‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 90 sur 135 · Prière pour le ulut nniTerael · texte numérisé non relu

Prière pour le ulut nniTerael

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306 RÉFORMES SOCIALES DU BRAHHA SAHÂJ

méat modifiés par l'éliminatioa des formules en désaccord avec le programme de la réforme, et la cérémonie du shrâdhat service funèbre qui était intimement lié à. la théorie de la métempsycose, fut complètement remaniée dans le seus des doctrines professées par le brahmaïsme sur les destinées futures de l'âme. Eofiin Keshub fonda une série de brakmostabs (fêtes du Soigneur), qui reviennent à des époques périodiques et se ]urolongent une journée entière '.

Ces fêtes paraissent avoir exercé une influence qui peut seulement s'expliquer par le caractère contagieux du mysticisme même le plus rationaliste; « Le chaugemeut produit chez certaines personnes par nos

■ Voici, d'après Vlndian Mirror dn 22 août 1S71, la dascription d'une de ces fâteB, lé Bhadrostab de 1871, qni prouve tout au moina pour la ferveur des assistants ;

A Bis heures précises, un bymne fut entonné en chœur dans la galerie supérieure du manijlr pour annoncer la solennité du jour. D'antres sai- Tirent, avec accompagnement d'harmonium, et ainsi d'h;mne en hymne, on atteignit la moment de l'office, qui, en y comprenant le sermon, dura de 7 & 10 heures. Une partie de la congrégation se retira alors pour prendre quelque repos, mais le reste entoura le nédi pour demander au ministre des éclaircissements sur divers points de son sermon. A midi, comme l'assemblée se retrouvait an complet, quatre pandits vinrent successivemant réciter des textes saDscrits. A 1 heure, le ministre donna une conférence sur les quatre points suivants : \» La Véda est inférieur & la véritable Écriture on se révèle le Dieu éternel ; 2° le sage doit partout rejeter l'erreur et retenir la vérité ; 3° da toutes les Écritures, grandes et petites, extrais l'essence, car c'est la vérité; 4° pour trouver Dieu, adressetoi à la fois aux Écritures, aux sages et à fa conscience. — Vinrent alors plusieurs thèses philosophiques et religieuses exposées par leurs auteurs. Des hymnes, des méditations et des prières en commun conduisirent l'assistance Jusqu'aux approches de7 heures, où devait se célébrer l'initiation de sept nouveaux brahmalstes. Cette cérémonie, entrecoupée d'an sermon, ne se prolongea pas moins de deux heures, et l'assemblée qui, & en croire le chroniqueur, v donnait aucnn signe de fatigue après ces quinze heures de dévotion continue, se sépara en chantant qu'elle n'en avait pas encore assez : Tke heart xoishea not to return home.

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LES SANKIRTANS DANS LE BRABHA SAHAJ 307

bcahmostabs, écrivtùt en 1868 Protàb Gfaunder Mozoumdar , est TraimsDt merveilleux . Hommes et femmes y sont comme saisis d'une pieuse contagion ; chaque fois de nouveaux adeptes y sont conquis, d'anciens membres, réconfortés et régénérés. Les brahmaïstes qui veulent savoir ce que c'est de voir et de sentir Dieu n'ont qu'à suivre un brahmostab ^ » Parfois, à l'issue de la cérémonie, les assistants se formaient en cortège et, leur ministre en tête, parcouraient les rues du quartier indigène en chantant des hymnes à la gloire du Dieu unique.

Une partie de ces innovations, s'il faut en croire le pandit Sivanâth Sâstri, fut due au rapprochement qui s'était opéré, dès les débuts du Bhâratbharsia Samâj, entre le groupe de Keshub et l'école de la bhakti, principalement représentée au Bengale par les sectateurs de Chaitanya. Le néo-brabmaïsme leur emprunta notamment les hymnes qu'ils cbanlaient dans leurs aankirtam, expurgés sans doute de toute allusion polythéiste, mais empreints de ce doux mysticisme qui fait à la fois le charme et le péril du génie hindou. « D'un mètre inégal, qui varie souvent dans le cours du même morceau, dit miss S. D. Collet, ils se dét)itent sur un ton récitatif un peu difiGcile à saisir pour des oreilles européennes, mais de na'ture à vivement impressionner les gens du pays, lorsqu'ils sont chantés à l'unisson par des centaines de fidèles sous l'influence pénétrante d'un même sentiment de piété ». »

1 Indiiin Mirror du 1" juillet 1868.

* V. quelques traducUons de cbb hymnea dans le Bnthmo Tear-Book de 1877, p. 50.

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308 REFORMES SOCIALES DU BRAHHA SAHÀJ

Le mandir ou temple que se bâtit le Bhâratbharsia Samâj ne fut achevé qu'en 1869. L'inauguration en eut lieu le 29 août, devant une assistance enthousiaste des plus nombreuses. Keshub y donna lecture de la déclaration suivante que je reproduis en entier, parce qu'elle donne une idée de ses vues à celte époque :

Aujourd'hui, par la grâce divine, le culte public de Dieu est institué dans ce local, pour l'usage de la communauté brahmaist«. Chaque jour, ou au moins chaque semaine, on y adorera le Dieu un, sans second, parfait, infini, créateur de tout, omniprésent, omnipuissant, omniscient, tout miséricordieux et tout-puissant.

Ici aucun homme, aucun être inférieur, aucun objet matériel ne sera adoré comme équivalent, substitut ou incarnation de la Divinité. Ici aucune prière ne sera offerte, aucun hymne ne sera chanté, sauf au nom de Dieu. Ici l'on ne gardera aucune image sculptée ou peinte, aucun symbole extérieur qui ait servi ou qui puisse servir à une secte quelconque pour célébrer un culte ou commémorer un événement particulier. Ici l'on ne sacrifiera aucune créature. Ici l'on n'autorisera ni de manger, ni de boire, ni de se livrer à aucune espèce de galté ou d'amusement profane. Ici l'on ne ridiculisera et l'on ne décriera, au cours de l'office divin, aucun être, ni aucun objet vénérés par une secte quelconque. Ici l'on ne reconnal- . ira, ni ne vénérera aucun livre comme la parole infaillible de Dieu, sans cependant ridiculiser ni décrier aucun livre accepté comme tel par une secte quelconque. Ici l'on n'introduira aucune prière, aucun hymne, aucun sermon ou discours qui puissent soutenir ou encourager, sous une forme quelconque, l'idolâtrie, le sectarianiame ou le péché. Ici le service divin sera conduit en vue de permettre à tout homme et à toute femme, abstraction faite de la caste, de la couleur et du rang, de s'unir intimement, pour éviter l'erreur et le péché, pour

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