COMPOSITION SIMPLE OU DOUBLE DU FAISCEAU FOLIAIRE
sement en épaisseur de la tige. Dans ces conditions, le bois intérieur ou centripète qui complétait le corps ligneux avait sa raison d’être, mais à mesure que la région corticale prenait de l’accroissement, et surtout lorsque le bois extérieur, déjà distribué en séries rayonnantes, gagna en épaisseur et que le cambium devenu permanent ne marqua plus de limites à son développement en diamètre, le bois centripète tendit au contraire à s’amoindrir, à se réduire de plus en plus. Il disparut d’abord du centre de la tige, tout en persistant dans le faisceau foliaire, d’où il fut ensuite totalement éliminé, sauf chez les Cycadées, où il se rencontre encore comme un dernier vestige d’un état antérieur.
Mais, si nous sommes certains, par l'observation d’une partie notable des types anciens, de l'existence plus ou moins prolongée d’une double région ligneuse, chez les Progymnospermes, nous ignorons absolument s’il en a été de même pour les Proangiospermes et si les ancêtres communs des Monocotylées et des Dicotylées ont eu à l’origine des tiges pourvues d’une double région ligneuse. Il v a une certaine probabilité pour qu'il en ait été ainsi, et il ne serait pas impossible que, de cette double région ligneuse, par une élimination corrélative, opérée en sens inverse l’une de l’autre, les Monocotylées n’eussent gardé que la seule zone interne dont les faisceaux étaient épars et fermés, tandis que les Dicotylées auraient conservé et développé la zone ligneuse centrifuge, la seule qui puisse donner naissance à une production cambienne permanente.
Les notions précédentes impliquent l'existence chez les ancètres communs des Phanérogames, soit Gymnospermes, soit Angospermes, de deux ordres de caractères acquis antérieurement à leur séparation en groupes distincts et relevant des parties dont l'extension a le plus contribué au développement de la souche mère de l’embranchement. De ces ordres de caractères, le premier est relatif aux sporanges déjà différenciés en microsporanges et macrosporanges et supportés par les feuilles : mais là s’arrête l'assimilation et la divergence éclate entre les deux classes, dès que l’on veut s'avancer plus loin. Ni le nombre, ni la distribution relative, ni la signification morphologique des sporanges et de leurs supports ne sont évidemment plus les mêmes dans les Gymnospermes et les Angiospermes comparées.
Le second ordre de caractères propres aux deux catégories à la fois est le plan caulinaire ramené à ce qu'il a de fondamental, mais à la condition d'admettre une plus grande plasticité de l’ordonnance, une mobilité plus prononcée des éléments constitutifs de ce plan, que l’on doit supposer non encore arrêté dans les traits décisifs de sa structure, susceptible en un mot de perdre ou d'acquérir définitivement certaines particularités à l’aide d’une différenciation ultérieure. C’est cette tendance qui aurait déterminé les déviations du plan primitif, en leur imprimant ensuite le sceau d’une fixité absolue.
En dehors des réductions intéressant les spores et leur contenu prothallien, en dehors aussi du fond commun résultant des éléments essentiels du plan caulinaire et des feuilles servant de support à des sporanges différenciés, tous les autres caractères morphologiques dont les Phanérogames offrent l’exemple appartiennent en propre à l’une des deux branches du tronc commun et dépendent par conséquent de leur évolution respective. Il est donc possible de saisir le point où s’est effectuée la séparation de ces branches, de le définir et de le préciser. IL nous a été facile de démontrer effectivement que l’évolution, une fois prononcée dans le sens gymnospermique, avait dû marcher en avant dans une direction qui loin de conduire aux angiospermes, avait constamment divergé par rapport à celles-ci. Le plan caulinaire des Gymnospermes, en se régularisant et se déterminant chez les Aciculariées, a bien réalisé une structure homologue de celle des Dicotylées; cette structure est distincte pourtant par l’uniformité des fibres ligneuses, par leurs ponctuations, par l’absence de vrais vaisseaux dans le bois et une moindre différenciation des tissus, provenant du faible développement du parenchyme ligneux. La ressemblance, l’homomorphie, si l’on veut, n'implique ici qu’un effet de parallélisme dans l’évolution, mais aucune affinité génétique respective. Il en est de même des feuilles, bien qu'en se rapprochant du berceau commun, soit par les Cycadées, soit en remontant plus loin par les Cordaïtées et les Dolérophyllées, on voie ces organes affecter une analogie assez sensible avec les parties correspondantes des Monocotylées. Mais dans la direction inverse, au lieu de prendre de l’extension, les feuilles s’amoindrissent jusqu’à perdre leurs caractères primitifs. Leur limbe rétréci ne présente