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II. Mesure des intensités. — Les états de conscience, et en

Sarticulier les sensations, sont-ils non seulement des graneurs intensives, mais des quantités mesurables, soit directement, soit indirectement?

Remarquons-le d'abord, la mesure indirecte joue un rôle considérable dans la mécanique, la physique, l'astronomie; lorsqu'il n'y a ni vice de raisonnement, ni faute de calcul, elle est aussi sûre que la mesure directe. Néanmoins, toute mesure indirecte doit nécessairement s'appuyer en dernière analyse sur quelque mesure directe. Cette mesure est-elle applicable dans la psycho-physique? — A cela on objecte

et que cette masse tient au rapport du plein et du vide. Toutes les parties de la réalité seraient ainsi identiques quant au degré, et ne différeraient que par leur agrégation ou leur nombre; la différence de degré même, pour notre conscience, se ramènerait à une différence de nombre dans les particules de matière agissant sur nous. Lorsqu'on fait cette hypothèse arbitraire, encore faut-il admettre un degré quelconque, une intensité quelconque dans le réel, sauf à prétendre que cette intensité est identique dans tous les éléments de la réalite. Cette identité est une supposition sans preuve. Fût-elle admise, il resterait toujours admis en même temps que l'intensité n'est pas une pure apparence subjective, qu'elle joue un rôle dans le monde, que la force musculaire, en tant que musculaire, est bien un mode subjectif de sensation, mais que la force en général, au sens de quantité intensive, est quelque chose d'inhérent à toute réalité.

qu'il est impossible de constater une différence à'intensité entre deux sensations sinon au moyen de la conscience, et que précisément la conscience ne peut mesurer avec exactitude les degrés d'intensité. — Assurément, peut-on répondre avec Wundt; mais, en premier lieu, nous sommes capables de déterminer avec exactitude, en calculant sur les moyennes de nombreuses expériences, si deux sensations de qualité semblable, par exemple les sensations lumineuses produites par deux bougies, sont ou ne sont pas égales lune à l'autre en intensité. Nous avons déjà, par conséquent, dans notre conscience, une mesure suffisante pour l'égalité de certaines sensations (1). En second lieu, dans certains cas déterminés, nous avons conscience si une sensation a augmenté ou diminué autant qu'une autre. C'est notamment ce qui arrive quand il s'agit de savoir si cette augmentation ou cette diminution atteint le minimum de grandeur appréciable. Nous pouvons donc juger l'égalité de deux différences de sensation données, ou du moins nous jugeons que ces deux différences sont également perceptibles. Si l'on objecte que l'on mesure alors, en réalité, non deux sensations en ellesmêmes, mais leur degré de perceptibilité pour la conscience, qu'on obtient conséquemment une loi de Yaperception et non de la sensation, on peut répondre, avec Wundt, que le degré de perceptibilité est précisément le dernier élément psychique qu'il s'agit de mesurer. « Nous ignorons absolument de quelle manière nos sensations se comportent indépendamment de leur aperception. » C'est l'apparence même d'égalité ou de différence qui est ici en question. Si Ton trouve étrange de mesurer de simples apparences, c'est qu'on oublie que, dans le fait de conscience proprement dit, l'être et l'apparaître, Y esse et le percipi sont identiques.

Les objections dirigées contre la mesure des états de conscience partent d'une exigence de rigueur absolue, qu'on n'a même pas quand il s'agit des mesures physiques. Toutes les mesures de temps , par exemple , supposent l'invariabilité de la durée dans certains phénomènes naturels qui reviennent régulièrement, comme la rotation de la terre autour de son axe; mais cette invariabilité n'existe,

i. Dans le domaine physique, la détermination des grandeurs se ramène aussi à une mesure du semblable par le semblable: nous mesurons par exemple un poids en lui faisant équilibre par un autre, une longueur en lui appliquant une même longueur connue. Seulement, nous n'avons pas pour la sensation un étalon fixe comme le gramme ou le mètre, que nous puissions conserver. C'est ce qui fait

Sue, dans ce cas spécial, on est restreint à une appréciation de grandeurs relatives, 'égalités et de rapports: mais c'est précisément ce que la loi de Weber exprime.

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