‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 47 sur 98 · CHAQUE ANNÉE · texte numérisé non relu

CHAQUE ANNÉE

me, et qu’on doit célébrer chaque année au jour déterminé. I] est commun à chaque dévotion d’avoir sa fête Propre et particulière. La dévotion au Cœur de Jésus ne devait pas être privée de ce privilège. Jésus-Christ a fixé cette fête au premier vendredi après l’octave du saint Sacrement, et sa providence l’a déjà ainsi établie Partout où la dévotion est connue. La fête du Cœur de Jésus se fait ce jour-là dans fréries établies et répandues dans tout le monde chrétien. Ce jour doit donc êtresolennisé, et consacré tout entier, autant qu'il est possible, à honorer ce Sacré-Cœur, Mais pour s'acquitter de ce devoir avec les sentiments

: or NE,

114 Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur

intérieurs qu’il exige (sans quoi le reste serait de peu de valeur ), il est nécessaire de bien comprendre la nature de cette fête; quel a été le dessein de Jésus-Christ en l’instituant; quelles doivent être la fin et l'intention de ceux qui la célèbrent, et de quels sentiments et affections ils doivent être touchés. Pour cela, il faut avoir lu avec soinet considéré attentivement ce que nous avons exposé dans les livres précédents, et en avoir l'esprit et le cœur remplis. Cette disposition supposée, voici les principales pratiques qui doivent sanctifier cette fête.

1° On doit s'approcher des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, selon la sainte coutume des fidèles dans toute sorte de dévotions. Mais il faut observer que comme cette fête exige une intention particulière, qui doit être comme l'âme de tous les exercices qui lui sont propres, savoir d’expier et de réparer les injures commises contre Jésus-Christ dans lesaint Sacrement, on doit, pour remplir cette fin, dans la confession de ce jour, s’accuser en particulier, et détester le plus vivement qu'il sera possible tous les péchés de cette espèce, commis durant toute la vie: immodesties, irrévérences, froideurs, négligences, oubli, mépris, scandales, sacrilèges, etc. Ensuite, on doit s'approcher de la sainte Table et recevoir le corps de Jésus-Christ avec une ferveur d'autant plus grande, que la communion de ce jour se doit faire pour réparer les négligences de toutes les autres. Après la communion ou à quelque autre heure du jour, on fera au Cœur de Jésus l'amende honorable qu’il a prescrite, comme un exercice essentiel à cette fête. Cette amende honorable n'est autre chose qu’un acte de douleur, mêlé d'amour et de confusion, qui part du fond du cœur, et naît de la vue des outrages et des mépris que Jésus a soufferts et qu'il

1 de e de nstireux S 11s avec posé œur Jales

ce et dans

que doit pro-

nises pour cuser

pos-

coute

nces,

doit

»s de

>, que

es né-

anion

Cœur

ne un

Se LE PÈRE DE BRÉBEUF, —. Martyrisé par les Iroquois le 17 mars 16 a vue

qu’il

ont à tn

116 Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur

souffre chaque jour dans l’Eucharistie. Prosterné en esprit aux pieds de ce divin Sauveur, on lui témoigne sa douleur, et on tâche, par des adorations profondeset toute sorte d'hommages, de compenser, de réparer, d’abolir, s'il était possible, et les offenses qu’on a commises soi-même, et celles qu’une infinité d’autres ont commises. On donnera ci-après un modèle de cet exercice. 2° Une seconde pratique des plus propres de cette fête est de visiter plusieurs fois ce jour-là le saint Sacrement. Mais ces visites en ce jour doivent se faire avec une modestie, une piété, une révérence qui éclate dans tout l'extérieur, et qui marque à tout le monde l'esprit intérieur qui les doit accompagner, c'est-à-dire le désir et l'intention de réparer les irrévérences qui se commettent dans ces lieux saints consacrés par la présence de Jésus- Christ. On doit, autant qu’il se peut, régler ces visites au moins à trois: la prernièrese fera pour remercier Jésus- Christ d’avoir institué ce sacrement d’amour, de nous avoir si souvent nourris de sa chair et de son sang dans tant de communions que nous avons faites, et des grâces infinies qui nous ont été communiquées par ce divin sacrement. La fin de la seconde visite sera de lui faire amende honorable pour les injures atroces qu’il a souffertes dans le saint Sacrement de la part des hérétiques et des Juifs, et pour les irrévérences et.sacrilèges commis par les catholiques. La troisième visite sera pour réparer les négligences detant de chrétiens, qui oublient absolument Jésus-Christ dans ce mystère, et passent leur vie sans lui rendre seulement une visite; et de plus, pour udorer en esprit ce divin Sauveur en tant d’églises désertes, où ilest si mal logé, si mal servi, et où il passe seul les jours et les nuits sans adorateurs, dans un aban-

sms“

Culte extérieur du Sacré-Cœur 117

don universel. Rien n’est plus touchant pour un cœur fidèle, ni plus propre à exciter unr dévotion tendre et soide que ces sujets de méditation qui doivent occuper l'esprit dans ces saintes visites.

3° Les prières composées à l'honneur du Cœur de Jésus sont encore un exercice très pronre de cette fâte, et ne peuvent manquer de beaucoup aider la dévotion intérieure. Ces prières, quicontiennent les louanges de ce Cœur sacré, doivent être très familières aux dévots du Cœur de Jésus- Christ. On trouvera à la fin de ce livre divers inodèles de différents actes d’adoration, d'amour, de soumission; de confiance, de demande, etc., dont la pratique ne peut être que très utile et très douce pour cerx qui voudront s’en servir.

4° Enfin, comme c’est la pratique universelle de l'Église, inspirée par le Saint-Esprit, et suivie par toutes les âmes fidèles, de s'exercer la veille et le jour des grandes fêtes en quelques œuvres de pénitence, de charité, de miséricorde, de religion, d’humilité, etc., afin de se préparer par là à recevoir les grâces que Dieu a coutume de répandre en ces jours solennels avec plus d'abondance dans les âmes bier disposées, les dévots du Cœur de Jésus ne doivent pas manquer à une si sainte pratique la veille et le jour de cette fête, laquelle ils doivent regarder comme -e des principales de l’année; d'autant plus que Notre-Seigneur a promis de répandre, ce jour-là, avec abondance ses plus précieuses grâces sur ceux qui honoreront son Sacré- Cœur. (1)

(1) La visite, le pe de la fête du Sacré-Cœur, d’une église ou

d’un oratoire public où l’on célèbre cette fête, est enrichie d'une indulgence plénière, par décret de Pie VII, 7 juillet 1815. Cette ‘ndulgence se gagne aux conditions ordinaires; elle est applicable aux défunts.— Note de l Éditeur.

Page 1