ENTENTES INTERNATIONALES
Ils ont fait plus bien souvent, non seulement, ils ont usé à leur égard d'un droit de contrôle et de regard, non seulement ils ont été parties jointes dans les contrats internationaux mais ils sont devenus souvent parties principales et contractantes telle par exemple, la France dans la Banque du Maroc.
Jusqu'à ce jour, la Pologne a tenu dans les ententes une place assez modeste.
Sa situation géographique qui la place à l'Est aux côtés de la Russie, à l’ouest, au voisinage de l’Allemagne, lui fait une obligation de traiter quasi exclusivement avec ces puissances, ou tout au moins, de ne prendre dans le commerce mondial qu’une attitude dictée par celle de ses voisins.
Or, à l'heure actuelle, les engagements de la Russie ne revêtent qu’une valeur à peu près nulle, et, d’autres part, l'Allemagne a pris au regard de la Pologne une position économique nettement hostile. N’a-t-elle pas par une série de prohibitions, plus ou moins directes ou plus ou moins déguisées, porté un coup sensible aux exportations polonaises ?
Dans ces conditions, on comprend la réserve gardée par la Pologne dans les ententes internationales.
Elle n’a pas encore pris rang dans le cartel de la
potasse.
Cependant, dès 1926, s’est fondée la fédération des émailleurs qui groupe les principales fabriques
d'Allemagne, d'Autriche, de Hongrie, de Tchécoslovaquie et de Pologne. Cette fédération étend ses ramifications en Belgique et en Angleterre.
On y étudie le système de partage des commandes selon le principe de rationalisation.
Mais, pour le moment, il n’y a obligation que de prix de vente communs, et de conditions uniformes pour l’exportation. |
Les marchés intérieurs sont réservés.
La Pologne est entrée également dans le cartel des tubes. Ce cartel est plus important que celui de l’émail, Il y a en cette matière une production plus large et un cercle beaucoup plus étendu d’acheteurs.
C'est là une branche facile à cartelliser, et pour laquelle s’est produite en Pologne une grande syndicalisation intérieure.
Le cartel des tubes, qui a effet rétroactif à partir du 10 juin 1926, ne comporte pas de comptoir central de vente proprement dit. |
Il unit les producteurs d'Allemagne, de France, de Belgique, de Luxembourg, de Tchécoslovaquie, de Roumanie, de Pologne (Bismark Hutte, Haute Silésie Polonaise).
Les marchés intérieurs sont réservés et les vwrix en conséquence fixés pour chacun d’eux par le Syndicat national. É
Pour lés pays de libre exportation, les livraisons sont effectuées également par les soins de chaque syndicat national, mais à des prix convenus.
Les entreprises anglaises, canadiennes, et des
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Etats-Unis n’ont pas encore adhéré à ce cartel,elles demeurent en dehors. Leur abstention a tout au moins cet avantage d'établir la concurrence et de
mettre un frein à toute majoration excessive.
Dans les mêmes conditions, la Pologne, pays essentiellement agricole, a donné son adhésion à l’Union Internationale des producteurs de superphos-
phates.
En dépit des frontières et des douanes, les industries similaires des grands pays de production sont en général en concurrence les unes avec les autres. Sur le marché national, cette concurrence est plus ou moins atténuée, sur les marchés extérieurs elle s'exerce plus librement.
Enfin, la surproduction peut se concevoir sur le marché mondial lui-même, soit pour des objets de très grande consommation, comme les rails des chemins de fer, soit pour des marchandises n'ayant pas encore de clientèle constituée, comme les produits chimiques nouvellement découverts.
Aussi existe-t-ilun syndicat international des rails dans lequel toutes les grandes métallurgies sont
entrées, celle en particulier dela Pologne.
De même l'entente internationale de l’acier constituée le 20 septembre 1996 entre la France et IPAL=
lemagne, la Belgique et le Luxembourg, et à laquelle
viennent de s’agréger la Pologne et la Tchécoslova-
quie, est la plus vastemanifestation dece phénomène.
Cette entente parait répondre à la nécessité de mettre un peud'ordre et de régularité dans la marche progressive des industries métallurgiques.
Le coup de fouet donné dans le monde entier à la production métallurgique par la guerre et l'après. guerre pouvait faire redouter un embouteillage général de tous les marchés du monde.
Une entente internationale dans laquelle ainsi que nous l’avons dit, est entrée la Pologne, s’est donc produite pour régler le quantum de la production. Il n’est d’ailleurs pas fixe et varie selon les décisions d’un conseil dit le Comité des quatre, qui s'inspire des circonstances pour le déterminer.
Mais aucun engagement n’est encore souscrit ni pour la vente en commun ni pour l’unité ou la réglemeñtation des prix.
L'avenir dira si l'entente ne doit pas toucher à ces deux autres objets.
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C’est sur cette interrogation que nous arrêterons notre esquisse de la vie polonaise. Il faudrait maintenant conclure et ce n’est pas si aisé puisque la Pologne, assurée désormais d’une monnaie saine, commence à peine son existence nouvelle. Trop d'éléments nous manquent pour nous permettre un jugement. Au témoignage d’un observateur impartial et naturellement vigilant M. Dewey, dont nous avons souvent invoqué l'autorité, il semble qu'on puisse envisager l'avenir avec confiance.
Sans doute le pays a-t-il, malgré le récent emprunt, de grands besoins de capitaux. Il faut développer l'agriculture présentement soumise à de lourdes charges : il faut améliorer les voies de communication et tirer le maximum de profit du débouché sur la mer, si modeste soit-il, en faisant converger vers lui les principales voies ferrées ou fluviales du pays, le port fluvial de Tezew est, de ce point de vue, appelé à rendre de grands services dans l’avenir.
Pour réaliser ce programme, la Pologne, maintenant admise à puiser aux sources internationales
de crédit ne manquera pas d’y faire appel prochainement.
Mais il importe aussi que le gouvernement poursuive avec rigueur la politique économique qui lui a jusqu'ici donné de brillants résultats. Pour cela l'union des partis, condition de la stabilité gouver-
nementale, est plus que jamais nécessaire.
Rien ne paraît actuellement menacer le gouvernement du Maréchal Pilsudski, dont le retour aux affaires depuis mai 1926 à permis d'accomplir de si heureuses réformes. Après avoir, depuis cette époque, gouverné sans parlement, le cabinet a voulu rentrer dans la légalité pour échapper aux reproches de dictature cachée qu'on lui adressait,
Les élections ont eu lieu, le 4 et le 11 mars à la Diète et au Sénat, et ont consacré la majorité du ministère Pilsudski. Cependant, il faut signaler l’entrée à la Diète pour la première fois, de cinq communistes qui,dès l'ouverture des débats, ont contribué à un demi-échec du Maréchal. Dès la première. séance, ces députés ont salué de cris injurieux l’entrée des membres du gouvernement. Le ministre de l’intérieur les a fait expulser, en suite de quoi l'élection au fauteuil présidentiel a vu le succès de M. Mdaszinski, socialiste élu par 206 voix contre 172 à M. Bartel, candidat du Maréchal Pilsudski
Cet événement n’est pas autre chose que l'indice d’une défaveur, sans doute passagère, dont souffri
rait un gouvernement exclusivement national et
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auquel les divers partis de l’Assemblée reprocheraient de les avoir abandonnés.
Enfin, une sérieuse garantie pour l'avenir de la Pologne parait résider dans le caractère international de l’aide qui lui a été accordée, et qui le sera à nouveau dans l’avenir sous forme d'autres crédits.
Cette solidarité financière est même plus étendue que la solidarité morale due aux accords de la S. D. N puisque les Etats Unis y ont largement participé.
Elle est, pour nous, une particulière raison d’espérer que la Pologne demeurera le bastion avancé de l'Europe pour le plus grand bien de la civilisation
occidentale.
Vu, le Doyen, Vu, le Président, BARTHÉLÉMY. Germain MARTIN.
Vu et permis d'imprimer :
Pour le Recteur, L’'Inspecteur de l'Académie :
MAURELLET.