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FAITS PHYSIQUES ET FAITS PHYSIOLOGIQUES

s'applique au système nerveux comme à tous les appareils mécaniques : le système nerveux restitue sous forme de mouvement, et en quantité proportionnelle, ce qu'il a reçu sous forme d' excitations. Cette loi se vérifie d'abord par l'action des muscles (1). Un travail chimique et une conversion de la chaleur en mouvement s'opère aussi dans les nerfs comme dans les muscles ; mais le travail est beaucoup moindre. Le nerf, en effet, n'a qu'une excitation à transmettre, et ce n'est pas lui, mais le muscle, qui accomplit le grand travail moteur. L'excitation à forme électrique transmise par le nerf ne fait que déclancher un mécanisme, ouvrir ou fermer un courant, comme la main du mécanicien ouvre ou ferme le passage à la vapeur dans la locomotive. Matteucci suspend un poids au muscle principal de la jambe d'une grenouille et il envoie un courant électrique dans le nerf attaché à ce muscle : la contraction musculaire soulève des poids facilement évaluables ; d'autre part, on peut évaluer la combustion du zinc produite par la pile pendant le temps très court de l'excitation du nerf ; Matteucci trouve ainsi que le travail mécanique fait par le muscle est vingt-sept mille fois plus grand que le travail chimique ou calorique de l'excitation nerveuse.

La proportionnalité, sinon l'équivalence, entre l'excitation et la réaction nerveuse se manifeste aussi dans les actions réflexes de la moelle épinière (2). Quant au cerveau, s'il est un appareil capable de compliquer et de multiplier les effets, les effets ne cessent pas pour cela d'y être en corrélation mécanique avec leurs causes. Supposer la loi d'équivalence quantitative suspendue dans le cerveau, c'est

(1) Le fait caractéristique qui accompagne Ja contraction musculaire, c'est une forte absorption d'oxygène, qui e3t exactement proportionnelle à la quantité de travail accompli par )e muscle. C'est même cette action chimique produite dans le muscle qui en change la forme et le contracte : ainsi, quand on mouille les cordes qui soulèvent un poids, elles se gonflent, se tendent et ont pour effet une traction considérable. En même temps que le muscle s'oxyde, il produit de la chaleur; Béclard a montré, dans une série d'expériences ingénieuses, que la chaleur due à l'action chimique est diminuée de celle qui se transforme en travail mécanique. Dans tout son corps, l'homme rend en travail environ 12 pour 100 de la chaleur emmagasinée; c'est à peu près le rendement de nos meilleures machines.

(2) Chez ranimai dont la moelle a été séparée de l'encéphale, pincez légèrement un membre, des mouvements se montreront dans ce membre seul ; pincez un peu

Plus fort, les mouvements se manifesteront a la fois dans le membre qui reçoit excitation et dans celui du côté opposé : serrez fortement entre les mors d'une pince les doigts d'une patte, les mouvements convulsifs envahissent les quatre membres et le tronc. Augmentez l'intensité de l'irritation, vous aurez des mouvements généraux, des cris mêmes, si la section a porté au-dessus du bulbe rachldien. V. Rouget, Physiologie des actions réflexes, p. 51.)

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