AMPHIBIES
du côté de la base du cerveau, se voit une lamelle grise, lamelle terminale. En avant de la commissure antérieure, la fente qui sépare les deux hémisphères est complète et s'étend de la voûte à la base. A la face interne du ventricule latéral creusé dans chaque hémisphère, se voit une saillie qui représente le corps strié des vertébrés supérieurs. Les lobes olfactifs sont unis par une commissure, commissure des lobes olfactifs.
Les centres nerveux des autres amphibies, salamandres, protées, etc., sont construits sur le même type.
Le manteau et la partie basilaire des hémisphères sont constitués par une couche interne de cellules nerveuses et une couche externe de fibres nerveuses et de névroglie.
Les organes des sens sont assez développés chez les amphibies, sauf dans les espèces inférieures.
La sensibilité tactile est assez vive et a pour organes les terminaisons nerveuses et les corpuscules du tact, très nombreux dans la peau de cts animaux. On trouve, en outre, chez ceux de ces animaux qui vivent dans Teau, par conséquent dans les larves d'amphibies, des organes tout à fait identiques aux organes latéraux des poissons. Ces org;mes se rencontrent à la tête autour de l'œil, sur les filets du nerf trijumeau, et au tronc, sur le trajet du rameau latéral du pneumogastrique. Ils consistent en un amas de cellules spéciales qui se terminent par un filament allongé dans une sorte de tube membraneux, et qui sont en relation, par leur autre extrémité, avec les fibres nerveuses. Leur rôle est très obscur; on a voulu en faire les organes d'un sixième sens.
Les yeux, toujours au nombre de deux, sont rudi-
mcntaircs et situés sous la peau dans les espèces souterraines, comme le Proteus angninns par exemple ; mais chez les batraciens proprement dits, comme la grenouille, ils sont bien développés et présentent tous les caractères de l'œil des vertébrés supérieurs.
Voreille se compose d'un labyrinthe membraneux, avec un vestibule, un limaçon rudimentaire et trois canaux demi-circulaires; chez les batraciens, il s y ajoute une caisse du tympan avec une membrane tympanique et un osselet unique ou columelle.
Vodorat siège dans les fosses olfactives doubles et a pour éléments spéciaux, des cellules olfactives constituées par une cellule très allongée, munie d'un noyau volumineux et qui, par son extrémité profonde, se continue avec la terminaison nerveuse et, par sa face libre, supporte un pinceau de cils. Ces cellules olfactives sont interposées entre les cellules épithéliales de la muqueuse.
Les organes du goût sont constitués par des papilles, papilles fungiformes de la muqueuse linguale.
Je ne m'étendrai pas sur le genre de vie et sur les phénomènes instinctifs et psychiques de ces animaux. Ce que je mentionnerai seulement ici, c'est Tétai inférieur de leur activité psychique; en dehors de la recherche de leur nourriture et des manifestations sexuelles, il n'y a pour ainsi dire plus rien chez cts animaux, et encore leurs manifestations sexuelles sont-elles purement réflexes sans ces jeux ou ces combats qu'on rencontre chez la plupart des espèces animales ; la colère parait leur être inconnue ; leur cri, grave en général, uniforme et monotone coassement, ne se modifie que rarement pour devenir un cri de douleur aigu et perçant.
Aussi, chez la grenouille par exemple, Textirpation des hémisphères cérébraux, quand on la fait avec soin, en respectant les couches optiques, ne détermine aucun phénomène particulier, à part les suites immédiates de Topération. Au bout de très peu de temps, la cicatrisation de la plaie a lieu, et si on place alors l'animal dans un aquarium avec des grenouilles intactes, il est impossible à des personnes non prévenues de les distinguer les unes des autres. Le crapaud a cependant déjà une supériorité psychique sur la grenouille, et Lacépède cite un exemple de domesticité d'un crapaud qui vécut trente-six ans.