‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 56 sur 224 · Sully Prudhomme, Réflexions, p · texte numérisé non relu

Sully Prudhomme, Réflexions, p

qu'une strophe se termine par une rime féminine ou masculine *? L'important pour nous n'est plus là. Ce sont des images émouvantes que nous demandons surtout aux lyriques, et nous prendrions volontiers, pour définir ce genre, la formule que Buffon applique au style, pour les idées : le lyrisme est Tordre et le mouvement que Ton met dans ses images. Or ce poète lyrique, au témoignage de Racan, « avait aversion contre les fictions poéliques * w. Son Commentaire le prouve. 11 trouve Thyperbole ridicule '. Des comparaisons de Desportes, plus timides que tant d'autres chez Pindare, lui semblent extravagantes (IV, 415). Ce que nous condamnerions comme étant de goût douteux, lui parait bien plus grave; quand Desporles met :

Le tyran des Hébreux Ne fit jadis meurtrir taat d^cnfanls innocents Que je tue en maillot de pensers languissants,

cela paraît à Malherbe une « imagination bestiale » (IV, 321). Il ne peut souffrir les métaphores prolongées; et pourtant il est plus sévère encore pour celles qui ne se suivent pas logiiiuement*. Ce n'est pas qu'il ne tombe lui-même dans ce défaut ^^ ou que, par dérogation à ses propres principes, il ne se permette quelquefois des images ampoulées *. Mais ce sont là des exceptions. Le plus souvent son style

1. « A propos de sonnets, il est encore à remarquer que tous ceux de Malherbe, à la réserve de deux ou trois, finissent par des rimes masculines, ce que Malherbe a alTecté, à cause que les rimes masculines ferment mieux la période que les féminines. Et c'est pour cette raison que la plupart de ses stances finissent aussi par des rimes masculines. » (Ménage, p. 301.)

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