aux Hamamélidées qui com-

1. Voy. Heer, Die Foss, FI, d. Polürland, NI, p. 72, tab. 7, 8 et 1.

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