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sulla le clan consanguin, où la parenté élait confuse, le mariage el la propriété communautaires. Ce clan semble bien avoir élé le point de départ, la véritable cellule ovulaire des grandes sociétés. Sans doute il ne comptait pas un très grand nombre de membres, mais il pouvait essaimer, engendrer des clans semblables à lui et avec lesquels il restait en rapport étroit, d'où résulta une association plus vaste, la tribu.
La iribu, que l'on trouve partout à l'origine des temps historiques, est déjà un organisme social d'une certaine importance. Elle s'est modelée sur le clan, et ses diiïérenls fractions, ses gentesy sont solidaires, comme le sont les individus dans le clan. En fondant d*abord le clan, puis la tribu, confédération familiale de clans, l'humanité primitive avait créé des unités sociales, pouvant théoriquement servir de base à de très grandes sociétés, puisque rien n'empêchait les tribus de s'associer à leur tour, de se confédérer et leurs confédérations de faire alliance entre elles. — Toute celte organisationétaitparfaîtementcompatible avec le maintien du primitif régime égalitaire. Pourtant, par toute la terre, la tribu républicaine dégénéra en tribu monarchique. Chemin faisant, j'ai signalé, en passant, les causes principales de cette régression politique. La plus importante fut la guerre, le grand attentat, qui eut pourrésultat néfaste dedresser les hommes à plier devant un chef, d'abord temporaire, puis héréditaire. Vinrent ensuite les conséquences immédiates de la guerre, l'esclavage des captifs d'abord, puis la propriété, de plus en plus égoïste, celle de la famille en premier lieu, celle de l'individu ensuite. Ces modes d'appropriation, de moins en moins solidaires, créèrent toute une différenciation sociale, des castes privilégiées, une hiérarchie aristocratique, qui, presque toujours, aboutit à son couronnement naturel : le pouvoir monarchique.
Fruit naturel de la guerre, la tribu monarchique continua à se développer dans le même sens. Les tribus monarchiques voisines étaient sans cesse en rivalité sanglante. Certaines d'entre elles triomphèrent, asservirent leurs ennemies et se fondirent violemment avec elles. De là, des agrégations beaucoup plus nombreuses que ne Tétaient les tribus primitives : des États, de petites monarchies. Ce type politique de la petite monarchie sauvage ou barbare a précédé la fondation des grandes monarchies despotiques et il les relie à la tribu monarchique, que je viens de décrire; c'est un stade politique, qui ne mérite d'ailleurs en aucune façon notre admiration. Son organisation intérieure est Tinjustice même ; à l'extérieur tousses efforts tendent à s'agrandir par la conquête ; mais il marque le passage de la tribu monarchique à la grande monarchie et par suite est intéressant pour la sociologie générale.
Letourmeau. — L'Évolution politique. 0