‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 141 sur 525 · Prescott, loc. cit · texte numérisé non relu

Prescott, loc. cit

3. Bancroft, loc. cit., II, 466. — Prescott, loc. cit., I, 137.

il se manifeste surtout par un genre de pénalités dites t expressives », c'est-à-dire s' efforçant d'imiter l'acte qu'elles punissent. Parfois même, comme au Mexique, les tribunaux très inférieurs ont encore une allure républicaine. En gros, la criminalité primitive subsiste; car aucune société ne saurait \ivre sans réprimer le meurtre, le vol et même l'adultère, dès qu'il y a mariage, etc. Mais les grands forfaits sont les crimes de lèse-majesté et de lèse-religion.

La monarque est maintenant un personnage issu des dieux et dieu lui-même. 11 est le grand administrateur de la justice; mais sa volonté, même son caprice ont force de loi. Pour lui, il n'y a rien de criminel et on le voit commettre sans scrupule ce qu'il châtie avec fureur chez ses sujets.

D'autre part, il s'est constitué une classe sacerdotale, nombreuse, honorée, opulente, faisant presque corps avec la royauté, ayant imaginé toute une catégorie de délits, qui sont des péchés; parfois aussi, comme au Mexique, cette classe s'arroge le droit de lier et de délier; ou bien, comme à Tezcuco, elle se prétend la gardienne de la vérité et crée un tribunal d'inquisition.

De tout cela résulte un état juridique éminemment propre à vicier le simple et primitif instinct de justice, basé simplement sur la formule du talion, le coup pour coup, la vie pour vie. La balance de la justice est devenue un appareil capricieux, pesant les mêmes actes aveedes poids divers. II est inévitable que le pauvre vulgaire, dérouté par cette iniquité, qui semble venir de très haut, commence à se faire de la justice une conception chimérique, mythologique, n'ayant plus de rapport nécessaire avec la réalité des choses. — Nous verrons cette évolution de la justice s'accomplir dans toutes les grandes monarchies barbares en s'associant pourtant, à mesure que la civilisation progresse, aune certaine idée, plus ou moins bien entendue, d'utilité générale.

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