I. — CHARLATANISME MÉDICAL
Vous connaissez tous les réclames éhontées qui, suivant le pi ix que l’on y met, s’étalent à la troisième ou à la
CHARLATANISME MÉDICAL. 4Go
quatrième page des journaux quotidiens; elles recommandent des médicaments plus ou moins efticaces, sous le couvert du nom dïin docteur, et sont suivies d’attestations de personnes, qui déclarent avoir été améliorées par leur emploi. Je ne vous en parlerais pas, si vous ne pouviez vous trouver exposés à pratiquer du charlatanume involontaire, sans le savoir.
Tout d abord, si vous soignez un journaliste, recommandezlui bien de ne pas prononcer votre nom dans son journal. Il croira vous être très agréable en faisant savoir à ses lec-
teurs qu’il a été sauvé par le célèbre D- X..., à moins qu’il ne proclame vos talents dans un article dithyrambique ; vous n’y êtes pour rien, mais cependant vous pouvez être sûr, qu’aux yeux de vos confrères, vous ne paraîtrez pas étranger à cette publication, et ils penseront que, si vous
n’avez pas tenu la plume, vous avez au moins fourni l’encrier.
In autre mode de charlatanisme involontaire est le sui- Aant . un médecin compose une ordonnance que le malade fait exécuter à un pharmacien quelconque; celui-ci, la trouvant digne de la publicité, surtout si elle contient l'emploi d’un médicament nouveau, se l’approprie, et en fait une spécialité. Sur ses prospectus, sur les étiquettes de ses tlacons, il ne manque pas de consigner que ce médicament est recommandé par le X..., et vous voyez votre nom s etaler dans des papiers distribués sur la voie publique ou a domicile. Dans ce cas, vous n’avez rien à faire ; dès que vous avez prescrit un médicament, le pharmacien a le droit de le préparer et de le vendre sous le couvert de votre nom ;
Il a été ainsi jugé par le tribunal de la Seine, et son jugement a été confirmé par arrêt de la Cour.
II y a fort longtemps déjà, M. Milne-Edwards, le père, fut victime d’une mésaventure de ce genre. Soutirant de coliques hépatiques, il avait éprouvé quelque soulagement en s entourant d’une sorte de ceinture composée de tubes de caoutchouc, dans lesquels circulait un courant d’eau P. Brouardel. — Exercice de la méd. 30
4G6 charlatanisme et exercice illégal.
tiède. U fit faire celte ceinture chez un bandagisle, et fut fort étonné de voir, peu de temps après, à la quatrième page d’un journal, une annonce dans laquelle ce bandagiste recommandait à l’attention des personnes atteintes de coliques hépatiques l’appareil inventé par M. Milne-Edwards, membre de l’Institut, elc., et dont lui-même se servait pour diminuer les « cruelles et tenaces douleurs » dont il
souffrait.
Dans ces cas, vous ne pouvez rien faire ; le pharmacien a entre les mains l’ordonnance dans laquelle vous prescuNOz
le médicament ou l’appareil.
Un second mode de charlatanisme fort répandu est celui dont les colonnes Rambuleau sont les confidentes. Ces édicules sont couverts d’aftiches vantant les mérites du traitement de tel ou tel docteur. Généralement, le nom indiqué sur l’affiche n’est pas le vrai nom du médecin qui donne les consultations.
Voulant empêcher ces abus, nous avions fait voler par le Parlement le dernier paragraphe de l’article 9 de la loi de 1892, d’après lequel il est interdit d’exercer sous un pseudonyme; nous espérions que ces médecins, qui avaient encore la pudeur de cacher sous un nom d’emprunt leurs honteuses pratiques, seraient obligés de les abandonner s ils étaient tenus d’élaler leur nom véritable sur leurs affiches.
11 n’en a malheureusement rien été ; les juges ont décidé qu’exercer sous un pseudonyme, c’était signer une ordonnance d’un nom autre que le sien. L’affiche, le prospectus peuvent porter un nom supposé; du moment que l’ordonnance est signée d’un docteur quelconque, l’article 9 ne serait
pas applicable (1).
Les variétés de charlatanisme médical sont infinies; je n’ai pas la prétention de vous les énumérer, mais quelques exemples vous feront bien comprendre la profondeur du mal qui ronge la profession médicale.
Le public reçoit des prospectus dans le genre de celui-ci :
(1) Voy. page GG.
ClIARLATANlSMli MÉDICAL.
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rfS.S,^'.
Mü.NSiEi;n El' Madame,
Le Docteed^'IARTIN DU MAGXY, médecin de la Faculté de Paris, membre de la Commission administrative de la Société médicale du département de la Vienne, a l'honneur de venir vous inlor mer qu'il a H.xé sa résidence dans lu Ville de NIORT, rues Mellaiss et Tr.anon, à titre de MÉDECIN-ACCOUCHEUR et de MÉDECIN-CONSULTANT pour MALADIES des VOIES GÉNITO-URINAIRES.
Médecin spécialiste et autonomiste des maladies des Femmes, DITES UTÉRINES ouINTÉRIEURBS.il met, dés aujourd'hui, à la disposition des personnes qui voudrotii bien l'honorer de leur contîance. une expérience médicale de 25 années, acquise, soit dans le département de la Seine, soit dans le département de la Vienne.
AUTEURdu RECTUTÉRE, du PORTE- PESSAIRE et de l’ASPIRATEü R-UTERIN, etc. honoré de deux beevets o'.NVESTtoN s. g. d. g., il est heureux d’apporter principalement les fruits dé sa pratique et de ses travaux ou soulagement des souffrances des intéressantes malades du département des DEUX-SÈVRES.
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l OPÉHATEOX DK K % I KCO\U lTIO\ AItTli IC IKKI.K de mari a femme moyennant références honorables (Méthode P.VJOTj.-fCette opération, qui de prime abord pourrai! ’ para.tre ant, -morale, a été non seulement approuvée par l’Acadé.m.e de médecne de Par, s mais encore elle a été l'objet de ses félicitations et de ses encourage.ments.; ' '
Application de l’Électricité médicale et l'Électricité Thermique.
Consultations médicales, tous les jours, le samedi excepté, de midi à 4 heures.