VI. — RÉSDHÉ SOCIOLOGIQUE
Dans ses grands traits, l'évolution sociologique de Rome
ressemble assez à celle de la Grèce pour que l'on puisse à
son sujet se dispenser de longues considérations. Le clan,
la tribu, la cité, le cfaef électif et viager, puis la république
aristocratique marquent les phases de l'évolution première.
La lutte des classes s'est engagée de bonne heure, et en fin
de compte l'inégalité pécuniaire a succédé à l'inégalité de
naissance; la masse, affranchie du joug patricien, s'^l
trouvée asservie et avilie par la suprématie des riches. Hais
cette aristocratie nouvelle était moralement bien inférieure
'ancienne. Le patriciat des premiers siècles rachetai t ses pn-
lèges en assumant les plus lourdes charges sociales, aussi
în l'impôt du sang que l'impôt d'arçenl. En campagne,
[. Cibrariti, toc. cit., Il, 165.
!. B. Spencer, Sociologie, IH, 3il.
les postes les plus périlleux étaient toujours occupés el même revendiqués par des patriciens. Enfin la république ne demandait aucun sacrifice à la plèbe, qu'elle excluait du droit. Au contraire, sous Tempire, les classes dirigeantes, ploulocratiques, accaparèrent droits et privilèges en s'exonérant autant que possible des charges corrélatives. Il n'en pouvait résulter que la ruine de l'État, conséquence de la démoralisation générale. Le patriotisme passionné des premiers âges fit place à une parfaite indifférence pour la chose publique, qu'une minorité opulente et énervée ne se souciait guère de défendre à ses risques, tandis que la misse pressurée n'y avait plus le moindre intérêt. — Comme conclusion, les Goths d'Alaric saccagèrent la ville impériale.