‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 450 sur 525 · Ibid., tit. XXIX · texte numérisé non relu

Ibid., tit. XXIX

». lltd.,tit XXX.

Letourkeau. — L'Évolution juridique. *8

434 L'ÉVOLUTION Jl'RIDI^lE.

condition servi le. Si un esclave tue un ingénu, il est livré aux parents du mort comme représentant la moitié de la composition d'un homme; l'autre moitié d'homme est payée par le maître * ; c'est exactement ce qui arrive quand un animal a tué un homme : l'animal homicide est aussi livré et compte pour moitié de la composition. Dans les deux cas, point de fredum, de part pour le fisc; car on ne peut raisonnablement accuser un animal d'avoir troublé la paii du roi \ Si un esclave en tue un autre, les maîtres se partagent simplement la valeur de l'homicide 3. Si, sur Tordre de son maître, un esclave tue un homme libre, c'est le maître qui est puni, et sévèrement : il perd tous ses biens*. Mais un homme libre peut tuer un esclave à très bon marché : 36 sous ou six cojureurs, chez les Ripuaires B; 30 sous seulement chez les Burgundes, si l'esclave n'est que laboureuron porcher 6. S'agit-il d'un esclave artisan ? le prix s'élève beaucoup et en proportion de la valeur industrielle de l'homme ; elle est de 40 sous pour un bon charpentier; de 50 sous pour un forgeron; de 100 sous pour un forgeron d'argent; de 158 sous pour un orfèvre 7.

Rien de plus grossier que toute cette législation du meurtre en Germanie. Bien évidemment le législateur ne voit pas dans le fait d'avoir tué un homme un acte blâmable en soi, immoral ; ce n'est à ses yeux qu'un simple dommage, une perte matérielle, dont il s'ingénie à trouver le prix suivant les cas et les circonstances. Cette manière d'apprécier le crime est tout à fait primitive. Elle nous reporte à l'origine des sociétés

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