‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 1 sur 65 · PRÉFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'AUTEUR

On remarquera que le titre de ce volume est l'Evolution mentale chez les animaux. Les raisons qui m'ont conduit à abandonner l'intention exprimée dans ma préface à l’Intelligence des animaux, de consacrei ce présent livre à l’évolution mentale de l’homme aussi bien que des animaux, sont consignées dans l'introduction.

Il peut sembler que, dans les pages qui suivent, il ait été accordé à l’étude de l'instinct un espace quelque peu disproportionné ; mais, considérant la confusion qui règne dans cette importante partie de la psychologie, parmi les ouvrages de nos écrivains les plus autorisés, j'ai pensé qu'il était bon de traiter la question à fond.

Il me paraît utile d'expliquer brièvement les circonstances qui m'ont permis de faire connaître une quantité aussi considérable de matériaux manuscrits et encore inédits de Darwin, et de dire dans quelle mesure j'ai pu les utiliser. Ainsi que je lai déjà expliqué dans la préface de l’Zntelligence des animaux, M. Darwin lui-même me donna tous ses manuscrits relatifs aux questions de psychologie, en me priant d’en publier telles parties qu’il me plairait dans mes travaux sur l’évolution mentale. Mais, après sa mort, je sentis que les circonstances qui avaient accompagné cette obligeante offre avaient changé, et que j'avais à peine le droit de m'’approprier une telle quantité de matériaux, dont la valeur venait encore de s’accroître. Je publiai donc, à la Société Linnéenne, avec le consentement de la famille Darwin, autant de ces matériaux qu'il pouvait en être publié ensemble. Ce que j'en publie ici, c’est un chapitre qui était

vlil PRÉFACE DE L'AUTEUR.

destiné à l'Origine des espèces. Je l'ai ajouté en appendice à la fin de mon travail, pour qu'on puisse s’y reporter.

Quant au reste, les nombreux paragraphes et notes décousues que j'ai trouvés parmi les manuscrits, je les ai intercalés dans le texte de mon livre, sentant d’une part qu'il ne serait pas bon de les publier sous forme de chapelet, de passages sans lien entre eux, sentant aussi que je devais les publier quelque part. J'ai lu attentivement tous les manuscrits, et me suis arrangé de façon à intercaler tout passage important, encore inédit, dans la trame de ce livre. Dans aucun cas, je n'ai trouvé de raison pour supprimer un passage, de telle sorte que les citations que j'ai données peuvent être regardées, dans leur ensemble, comme la publication complète supplémentaire de tout ce que Darwin à écrit dans le domaine de la psychologie. Pour faciliter les recherches, j'ai donné, à la table des matières, au nom de Darwin, l'indication de toutes les pages où se trouvent les citations en question.

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INTRODUCTION

Dans la famille des sciences, la psychologie comparée est la plus proche parente de l'anatomie comparée, car, de même que cette dernière cherche à établir la comparaison scientifique de la structure des organes des êtres, de même la première cherche à établir une comparaison analogue entre leurs structures (1) mentales. De plus, dans l’une et l’autre de ces sciences, le premier point est d'analyser toutes les structures ou organisations complexes dont chacune d'elles a à s'occuper. Quand cette analyse ou dissection a été terminée pour le plus grand nombre possible de cas, le second point est de comparer les unes aux autres toutes les structures qui ont été ainsi analysées ; enfin les résultats d’une comparaison de ce genre fournissent, dans l’un et l’autre cas, la base du but final de ces sciences, qui est de classer, en tenant compte de ces résultats, toutes les organisations examinées.

Pendant le cours des recherches, on poursuit ces trois buts. non pas successivement, mais simultanément. Il n’est donc pas nécessaire de ne commencer la classification — but final de l'opération — que lorsque le travail de recherches est terminé, et que la dissection ou analyse de tout organisme physique ou mental sur terre est achevée. Au contraire, la comparaison dans chaque cas commence par les faits que l’on‘trouve d’abord être comparables; elle s'étend ensuite progressivement à mesure que l’on connaît des faits nouveaux.

Chacun des trois buts que j'ai cités (analyse, com>1"Aison,

(1) Le mot de séructure est, cela va sans dire, employé dans un sens métaphorique lorsqu'il est appliqué à l'esprit, mais l’emploi-en est commode.

INTRODUCTION

classification) présente en lui-même un intérêt multiple et va-

rié, tout à fait distinct de tout intérêt s’attachant au but final: la classification. Par exemple, l’étude de la main humaine, en tant que mécanisme, présente un intérêt distinct des considérations portant sur la comparaison de son organisation avec celle des membres correspondants chez les autres animaux : de même l'étude de la psychologie d’un animal donné est intéressante,.même en laissant de côté toute comparaison avec la psychologie des autres animaux. En outre, de même que la comparaison des différents membres de la série animale est intéressante, même lorsqu'on laisse de côté toute question concernant la classification des organismes animaux à laquelle cette comparaison peut conduire, de même l'étude de facultés psychiques isolées à travers la série animale (en y comprenant l’homme) présente un intérêt tout à fait distinct de toute question concernant la classification des inteiligences animales à laquelle cette comparaison peut conduire plus tard.

Enfin, autour et en dehors de tous les buts de ces sciences, se trouve le grand domaine de la pensée générale, dans laquelle ces sciences, à toute phase de leur développement, envoient des ramifications. Il est superflu de dire que depuis quelques années l'intérêt qui s'attache au développement extraordinaire de ces ramifications est devenu si général et si vif que l’on peut dire qu'il a de beaucoup absorbé les motifs d’intérèt plus exclusifs et plus restreints que j'ai cités.

Dans le but de faire avancer ces différents sujets d'intérêt, j'ai entrepris une recherche quelque peu laborieuse, dont une partie a déjà été publiée dans ia Bibliothèque scientifique inter nationale ; l’autre partie constitue le volume actuel. Les deux livres, l’ntelligence des animaux et l'Evolution mentale chez les animaux, bien que publiés séparément, ne forment qu’un seul ouvrage; je les ai séparés pour les motifs suivants. D’abord, publier le tout en un seul volume, c’eût été donner à l'ouvrage des dimensions, sinon gênantes, du moins disproportionnées par rapport à celles des autres volumes de la même collection. En outre, le sujet de chaque livre, bien qu'intimement relié à celui de l’autre, s’en distingue totalement. Le

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INTRODUCTION. XI

premier représente un compendium de faits relatifs à l'intelligence des animaux, qui, tout en étant nécessaire au second, auquel il sert de base, est en lui-même un traité distinct et séparé, ayant pour but de satisfaire à l'intérêt qui s'attache à ce sujet même ; le second, bien que reposant sur le premier, doit s'occuper d’une quantité de sujets plus considérable.

Il est évident que, pénétrant dans un champ plus vaste, j'aurai souvent à dépasser les limites plus étroites de l’observation directe dans laquelle mon précédent livre se tenait renfermé ; c’est surtout parce que je crois désirable de distinguer clairement l'objet de la psychologie comparée, en tant que science, des doctrines ou inductions qui peuvent s’y rattacher, que j'ai si complètement séparé les phénomènes de l’intelligence animale des théories que je crois justifiées par ces phénomènes.

Voilà pour les raisons qui m'ont conduit à adopter pour le présent livre la forme qu'il a, et pour les relations que j’entends exister entre lui et le précédent. J'indiquerai maintenant, en quelques mots, la méthode et le but de cet ouvrage.

Toute discussion doit reposer sur quelque base adoptée ; toute thèse suppose une hypothèse. L'hypothèse que j'adopte est celle de la vérité de la théorie générale de l’évolution; j'admettrai la vérité de cette théorie dans la mesure où je me sens encouragé à ce faire par les personnes compétentes de notre époque et par l'adhésion qu’elles y donnent. Je dois donc d'abord définir quelle latitude je crois m'être ainsi accordée par elles.

J’admets que tous mes lecteurs acceptent la doctrine de l'évolution organique, ou la croyance que toutes les espèces animales et végétales dérivent les unes des autres, par voie de descente naturelle ; qu’en outre, une des grandes lois de cette descendance, une des grandes méthodes de cette évolution a été la sélection naturelle, ou la survivance du plus apte, Si l’on m'accorde ceci, je prétends que l'on doit n'accorder le fait même, distinct de la #nanière et de l’Asstotre, de l’évolution mentale, à travers la série complète du règne anima, l’homme excepté, Je le prétends, parce que je pense que, si la doctrine

XII INTRODUCTION

de l’évolution organique est aceptée, elle entraîne avec elle, comme corollaire nécessaire, la doctrine de l’évolution mentale, au moins en ce qui concerne les animaux ; car, dans cette série des animaux, depuis ceux qui sont totalement dépourvus d'intelligence jusqu'aux plus intelligents, nous pouvons tracer une gradation continue, de telle sorte que, si nous croyons déjà que toutes les formes spécifiques de la vie animale ont une origine dérivée, nous ne pouvons refuser de croire que les facultés mentales présentées par ces diverses formes ont aussi une origine dérivée. De fait, nous ne rencontrons personne qui soit assez déraisonnable pour soutenir, ou même pour suggérer que, si l'évidence de l’évolution organique est acceptée, l'évidence de l’évolution mentale, dans les limites où je l'ai décrite, peut être raisonnablement repoussée. La somme d'évidence dans un cas sert de piédestal à l’autre : en l’absence de la première, la dernière n’a pas de locus standi ; personne ne réverait l’évolution mentale s’il n'existait l'évidence de l’évolution organique, ou de la transformation des espèces ; la présense de la première suggère inévitablement la nécessité de la dernière, comme étant la structure logique pour le soutien de laquelle le piédestal est ce qu'il est.

On observera que, dans cet énoncé, j'ai systématiquement exclu la psychologie de l’homme, comme étant une portion de la psychologie comparée, vis-à-vis de laquelle je ne suis pas autorisé à adopter les principes de l’évolution. Il semble inutile de donner mes raisons pour cette exclusion. Il est notoire que, du moment où M. Darwin et M. Wallace créèrent simultanément la théorie qui a exercé une influence si considérable sur la pensée du siècle actuel, les divergences de vues des deux pères de la théorie ont été partagées par l’armée sans cesse croissante de leurs disciples.

Nous savons tous quelles sont ces divergences ; nous savons tous que, tandis que M. Darwin croyait les faits de la psychologie humaine susceptibles d'être expliqués par les lois générales de l'évolution, M. Wallace ne croit pas que ces faits puissent être expliqués ainsi. Aussi, tandis que les disciples de M. Darwin soutiennent que tous les organismes, quels qu'ils

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INTRODUCTION. XII

soient, sont les produits d’une genèse naturelle, les disciples de M. Wallace soutiennent qu'il doit être fait, dans cet énoncé général, une exception spéciale concernant l'organisme humain, ou tout au moins l'esprit humain. C’est ainsi que la grande école des évolutionnistes est divisée en deux sectes : d’après l’une, l'esprit de l’homme a évolué lentement des types inférieurs de vie psychique ; d’après l’autre, l'esprit humain n’a pas évolué ; il demeure seul, sui generis, isolé des autres types d’existence psychique.

Assurément, nous sommes ici en présence d'une conclusion très importante, et, comme la discussion de celle-ci constituera un élément considérable de mon travail, il est peut-être désirable que je fasse connaître dès maintenant la manière dont je compte la mener.

La question de savoir si l'intelligence humaine a, oui ou non, évolué hors de l'intelligence des animaux, ne peut se traiter scientifiquement que par la comparaison de l’une avec l'autre, pour établir par quels points elles se ressemblent, par quels points elles diffèrent.

Il ne saurait y avoir de doute que, cette comparaison une fois faite, la différence entre les facultés mentales de l’animal le plus intelligent et celles du sauvage le plus dégradé ne soit tellement considérable que l'hypothèse d'une parenté aussi proche que le suppose l’enseignement de M. Darwin paraît, à première vue, absurde. A dire vrai, c'est lorsque nous sommes convaincus que la théorie de l’évolution peut seule expliquer les faits d'anatomie humaine, mais alors seulement, que nous sommes préparés à chercher, pour les faits de psychologie humaine, une explication analogue. Mais, si tranchée que soit la différence entre l'esprit de l’homme et celui de la bête, nous devons nous rappeler que la question se pose, non sur le degré, mais sur la nature. Aussi notre tâche consiste-t-elle, comme il convient à des chercheurs sérieux de vérité, à examiner honnêtement, de sang-froid, le caractère de la dissemblance qui se

révèle à nous de façon à établir s’il est réellement hors de notre pouvoir de croire raisonnablement que l'intervalle énorme entre ces deux natures d'intelligence ait jamais pu être franchi

INTRODUCTION

par des formes de passage innombrables, durant les époques | des inconnues du passé. + d'at

Tandis que j’écrivais les premiers chapitres de ce livre, j'en- | obj tendais en consacrer la seconde moitié à la discussion de cette “ J'ai

question ; j'annonçai mon intention dans l’/ntelligence des ani- ded maux; mais, à mesure que le livre avançait, il me parut évident Ÿ his que la discussion complète de la question exigerait plus d'espace … mel

qu'il n’y en a dans un seul volume, à moins d’écourter consi- \ l'int dérablement à la fois cette étude et l'étude de l’évolution men- et d tale telle qu’elle se manifeste dans le règne animal. Je résolus |

donc de limiter mon essai à la considération de l’évolution d'in mentale chez les animaux et de réserver pour une publication inte

ultérieure tous les matériaux que j'ai rassemblés relativement à l’évolution mentale chez l’homme. Je ne puis dire encore combien il s’écoulera de temps avant que je me sente en état de publier mes recherches sur cette partie de mon sujet, car plus j'avance dans mes recherches, plus je trouve que mon sujet s'accroît pour ainsi dire dans les trois dimensions, en \ profondeur, en largeur, en complexité. Mais, quelle que soit ï l'époque à laquelle je serai en état de publier cette troisième et à dernière parti: de mon travail, elle reposera nécessairement 4

sur la base fournie par le présent ouvrage, de même que ce- cher lui-ci repose sur la base fournie par le priédent. + par

Maintenant qu'il est entendu que le présent travail est exclu- \ nou sivement consacré à l'étude de l’évolution mentale chez les … net animaux, je voudrais qu’il fût compris qu’en outre il ne sera » sibl question ici que de la psychologie et non de la philosophie du rais sujet. Dans un article isolé et publié ailleurs (Nineteenth Cen- n se tury, déc. 1882), j'ai fait connaître mes opinions sur les ques- … faut tions plus importantes de philosophie dans lesquelles pourrait 4 h: verser notre sujet de psychologie ; je me borneraj ici à insister à que sur le fait que ces deux strata de la pensée, bien qu’assurément À L juxtaposés, sont parfaitement distincts l'un de l'autre. Mes à cho recherches actuelles ne portent que sur le sératum supérieur, à pré c'est-à-dire sur la psychologie séparée de toute théorie’ sur la … dar connaissance, Je ne m'occupe aucunement de « la transition de À 1

l'objet perçu à l’objet percevant »: je n’ai donc pas à m'occuper

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INTRODUCTION. XV

des théories philosophiques proposées sur cette matière. En d'autres termes, j'ai à considérer partout l'esprit comme un objet et les modifications mentales comme des phénomènes. J'ai donc à étudier le procédé de l’évolution mentale au moyen de ce qu’on appelle généralement et fort justement la méthode historique. Je ne saurais trop répéter, à ceux que leur savoir met en état d'apprécier l’importance de la distinction, que j'ai l'intention de rester partout dans le domaine de la psychologie et de n'empiéter nulle part sur le domaine de la philosophie.

En entrant dans un champ aussi vaste que celui dont je viens d'indiquer les limites, il est indispensable que, pour ne pas interrompre le cours de notre marche en avant, nous Soyons préparés, là où c’est nécessaire, à remplacer l'observation par l'hypothèse. Il est donc utile de terminer cette introduction par quelques mots destinés à expliquer et à justifier la méthode que j'entends suivre dans cette matière,

11 a déjà été dit que le seul but de ce livre est d’esquisser de la façon la plus scientifique possible l’histoire probable de l'évolution mentale et, par conséquent, aussi de rechercher les causes qui ont déterminé celle-ci.

Tant que l'observation pourra nous guider dans cette recherche, je n’aurai recours à aucune autre méthode, mais là où, par suite de la nature même des phénomènes , l'observation nous fera défaut, je procéderai par induction, malgré que je ne doive employer cette méthode que le plus rarement possible. Je n'ignore pas que la critique trouvera souvent de bonnes raisons pour m'objecter : « Il est très aisé de dessiner ainsi la genèse supposée des diverses facultés mentales, mais il nous faut quelque preuve expérimentale ou historique établissant que la genèse en question s’est opérée de la façon et dans l’ordre que vous indiquez par suite de vos inductions. »

Pour répondre à cette objection, je ne saurais dire qu'une chose, c’est que nul n'apprécie plus vivement que moi la suprème importance de la vérification expérimentale ou historique dans tous les cas où cette vérification est possible.

Mais que faire dans les cas cù cette vérification n’est pas

# possible? Nous pouvons faire de deux choses l’une : ou bien

XVI INTRODUCTION

négliger totalement l'étude du sujet, ou faire notre possible pour l’étudier en utilisant les seuls moyens de recherche qui soient à notre disposition. De ces deux alternatives, il n’y a pas de doute sur celle qu’adopte l'esprit scientifique. L'esprit vraiment scientifique veut tout examiner ; et si, dans telle circonstance, les meilleurs moyens de recherche lui font défaut, il emploie les meilleurs entre ceux qui restent. Evidemment, dans ces cas, la science ne peut pas avancer si l’on néglige l’emploi de ces moyens : au contraire, si on les utilise avec précaution, elle peut avancer beaucoup. Ce qui le prouve, c'est le fait que, dans la psychologie, presque tous les grands progrès qui ont été réalisés ont été obtenus, non par l’expérimentation, mais par l’observation des phénomènes mentaux et par les inductions fondées sur ces observations. L'esprit vraiment scientifique nous pousse donc, non pas à rejeter le raisonnement inductif, là où souvent c’est le seul outil qui s’offre à nous, mais plutôt à l'emporter avec nous, à nous en servir et à n’en pas trop médire.

Comme je l’ai déjà dit, voilà ce que j’essayerai de faire. Nul ne peut regretter plus que moi que la plus intéressante des régions où peut s'exercer la recherche scientifique se trouve être celle dans laquelle l’expérimentation ou la vérification inductive est le moins applicable. Le cas étant ce qu’il est, il faut le prendre comme il se trouve, employer l'induction là où nous croyons qu'aucun autre moyen n’est utilisable, mais l’employer aussi peu que nous le permettra la nature de notre sujet.

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