Dans Yaugelas. éd. Chassang, II
2. Règles de la poésie française, chap. n, § 3, à la fin de la Nouvelle Méthode. On sait qu'elles sont de Lancelot. — Cf. Ménage, Commentaire, p. 215 : » M. Lancelot, qui est un homme d'une grande vertu et d'un grand savoir, a donné de grands éloges à ces quatre stances dans ses Règles de la poésie française, imprimées à la fin de sa Nouvelle Méthode ».
Les Muses hautaines et braves Comme filles de Jupiter Ne savent que c'est de flatter A la manière des esclaves,
celui que Scarron appelle : « le Prince de la rime normande ' »^ change ces vers contre ceux-ci :
Les Muses hautaines et braves
Tiennent le flatter odieux,
Et comme parentes des dieux
Ne parlent jamais en esclaves d, 108, Hj;
et cela, pour supprimer la rime normande; du moins Ménage le tient de Racan, « de qui j'ai appris aussi, dit-il, que Malherbe, sur la tin de ses jours, avait conçu une si grande aversion contre ces rimes normandes, qu'il avait dessein de les ôter toutes de ses poésies - ».
11 est impossible d'être plus scrupuleux dans la pratique de ses propres théories. Il n'y a qu'une règle que Malherbe ait manifestement violée, et souvent : la sixième. On rencontre chez lui maint vers léonin, malgré la critique qu'il en fait chez autrui. Ménage n'a su en relever qu'un seul cas, et encore bien véniel, puisque l'hémistiche du premier vers d'une stance rime avec le dernier vers de la stance précédente. Étant donnée la pause qui les sépare, la consonance n'est pas sensible, par conséquent n'est pas fautive ^ Mais Ménage aurait pu en signaler bien d'autres. Les rimes léonines en é, les plus admissibles du reste, sont les plus nombreuses. C'est ainsi que la dernière syllabe de l'hémistiche rime avec la fin du vers, plus ou moins faiblement, dans les cas suivants :
Pour mourir satisfait n'aura que désirer. (I, 233, 78.) Nous n'avons plus sujet de te rien demander. (I, 70, 12.) Naguère que j'oyais la tempête souffler. (I, 240, 13.)
La dernière syllabe d'un hémistiche rime avec la fin du vers précédent :
Ayant toujours fait espérer Qu'un soleil qui naîtrait sur les rives du Tage. (I, 236, 3.)