A. P., III, 13i
i. Je ne connais riue les exemples suivants :
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé. (S. VI, 33.) Des filous cfîvontés d'un coup de pislo/e/. (S. VI, 101.)
11 faut remarquer, pour ces deux premiers exemples, que la rime léonine
de rejeter ce qu'il y a de trop absolu dans la règle de Malherbe. Seî> rimes ne sont pas orthodoxes. Il a beau prétendre remonter jusqu'à la pure doctrine de Malherbe, il est hérétique, au moins en un point. Ce n'est pas à Malherbe, mais à Molière que Boileau demande des leçons de rime, sans vouloir peut-être se faire prendre au mot. On serait surpris du reste qu'un esprit aussi puissant ait pu jurer trop fidèlement sur les paroles d'un maître. Pourtant, après cette velléité d'indépendance, il retombe sous le joug : Boileau n'est plus que la seconde édition de Malherbe, infiniment peu corrigée, pour la question si importante delà césure.
La Césure.
Malherbe aurait envié à Boileau la formule nette, tranchante, dans laquelle Télève a résumé toute la doctrine du maître :
Que toujours dans vos vers, le sens coupant les mots Suspende rhémistiche, en marque le repos *.
Boileau s'est conformé à sa règle avec une logique très estimable chez un logicien, mais assez fûcheuse pour un poète *. Pour mieux
sur le son é est la plus pardonnable de loulos, comme nous l'avons vu.
Tandis que dans les airs mille cloches émues
D'un funèbre concert font retentir les nues. (S. VI, 24.)
Là d*un cnterrewen/ la funèbre ordonnance
D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance. (S. VI, 36.)
Tous ces exemples sont pris dans une œuvre de début. Dans les pièces de la maturité, je ne connais qu'un seul cas :
Mais son emploi n'est pas d'aller dans une place
De mots sales et bas charmer la populace. (Â. P., 111, 404.)
Cf. Edélestand du Méril (p. 131, note 3).