FAUSSES MANŒUVRES ET FAUSSES ESPÉRANCES
La guerre fut déclarée, par les Etats-Unis, le 16 avril 1898. Les Espagnols ne croyaient pas que cet événement pût jamais arriver.
Ils comptaient sur le pape, sur leurs saints, sur un miracle. La veille, le ministre des affaires étrangères, M. GuUon, disait à un rédacteur du Daily Telegraph :
— La guerre n'aura jamais lieu. Les puissances européennes interviendraient !
En tenant ce langage tout haut, il ne pouvait plus espérer sérieusement que dans
MM
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r intervention de saint Jacques de Compostelle, le patron de T Espagne.
L'ambassadeur d'Espagne auprès du Vatican, M. Merry del Val, avait annoncé que le gouvernement américain, « effrayé par l'arrogance espagnole », avait demandé l'intervention du pape. Mac Kinley démentit. Léon XIII déclara alors personnellement qu'il avait agi de sa propre initiative ; et les Espagnols furent réduits à se poser cette question : Lequel des deux, leur ambassadeur ou le Pape, avait menti ?
Castelar déclara que « la Reine avait essayé pour son propre compte et à ses risques et périls et sans en rendre compte à son ministre, de régler la question cubaine auprès des divers gouvernements européens. »
Il s'élevait, dans un article de la Revue Internationale du 1®' mai, contre cette demande d'intervention. Il considérait que l'intervention du pape n'était point rassurante ; car il pouvait essayer, en pesant sur l'Espagne, de se concilier les sympathies des 8 millions de catholiques que comptent les