‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 11 sur 31 · livre · texte numérisé non relu

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AVIS à za GRANDE BRETAGNE. 7}

en montre en Angleterre à l'égard des créanciers du public : car la France a fait toutes sortes de banqueroutes, quoiqu'elle n'en ait pas fait la déclaration, ni prononcé le nom. L'interét des fonds et des hypotheques a été payé en assignats ; si quelqu'un vend des marchandises, il reçoit des assignats ; ct quoique les assignats s01ent portatifs, qu’elle est leur valeur à la bourse de Londre., ou à la maison de ville d'Amfterdam? * De quatre vingt dix millions de Louis, en circulation auparavant, les neuf dixiemes ont disparu. Ceux qui é.oient propriétaires en argent ont par CONsequent perdu leur capitaux et l'argent qu'ils avoient en caisse. Le man que de confiance et de credit s'en est suivi, Ainsi les interêts de la France ne peuvent manquer de fleurir merveilleusement

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+ L'étonnante quantité d'assignats qu'on fait chaque jour doit avoir des effets que les membres de la Convention semblent ne pas bien prevoir, Ils sunt toujours si prets a faire sorur du pa ier monnoye, qu'ils paroissent s'attendre a jouir toujours de la même facilité ; mais, en cela, 1ls se trouve ront certainement trompés. Le montant de ce qui est en circulation surpasse de besucoup celui quiest connu, Le fait est prouvé par le grand nombre de fabriquants de faux assignais qui sont renfermés dans leurs prisons ; mais ils ne tiennent pas en leur puissance ceux qui fond couler le grand déluge de faux papiers. Les Princes, le Duc de Brunswick et tous les ennemis dela France en ont laissé, dans la ciycu}ation, des quantités im= menses dans tout les endroits ou ils sont venus. Ce qu'il y aeucore de pis, c’est que leurs succès sur le Rhin et dans la Flandres ont produit le même effet. Ils ne se sont emparé d'aucune ville qui n'en fut bien fournie. Cette monnoie courante, quoique décreditée, n'a pas laissé dé fournir un butin assez bon pour les soldats qui se donnaient a peine l'embarras de piller

ur s'en procurer. Cette quantité excessive introduite dans ces pais étoit probablement la raison pour laquelle les gens des campagnes les refusoient absolument, Dans la ka ique, les habi-ans des campagnes ne veulent pas recevoir d'assignats ; ce dréredit viént de ce que Les Emigrés en ont répandu une multitude de faux. Monir, 14 Dec.—La Convention, aussi bien que d'autres, à sa fabrique de contrefaction ; car une circonstance curieuse, c'est que les nouveaux assignats qu'on fait sortir ne sont point numerotés, et par cunsequent peuvent étre par millards aussi bien que par millions. Ceite assettion qu'on a mis en avant dan la Convention, n'a pas encore cité contredite, Un fait de même nature c’est que dans la Gazette Nationale ap-

ellée le Moniteur, on ne marque plus depuis quelques mais, la valeur du Louis d'oren Assignats, comme cela se pratiquoit régulierement auparsvant.—Deite, suivant ie rapport de Chabot. Most, 3 Mars, 8,63425%,5%0 livres.[nterèt 367,844,949 livres. AÂTrrérages de taxes suivant Ciavieres, 647,827,896 livres,

18 L'EXEMPLE pe La FRANCE

sans fonds, sans credit, sans argent en caisse, et sans qu’on apperçoive, duns ce vuide immense, autre chose que des assignats. Yatil, dans cette peinture, quelque chose qui puisse donner du gout pour une révolution à ceux qui ont,

en Angleterre, des propriétés un peu considérables en fond d’or ou d'argent.

Rarprochés ces circonstances de l'énorme défcis qu'il y a dans le revenu de l’année courante. Ajoutés à cela la né cessité de faire des dépenses en especes sonantes pour prévénir la famine, en achetant du bled des païs étrangers. Considerés d’ailleurs les eorts immenses que la France est obligée de faire pour la campagne bionhains. l'habitude qui s'enracine parmi le peuple de ne point payer de taxes, enfin la décadence universelle des manutactures et du commerc

Tout le monde peut donc voir et juger, que Île décrd de guerre contre les constitutions de tous les Etats voisins, n'est qu'une gasconade et un efort de désespoir. Paine a un remede tout pret pour mettre les françois en sureté. La France, dit il, sera en paix ei en sureté quand elle sera environ æé de révolutions. Mais si cet orviétan du grand opérateur Paine vient a leur manquer, s'il n'y a point de révolte dans les païs voisins, ils seront accables de toutes sortes de ruines qui se répandront dans tout l’intérieur de la France, si promptiment qu'ils ne pourront en suporter le poids. Le peuple se trouvera dans un état d'abandon proportioné à ses succés: car les assignats ne valeat pas sur les frontieres la moitié du prix qu'ils ont dans l’intérieur du royaume. Voi. la une source réelle de foiblesse à laquelle il n'ya absolument aucun remede. Si les cultivateurs ne sont payés qu'en monnoie décreditée, ils ne cultiveront de terres qu'autant qu'il en faudra pour satisfaire aux bésoins phisyques de leurs familles. 11 s’en suivra une famine chaque année. En un mot les semences de destruction se trouveront répandues si dru, que l'attention des plus indolents ne pourra les méconnoitre. La nation sentira bien rigoureusement que le mot égalité ne signifie que misere égale ; Elle sentira que les droits de l’homme ne produisent d'autre droit que celui d'être affamé : elle finira par se révolter ei avoir recours au meil-

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AVIS à ia GRANDE BRETAGNE. 79

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Paine est passioné pour courir des paralleles et faire des comparaiscns ; aussi est ce là une des passions de la plupart des grands géries; mais il a le matheurden'yreussir que rare ment. La généraliié du peuple en Amérique, dit il, et surtout les pauvres sont plus en élat de payer les taxes que la généralité du peuple en France, ou en Angleterre. À cela il ajoute /a cru auté d'une liste civile d'un million de Louis. Y la compare avec la Liste civile d'Amérique, qui ne que de trois cens mille piastres. 1 faudroit chercher beauceud d'écrivains habiles pour en trouver un seul qui sache aussi bien que Faine, entasser et accumuler, dans un même espace un si grand nombre de faussetés et de bévues, Il n'est personne qui possede ce talent mieux que ce capitaine général des charlatans et des sal. tinbanques.

Le pouvoir de payer les taxes ne depend pas de ce que le peuple est à son aise ;--c'est-à-dire, de ce qu’il n'y a que peu ou point de pauvres indigents parmile peuple. Cette assertion n'estun paradoxe que pourles ignorants. Le pouvoir de payer les taxes dépend ce la quantité, du nombre, de la rapidité de l'argent dans le cour publie, où pour m'exprimer en d’autres termes, de la CIRCULATION CONCENTRE’'E dans le païs, Cette circulation n'a rien de commun avec l'aisance, l'abon- Cance, et le bonheur du peuple, Car supposés un homme qui possede un nmllicr d'arpents de terrein fertile ; il aura cn profusiondes bæuts, des moutons, des porcs, du bled, de la laine, du chanvre, du Hin, &c. Que la famille qui possede toutes ces denrées vive dans une abondance excessive et incroyable ; il n’en r'sulte pas qu'elle soit en état de payer mn seul shelling de taxes. Les taxes imposées même sur des propriétés solides, corme la taille sur les terres, doivent être payées avec la monnore qui est cn circulation. Ce n'est pas la terre, mais c'est l'argent qui paye les tailles imposées sur les terres. Ce n’est donc pas l'aisance, dont jouit le peuple, qui le rend capable de payer les impositions, mais c'est l'argent qui est par dessus cette aisance ct qui en est le superflu. Les denrées qui forment l'aisance, donnent aussi, selon Paine, la possibilité physique de payer les impots. Maisa combien se montera la taxe qu'on pourra lever sur

une

60 L'EXEMPLE pe ia FRANCE

une consommation de denrées équivalentes à mille louis ?

Peut être pas à un sold, au delà des consommations en vins VOIE étrangers caffe, épices, &c. Fr: 2.

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Je me suis servi de l'expression de circulation concentrée : et at l'Amérique sentiroit la force cet la signification de ce mot, lation si elle étoit dans la nécessite d'établir de fortes impositions. | autres Qu'un cultivateur étabii au milieu des forets, à deux cent un be milles de toute ville, vende son chanvre où sa laine pour de effort: l'argent, à un garde-magazin, c’est là un pas vers cette cir- 2 rais culation qui denne à un état le pouvoir de lever un impot. une, : Mais dans un païs désert et très peu habité, il en couteroit, d'Am pour lever et perçevoir les taxes, dix fois plus que la taxe natiof vaudroit, Nous savons ce que sont les distilleries dans les tité d' montagnes de l'Écosse. Les Américains ont aussi cette qui r espece de taxe, mais ils ne peuvent la lever que dans les sés, (1 cantons peuplés: encore, y à-t-il des Cantons en Amérique | er ou la taille sur les terres ne suffira pas a payer les fraix qu'il ses qu faudra pour la ramasser ! ! ! Il seroit facile de pousser dans t ces observations jusqu’à la démonstation. Il seroit facile de D un at faire voir la vérité de la proposition diamétralement opposée Mais à celle de Paine. On peut citer en preuve l'exemple du les ir euple d'Angleterre, et de celui de la France avant la révo- la poc Aer : (je dis avant la révolution, car depuis cette époque Æ guiné il n’a vu circuler autre chose que du sang et des brigan- | trouve dages.) Les peuples de l'Amérique sont infiniment moins L'hc en état de payer destaxes que celui d'Angleterre, ou que L leplu celui de la France avant la révolution, 11 y em a une raison jouit « toute simple et très évidente ; ce que la circulation est in- pusr finiment moins rapide, chez les Américains, qu'en Angle. Ainér terre, ou en France avant la révolution. D Quctf L' Je contemple les richesses immenses de l'Angleterre, sa | Éd consommation enorme, la rapidité d'une circulation de qua- bref rante millions de livres sterlings en or et en argent, et d'une Me autre circulation en | dont le montant est beaucoup Fa à

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AVIS 4 za GRANDE BRETAGNE, 81 voyager, de changer de place, de se tra Spore ailleurs : en un mot je réfléchis sur les facilités de 14 vie; expr. sion dont je peux me servir, à cause de la grandeur de nos villes, et a cause de la masse de monnoie que nous avons en circulation, Quand je rapproche tous ces avantages Î#5 uns des aitres, Je Crois pouvoir, sans éxagération, avancer que dans un besoin de l'é at imprévu st qui demanderoit de grands efforts, il seroit plu: facile de lever en Angleterre une taxe à raison de ciny livres sterlings par tête, que d'en lever une, à raison de cinq shellhings par cête, dans les Erats Unis d'Amérique. Lorsque on parle en générai dés impots d'unt nation, ce qu'il faut le p! us conéiderer ce n'est bas la quantité d'argent paÿé au trésor publie, mais c'est la quantité qui reste après que les taxes ont éte payées. SUPDOsés, (comme c'étoit à peu-près le cas de différence en4 tre le peuple d'Angleterre et celui de France! ) Supposés que les impots soient à raison de vingt shelhnyss par tête, dans un païs, et à raison de quarante sheilings pai tête, dans in autre pais ; qu'est ce que cela prouve? KRien du tout, Mais que reste t-il dans la poche de chacun après qu'il a payé . impots? Voilà le point tout juste de la question. Dans la poche de l'Anglois, vous trouveries une bourse garnie de guinées et de shellings ; * et dans ceile du François vous trouveriés /a maladie de la pocke, c'est-à-dire le vuide, L'homme le plus heureux peut être, ct celuidont le sort est le plus a envier en Amérique, c’est le propriétaire aisé, qui jouit d'un domaine en franc fief, dans les parties du pas les p'us reculées. Cependant, il n'y a personne, en Europe et en Ainérique qui soit moins en état que lui de pa; er des impots. Que faut 1 conclure de 13? C'est qu'il n'y a rien du tour cle déraisonable dans la disproportion qu'on trouve entre la liste civile de l'Angleterre, et celle de l'Amérique en les comparant l'uneavec l'autre, Cependant la liste civile en as “is es est de 898,468 livres: sterlings. f Cequi revient helhng 75. ; par tête, aulicu que celle d'A merique est de r 200.000

* L'inégalité dans nos impots eft un plus grand mal que leur :raffe, Un

i " , ' Fe à l LL.

georthitomme dc Cainbagne, qui M4 qu uts petit dotnaine, paye cs charges ft Erormes, qu'il : te conne le Fras h ri ivec les puch $ ndes, t té, ve clir $ : : e où dé ? Li t* Hiliuire du revenu public par Sir John Sinchur, Vos. El,

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82 L'EXEMPLE pe a FRANCE

390,C09 piastres, ou 66,000 livres sterling, ce qui revient à cinq sols et demi par tête. Maison ne peut établir une comparaison Cxacle entre Un pais nouveau quine s'Ccst pag formé de lui-même, et un païs ancien qui non seulemenf s’est formé de lui-même, mais encore qui paye maintenant les dépenses qu'il en a couté pour former cet autre pais nouveau. Attendés que les Américains se trouvent chargés d'une dépense aussi forte que celle de la guerre de 1756; ou de cent millions de livres sterlings, er alors vous etablirés une comparaison de taxes.

JnTERET DE CoMMmeEnér.

LE commerce de [a France a été complettement renverse dans la poussiere, Ses colonies, qui en étoient pour elle la plus grande sourée ont été totalement ruinées: L'égalité et les droits de l’homme ont été aussi favorablesau sucre d'Amérique qu'au bied de France. Les asignats ont paralisé toute espece d'importation dans ce royaume, ct ses exportations se sont trouvées reduites a presque rien, après Ja destruction de Sr. Domingue. Les horribles convulfions dans les grandes villes, ont forcé les marchands et les maitres de manufactures de se sauver en pais étranger, avec les restes de leur fortune ; et ceux qui ont vouiu rester chez eux ont été écrasés sous Ictir propre ruine.

On nous a dir à Ja vérité, avec un certain dégré deconfance, que les fabriques de France ne sont pas dans un état de délabrement aussi gra que quelques uns les ont représenté. Je peux parler sur ce sujet, avec d'autant plus d'assurance, que j'ai reçu tout récemment de ce royaume des informations sur la verité desquelles je peux conter. D'ailleurs ce qui vient à l'appui des informations que j'ai reçu, ce sont les représentations mulripliées ec addressées au gouvernement par les municipalités des villes remarquables par leurs manu-

factures. J'assure donc, avec confiance, que toutes les fa

briques qui tiroient leur matériaux de chez l'étranger, (toutes celles de Lyons étoient dans ce cas) sont dans un état de ruine absolue, ainsi qu'une grande partie des manufactures

en laine. Les maitres et les entrepreneurs ont fait banqueroule

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