SAINTE GERTRUDE
On vu dans la Vieet les révélations de sainte Gertrude, qu’il y a peu de saints dans l'Église qui aient reçu du divin Époux des faveurs plus rares, plus admirableset plus continuelles que cette sainte. Or, Jésus-Christ lui inspira en particulier pour son Sacré-Cœur un amour et une tendresse inexplicables: et la sainte a laissé par écrit que de cette source sacrée elle avait reçu une infinité de dons et de délices spirituelles. Voici un endroit des plus remarquables qu’on trouve au chap. xxm du liv. II, qui est celui que la sainte a écrit elle-même. Là, faisant l’énumération des grâces qu'elle avait reçues de la libéralité infinie de Jésus-Christ, et dont elle lui rend ses actions de grâces, venant aux bienfaits qui étaient partis de son Sacré-Cœur, elle parle ainsi: «A tant de faveurs vous
Pratiques pour honorer le Cœur de Jésus. 141
avez ajouté une marque inestimable de votre amitié et de votre familiarité envers moi, en me donnant en diverses manières votre Sacré-Cœur, cette arche glorieuse de la divinité, pour être la source abondante de toutes mes délices: tantôt m'en faisant un don purement gratuit, et tantôt, pour une marque plus sensible d’une familiarité réciproque, le changeant aveclemien. C’est par le moyen de ce Sacré-Cœur que vous m'avez manifesté vos secrets les plus intimes, et communiqué rosdélices les plus pures, et que vous avez souvent attendri mon âme par des caresses si amoureuses, que si je ne connaissais l’abîme infini de votre miséricorde et les excès de votre amour, je serais surprise d'apprendre que votre divine Mère ellemême fut traitée de vous dans le ciel avec de pareilles marques de tendresse. Je vous rends donc, à mon Seigneur et mon Dieu, ce qui est à vous: et par ce Cœur divin, je vous offre mes adorations et je chante les louanges qui vous sont dues. »
On lit, dans le liv. III, deux révélations qui renferment plus expressément la pratique dont nous parlons. La première se lit au chap. xxvi en ces termes: «Au milieu de ces douceurs divines, Gertrude se sentit tirée d’une manière merveilleuse dans le Cœur de Jésus. Ainsi heureusement renfermée dans les entrailles de son divin Époux et Seigneur, de dire ce qu’elle y goûta, ce qu’elle vit, ce qu’elle entendit, ce qu’elle connut, cela n'appartient qu’à elle seule, et à celui qui a daigné l'attirer à une union avec lui si excellente et si sublime.» Et au chap. xxvm, il y est rapporté que le Seigneur présentant son Cœur à Gertrude, il lui dit: «Regarde mon Cœur: je veux que ce soit ton temple.» Et l’invitant ensuite à chercher dans
bare;
TM | Mdéeisrenc sv
142 Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur
son Corps adorable d’autres lieux de retraite: « Ah! Seigneur, répondit la sainte, je trouve daus votre Cœur, que vous daignez appeler mon temple, une si douce abondance de biens, qu’il ne me reste rien à désirer, ni à chercher ailleurs; car hors de cet aimable Cœur, je ne puis goûter aucun repos. »
Il ne faut pas omettre ici une autre révélation qu'on trouve dans le même livre, chap. xxv, laquelle confirmera une pratique dont nous avons parlé ci-devant, qui est de se servir du Cœur de Jésus pour perfectionner nosactions. Ilest dit: «Qu'un jour que la sainte priait, et qu’elle faisait ses efforts pour prier avec attention, ellene laissait pas de souffrir, par un effet de la faiblesse humaine, plusieurs distractions. Cela la jeta dans une grande affiction, et elle disait en elle-même: Hé! quel fruit peut-on espérer d’un pareil exercice, fait avec tant d'égarement, d'esprit ? Alors Jésus-Christ, pour la consoler, lui présenta son Cœur déifié, et lui dit: Voilà mon Cœur, les délices de la très sainte Trinité: je te le présente afin que tu t'en serves pour suppléer à ce qui te manque. Recommandelui avec confiance toutes tes actions, il les rendra parfaites à tes veux... Mon Cœur sera désormais toujours prêt à te secourir, et il suppléera à toute heure pour toi à tes négligences. »