‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 6 sur 127 · LEO EURE · texte numérisé non relu

LEO EURE

LRO RG Ar EE 13.673 — 8.203.800 —

18080 R LS 19.102 — 11.461.350 — 4 Prix

Les prix du charbon, sujets à de nombreuses variations, ont été en moyenne, par poud sur wagon :

DÉPUIS LA FIN DU XIXC SIÈCLE 45

En 1870440 ATEN PANS 18 kopecks En AS80 RE tend e sus: Bi En septembre 1896 ....... de 5,75 à 6 kopecks

À la même époque (septembre 1896), le coke valait de 10 à 11 kopecks le poud.

Principales exploitations houillères du Donetz

Société minière el industrielle du sud de la Russie. — Cette société, fondée en 1873, était une des plus anciennes du bassin du Donetz ; les machines d'extraction étaient françaises. De 1875 à 1895, la production est passée de 1 à 27 millions de pouds (charbons gras et demi-gras, bons pour les locomotives et la fabrication du coke).

Charbonnage Hughes. (créè en 1873) — Il comprenait 6 puits, munis de machines d'extraction anglaises. En 1897, la production, qui dépassait 30 millions de pouds par an, était consommée presque entièrement à l’usine métallurgique locale. Les couches exploitées donnaient du charbon gras contenant 18 à 26 % de

matières volatiles et fournissant un coke métallurgi-

que de première qualité.

Compagnie de Tschoulkovo. — Cette Compagnie, qui possédait également des charbonnages dans les gouvernements de Toula et de Riazan, produisait en 1897, dans son exploitation du Donetz, 8.000 pouds par an.

Un millier d'ouvriers travaillaient à cette exploitation. Dans ces régions, où la population clairsemée était en grande partie occupée aux travaux des champs, le problème du recrutement de la main-d'œuvre se posait pour la Compagnie. Ce problème fut résolu de la manière

suivante : Lorsqu'un ouvrier était embauché, on lui fournissait les matériaux nécessaires, mais il devait luimême construire sa maison. Le temps passé à ce travail représentait en salaires improductifs une valeur moyenne de 30 à 40 roubles. Si l’ouvrier quittait la mine, cette valeur lui était retenue sur le paiement de son salaire, à moins qu’un autre ouvrier ne vint reprendre sa maison en se substituant à lui dans son travail. L’ouvrier était donc intéressé, soit à rester à son poste, soit à trouver un remplaçant ; il ne pouvait, d’ailleurs, vendre qu’à un ouvrier embauché par la Compagnie.

Ce système n’était pas général au Donetz ; le plus souvent, les Compagnies minières construisaient ellesmêmes leurs maisons ouvrières et les louaient aux mineurs pour une faible redevance, de 1 à 2 roubles par mois. F

La Société houillère française du sud de la Russie exploitait des couches qui se présentaient en dressants avec une inclinaison de 600 environ, pouvant être travaillées par travers-bancs. De 12 millions de pouds en 1893, la production était passée à 23 millions en

La Société russe du Donetz, constituée en 1895, avait o puits en exploitation et son extraction atteignait 18 millions de pouds en 1897. |

Le charbonnage Kochkine produisait, en 1895, 6 millions de pouds d’anthracite ayant la composition suivante : carbone : 85 à 91 % ; soufre : 0,6 à 2,9 % ; cendres : 2 à 9 %.

Le bassin du Donetz est un des plus riches du monde;

il couvre une superficie de 25.000 verstes carrées, plus vaste que celle de tout autre bassin houiller de l'Europe. Les réserves dont il dispose peuvent être évaluées à plusieurs milliards de mètres cubes. L’ingénieur des mines Nocof avait trouvé que le bassin du Donetz posséderait 44 couches exploitables, contenant, jusqu’à la profondeur de 200 sagènes, 869.258.250.000 pouds de charbon. En admettant une perte de 10 %, cette perte correspondant notamment aux piliers, l’extraction possible serait supérieure à 782 milliards de pouds,

En 1895, l'extraction avait presque atteint 380 millions de pouds. A cette époque, en se basant sur une progression dé 12 % par an, on pouvait prévoir qu’en 12 ans, la production atteindrait 1 million de pouds par an. Dans ces conditions, les réserves du Donetz devaient durer 782 ans!

Vers 1870, l'extraction n’était destinée qu'à la consommation locale. Les débouchés n'existaient pas, seuls quelques rares propriétaires exploitaient avec des moyens primitifs, soit aux points d’affleurement des couches, soit dans les endroits où une faible épaisseur de terre recouvrait le dépôt de charbon. Les puits étaient naturellement peu profonds et les machines d'extraction étaient constituées par des manèges.

En 1871, la production du bassin entier ne s’élevait qu’à 15 millions de pouds, mais un ensemble de circonstances favorables vint modifier complètement les conditions d'exploitation du bassin. Parmi ces EN PS tances, il y a lieu de noter :

19 —— La construction des lignes de chemins Le FT:

. J. Ordinaire 2

de Koslov-Voronèje-Rostov (1868-1871), de Koursk- Kharkov-Azov (1869), de Kharkov-Nicolaïew (1870- 1873), de Constantinovka (1872), de Lozov-Sebastopol (1873), de Rostov-Vladikaukase (1875), de Fastov (1876), du bassin houiller du Donetz (1878), d'Ekaterinski (1884), de Djam-Théodosie (1894), de Kharkov-Balachoy (1895) ;

20 .__ L'exploitation, à dater de 1882, des minerais de fer de Krivoi-Rog, dans le gouvernement d’Ekaterinoslav.; |

30 - L'établissement, en 1884, d’un droit d'entrée sur les charbons étrangers ;

40 La construction, à dater de 1871,de nombreuses usines métallurgiques qui s’établirent dans le sud de la Russie. Ces usines furent soutenues par les commandes de l'Etat, commandes qui consistaient notamment en rails. :

En 1894, 1895,et 1896, les capitaux étrangers, venus surtout de Belgique, affluèrent au Donetz. Les petites et moyennes exploitations qui existaient jusqu'alors tendirent à disparaître, pour céder la place aux exploitations à forme capitaliste, disposant de moyens puissants. Cette tendance très marquée à la concentration était telle qu’en 1894-1895, 15 mines ont fourni à elles seules 79 % de la production totale du bassin.

Parmi les grandes sociétés qui se constituèrent alors, il convient de signaler :

La Société des charbonnages de Briansk, fondée en 1894, au capital de 1.500.000 roubles-or, par la Société des Forges et Aciéries de Briansk ;

La Société du centre du Donetz, formée en 1895, au

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capital de 6.000.000 de francs, avec des capitaux belges. Les charbonnages des héritiers Ilovaïiski, acquis en 1895 par une Société belge dont le capital s'élevait à 3.750.000 roubles.

La Société française des sels gemmes et des charbonnages de la Russie méridionale, qui a émis, en 1895, pour 10.000.000 de francs d'actions nouvelles, afin

d'entreprendre une vaste exploitation houillère à Cherbinow.

L'apparition de la grande industrie modifia profondément les conditions économiques de cette région. Les salaires répandirent l’aisance et la valeur des terrains houillers augmenta en quelques années dans le rapport de 1 à 4, et même à 5. La valeur des autres terrains augmenta, bien qu’en proportion moindre, parce que ces terrains furent recherchés pour les constructions industrielles. La mine de charbon a toujours concentré autour d’elle de nombreuses industries, notamment la métallurgie, et on s’est trouvé en présence d’un cas remarquable de rente du sol.

À la fin du x1x® siècle, en présence de cette expansion industrielle, on se demandait si ces sociétés, très importantes pour l’époque, trouveraient les bénéfices nécessaires à la rémunération des capitaux engagés. Nous verrons par la suite ce qu’il en est advenu.

L'exploitation du Donetz était difficile pour les raisons suivantes :

19 — Les couches sont éloignées les unes des autres et leur épaisseur est faible (en moyenne 1 1/2 archine). Tandis que, dans les charbonnages de l’Europe occi-

dentale, un puits de 100 sagènes dessert au moins 3 couches, au Donetz il n’en desservait qu’une ;

20 __ Ja main-d'œuvre était rare et chère; les salaires étaient d'environ 1 rouble par jour pour les ouvriers de la surface et 3 roubles pour ceux du fond. Ces derniers travaillaient à la tâche par équipe ; ils recevaient 30 kopecks par berline et 12 roubles par sagène d’avancement ;

30 — Les transports étaient difficiles, surtout en été. A cette période de l’année, les céréales encombrent les gares et les wagons ; aussi, le matériel, en tout temps insuffisant, ne pouvait-il plus transporter la totalité du charbon des mines, malgré les efforts d’un Comité chargé d’assurer la répartition du matériel entre les charbonnages.

Dans ces conditions, l’industrie houillère du Donetz avait un prix de revient élevé : de 5 à 5,5 kopecks par poud chargé sur wagon. Par suite de la concurrence, le prix de vente était tombé, en 1897, à 5,75 kopecks ; la marge de bénéfice était donc très étroite. La concurrence était représentée par :

1° — La houille de Pologne, qui venait jusqu’à Kiew ;

20 __ Les charbons anglais qui, malgré les droits de douane, se vendaient dans les ports de la mer Noire, notamment à Odessa ;

30 — Les résidus de naphte, qui avaient déjà conquis la région moscovite.

Jusqu'en 1904, les prix de vente du charbon n'étaient pas rémunérateurs ; la révolution de 1905 a contribué à provoquer la hausse des prix, en arrêtant la concurrence

du naphte, par la grève des transports et par la diminution de l’extraction.

Les statistiques suivantes ont été publiées par le Comité central des Houillères de France :

Extraction du charbon (houille, anthracite, lignite). (d’après des sources russes)

LE LISE Ha te 691.470.000 pouds IRON E MR PRE 798.569.633 —, LOUE SRE ES 1.060.530.000 —

Production houillère (d’après le Gorno-Zavodskoé-Diélo)

Houille (en milliers de pouds) . 41.086,58 1.268,34 Anthracite 1 217,98 - 202,61

Production houillère (d’après le Moniteur des Intérêts Matériels, du 21 décembre

DO LA A LUE LR Le 27.600.000 tonnes LOST AS OR + ... 26.240.000 — LOTO CRM ANSE AT 28.000.000 —

La circulaire (n° 5161) du 1er août 1916 du Comité central des Houillères de France publiait l'information suivante, d’après le Comité central de la Mobilisation industrielle, de Petrograd :

. « Le nombre d'hommes employés dans le bassin houiller du Donetz est passé, de 115.000 en mars 1915, à 208.000 en novembre 1915 ; mais ce bassin a grandement souffert des difficultés de transport. Selon les chiffres soumis au récent congrès des producteurs de fer

et d’acier du sud de la Russie, on estimait que la produotion houillère du bassin du Donetz serait de 33 millions 635.000 tonnes en 1916, mais qu’en raison des difficultés de transport, il ne serait pas possible d’en expédier plus de 16.000.000 tonnes. »

B. — BASSIN DE DoOMBROWA.

Au point de vue géologique, le bassin de Dombrowa est la continuation du bassin de Silésie ; il couvre,dans la Pologne russe, une superficie de 800 verstes carrées

Les couches y sont plus puissantes qu’au Donetz ; leur épaisseur varie de 1 mètre à 28 mètres ; mais elles ne donnent pas de charbon à coke.

En 1880, la production était de 120 millions de pouds ; en 1895, elle a atteint 225 millions.

En 1895, le bassin de Dombrowa comprenait 20 sociétés houillères groupant 14.000 ouvriers et utilisant une puissance totale de 12.000 chevaux-vapeur.

Le tableau ci-dessous fournit des données statistiques pour chacune des 6 principales sociétés en cours d'exploitation en 1895 :

Production Nombre

en pouds. d'ouvriers Société de Sosnovitz ...,......, 96.563.698 5.600 Société « Comte Renard »....... 32.000.000 2.100 Société de Varsovie .........., 29.000.000 2.200 Administration Hohenlæ ,..... 21.855.060 1.800 Société Lohelad ee 10.238.438 900 Lagnderhan ke SET 6.736.362 800

Les charbons étaient triés et lavés ; pour la vente, il en existait 10 catégories, Ces mines étaient bien outil-

lées et bien dirigées ; le prix de revient était relativement bas : environ 2,40 kopecks par poud. Dans ces conditions, les charbons polonais trouvaient de larges débouchés, non seulement en Pologne, mais en Russie, jusqu’à Kiew, ainsi que nous l’avons signalé.

Il convient d’ajouter que le bassin de Dombrowa a bénéficié de l’extension des voies ferrées et du développement général de l’industrie polonaise.

Les statistiques du Comité central des Houillères de France, utilisant les sources d'informations citées pour le bassin du Donetz, ont publié les chiffres suivants pour le bassin de Dombrowa :

Extraction du charbon (houille, anthracite, lignite).

AOC TN UT nv, RSS . 249.510.289 pouds TOO APRES NME At 250.650.049 — LOU ARS ARR PANNE ne 288.100,133 — LOU TEA EU RAR ANSE ARS -8329.970.000 —

Production houilière.

CORRE AR EEE 394,53 millions de pouds AOL RE RSI tee 426,31 —

Production houillère.

À ROUTE Ra BE ÉRNMA S Re A 3.725.000 tonnes LOL TNRRS EL L P ru LE:

Dans son bulletin relatif à l’industrie houillère russe en 1915, le Comité central de ia Mobilisation industrielle disait ceci :

« Par suite de la suspension des arrivées houillères du bassin de Dombrowa et de la cessation des importations, le disponible houiller a diminué de 15.268.000 t.

D'autre part, l’envahissement de la Pologne, d’ure partie des provinces baltiques et du nord-ouest de la Russie a réduit de 8.036.000 tonnes la demande houilière. |

Le déficit de houille a été partiellement compensé par l'emploi du pétrole. » |

CG: == L'OurAL:

Les deux versants de l’Oural possèdent de la houille mais, jusqu'à la fin du xi1x® siècle, le versant occidental était seul exploité.

Dans cette région métallurgique où existent des montagnes entières de minerais de fer et où les richesses forestières s’épuisaient, il semblait que l’industrie houillère dût se développer avec une rapidité aussi grande, au moins, qu’au Donetz.

En 1882, la production houillère était de 12 millions de pouds, en 1894 elle atteignait seulement 16 millions. Ces chiffres montrent que les besoins de l’industrie régionale n'étaient pas satisfaits. Ceci s’explique par les . considérations suivantes :

10 — Les moyens de transport faisaient défaut et la ligne raccordant Ekaterinenbourg au chemin de fer Transsibérien venait seulement d’être inaugurée ;

20 -Les charbons sont maigres et donnent difficilement, même après lavage, un coke métallurgique. Leur teneur en cendres et en soufre est très élevée.

Les deux principales exploitations de l'Oural étaient :

Les mines de Lounievka, dont l'extraction a été de près de 4.972.960 pouds en 1894-1895 ; leurs 23 fours

à coke ont produit, pendant la même période, près de 600.000 pouds. Ce coke, dont la teneur en soufre est de 2 %, ne pouvait servir qu'à la fusion des minerais de cuivre.

Les mines de Kizel ont eu, en 1894, une production de 5.840.000 pouds de charbon très sulfureux.

Les statistiques du Comité central des Houillères de France ont fourni les renseignements suivants relatifs à l’ensemble des exploitations minières de l’Oural :

Extraction du charbon (houille, anthracite, lignite).

CR VONT SM 23.550.372 pouds RL EE LANAAE 1 ACT ENTRE ESA 22.160.402 — LOTERIE CRT ENLRe 91.532.758 — ROC MR ARR SE UN 4535 076.

Production houillère du Gouvernement de Perm.

MAS D 47,50 millions de pouds RUN PU AE 60,16 os

La quantité indiquée pour 1913 ne comprend pas la production du gouvernement d’Orenbourg. Cette production avait été, en 1912, d'environ 10 millions de pouds.

Production houillère.

OT ANUS) PONTS MANN ee ee 1.261.000 tonnes TOLOEPAAE E ET LONDRES AE 1275.000 "— D. — SIBÉRIE.

La Sibérie possède dans la steppe Kirghiz et dans le district de Semipalatinsk, des charbonnages qui étaient peu exploités, mais qui devaient prendre de l’impor-

tance à dater du jour où un embranchement les mettrait en communication avec le Transsibérien et les rapprocherait ainsi de la métallurgie de l’Oural.

Les couches y sont puissantes et contiennent du charbon à coke, ainsi que du charbon à longue flamme. L'analyse d'échantillons de la mine d’Ekibaz Tousk ont donné : carbone 72 % ; cendres 11,94 % ; soufre 0,96.

Le bassin le plus riche est celui de Kouznetsk, dans la circonscription minière de l’Altaï, d’une superficie de 40.000 verstes carrées. On y trouve les espèces les plus variées de houille, dont les couches ont une puissance de 6 à 20 sagènes.

En 1897, deux puits seulement étaient en exploitation et fournissaient en moyenne un million de pouds par an, consommés par les usines impériales de l’Altaï.

Ce charbon est voisin des minerais.

Les statistiques du Comité central des Houillères de France fournissent les renseignements suivants :

Extraction du charbon (houille, anthracite, lignite).

Sibérie occidentale Sibérie orientale OUALLA TETE 1.401.643 pouds 2.844.028 pouds JOO0 ER EREE 9.003.015 — 8.579.692 :— LICENSE 18.852.455 — MATE LOUER IEEE 44.538.650: — 46.173.505

Production houillère de la Sibérie et du Turkestan.

LOS ER AT TT PR RER 2.160.000 tonnes AOL PAR UT AR SE NAS 2.102000 1915 + HR CROATIE 2,247.000 : —

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