M2 PROPAGATION DU MOUVEMENT CÉRÉBRAL AUX ORGANES
si les vibrations s'étendent jusqu^aiix extrémités, le sable forme un ensemble de dessins similaires qui s'étendent aussi jusqu'aux bords. Il en est de même du cerveau : si le mouvement est assez intense, il se propage dans tout le système nerveux, et les organes reproduisent, avec les variantes qu'entraînent leur structure propre et leur fonction propre, le dessin réalisé déjà dans le cerveau. Tel est le mécanisme physiologique de la propagation du mouvement.
Tout mouvement qui s'est ainsi propagé une première fois a ouvert des voies dans le cerveau et dans les organes. La répétition des mouvements produit donc dans l'organisme, par l'effet de l'habitude individuelle ou de l'habitude héréditaire, des centres de mouvements et des voies de communication. C'est ce que les physiologistes appellent centres psycho-motews. Que ces centres soient vraiment moteurs ou qu'ils soient des centres sensitifs (point non encore éclairci), ils sont toujours les régions du cerveau où est situé le point de départ habituel ou héréditaire de certains mouvements conscients (1).
Ce qu'il faut expHquer, en somme, c'est donc moins la communication du mouvement dans l'organisme que les cas d'arrêt, puisque la communication est le fait normal; ce dont il faut s'étonner, ce n'est pas que l'appétition et la représentation enveloppent la force motrice, mais de ce qu'elles ne semblent pas toujours l'envelopper, de ce que parfois manque.
(1) Le progrès des localisations cérébrales a fait déjà découvrir \\\\ certain nombre de ces centres ou de ces régions. F^es travaux de Broca ont établi, comme chacun sait, que les mouvements du langage articulé ont leur point de départ dans la moitié postérieure de la troisième circonvolution frontale gauche. S'il y a un commencement de lésion et de désorganisation dans cette région cérébrale, le malade peut encore penser les mots et les prononcer mentalement, mais il ne peut plus les articuler au dehors : il ne trouve plus que le même mot toujours répète ou des suites de mots incohérents. C'est un commencement à'aphasie. Si la lésion est plus étendue ou plus intime, l'aphasie ou perte de la parole se complique d'amnésie ou perte de la mémoire ; le malade ne peut plus penser les mots ni les comprendre. D'autres parties de l'écorce cérébrale semblent le centre de certaines classes de mouvements déterminé? : mouvement pour remuer la jambe, le pied, tel doigt de pied, le bras, la main, tel doigt de la main, pour dresser ou incliner la tète, pour se coucher sur le dos ou se lever, etc. Détruisez ces centres, les mouvements qui y ont leur point de départ deviennent impossibles. On enleva un de ces centres à un chien qui avait l'habitude de donner la patte; il perdit cette faculté. An reste, ces localisations sont encore très imparfaites, et plusieurs sont contestées. Il faut remarquer aussi que, souvent, quand certains centres psychomoteurs ont été détruits, il peut s'en reformer d'autres analogues dans d'autres portions du cerveau, et ces seconds centres suppléent les premiers. Il y a donc des centres qui ne sont que des voies de communication habituelles, mais non absolument nécessaires, et d'autres qui indiquent une structure plus fixe, comme la circonvolution de Broca.