‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 150 sur 538 · Ibid., II · texte numérisé non relu

Ibid., II

Le Pérou devait être le moins ancien des deui empires. En effet, mieux que le Mexique, il avait gardé dans ses institutions le souvenir de la tribu sauvage, par exemple, la coutume des cruelles initiations, surtout le goût de la solidarité sociale. Le despotisme monarchique y était tutélaire, s'exerçait avec une bonté grossière mais indéniable. A la seule condition d'obéir docilement et de travailler, l'individu était au Pérou à l'abri de tout accident : l'état le prenait en tutelle de la naissance à la mort et, durant sa vie, se gardait de l'exténuer; caries Péruviens avaient réalisé une de nos aspirations novatrices : trouver la journée normale de travail. Tout le populaire péruvien était corvéable, mais personne n'était accablé ; même le travail des mines, homicide par excellence, n'y excédait pas les forces humaines*.

Au Mexique, bien des survivances attestaient une ancienne organisation analogue à celle du Pérou; je les ai signalées en passant; mais la solidarité y tombait en désuétude. Le monarque et sa noblesse songeaient surtout à satisfaire leurs caprices, à exploiter le populaire, à organiser des guerres perpétuelles pour fournir à leurs horribles dieux des hécatombes de victimes humaines. 11 ne s'agissait plus de journée normale de travail ; un fisc impitoyable pressurait la classe manouvrière et vendait, comme esclaves, tous les individus qui ne pouvaient satisfaire ses exigences. Un vrai régime féodal avait succédé à la centralisation monarchique. Or, dans aucun pays, le régime delà féodalité ne se pique de tendresse pour les petits.

i. Prcscott, loc, cit.

Page 1