CIIARLATA.NIS.ME MÉDICAL
1 tisane jaune 5 fr-
1 — verte 5 — 50
1 — noire 5 — 50
1 lotion 5 — 50
1 pommade 0 —
] étui granules arséniate de strychnine. . . 4 —
1 — quassine... 4 —
1 — narcéine 8 —
4 disques électro-dynamiques 10 —
La note était soignée, vous le voyez. Le pauvre malade ainsi dupé se trouvait plus mal après l’application de tous ces remèdes; il me demandait de purger la société de ce charlatan. Malheureusement, je n’y puis rien, si ce n’est mettre le public en garde contre ces quelques docteurs, d’ailleurs très peu nombreux, qui avilissent notre profession par un charlatanisme éhonté.
Il arrive assez souvent qu’un médecin, le plus souvent un étranger, propose de vendre au gouvernement une découverte destinée à révolutionner la thérapeutique.
En 1885, je fus, avec MM. Charrin et Albarran (1), envoyé en Espagne pour contrôler la valeur d’un sérum fabriqué par un docteur espagnol, Ferran; ce remède, d’après lui, guérissait le choléra. Le D'’ Ferran nous montra des malades qu’il prétendait avoir guéris de cette redoutable affection. 11 ne voulait donner la composition de son secret que contre une grosse somme délivrée par le gouvernement français. J’ai eu beau lui dire que nous ne pouvions pas acheter un remède secret, que si véritablement son sérum était un antidote du choléra, il avait tort de ne pas le publier, car dans ce cas il eût été du même coup placé au rang des plus grands bienfaiteurs de l’humanité, et aurait l’honneur et l argent ; il refusa de faire connaître la composition de son sérum et de faire la preuve de son pouvoir.
L’expérience n’a'^pas confirmé les espérances qu’avaient inspiré les notes retentissantes du D'’ Ferran.
(I) Brouai’del, Rapport sur les essais de vaccination cholérique entrepris en Espaqnepar M. le Ferran [Aim. dlvjg., 1885, t. XIV, p. 122).
CHARLATANISME ET EXERCICE ILLÉGAL
En 1893, un D‘ X..., médecin au Brésil, désirait vendre au gouvernement une découverte grâce à laquelle il pouvait rendre les femmes stériles pour toujours, à l’aide d’une petite opération non sanglante et complètement innocente.
Ce D"' X..., accoucheur et spécialiste de maladies des temmes, prétendait qu’il n’appliquait sa découverte, — pré- \enir pour toujours la conception, — qu’il priait de ne pas contondre avec les moyens employés pour provoquer l’avortement, avec les fraudes conjugales et la castration, qne dans les cas suivants :
1° Lorsque la femme court danger de vie, comme dans les cas de défaut de conformaliou du bassin, qui exigerait ravorleineul ou de graves opéralions obstétricales ;
2° Dans les cas de maladies utérines, qui s’opposent à la gestation et à l'accouchement produisant des avortements répétés, ou pouvant causer la moi’tde la malade, comme dans les cas de péri— et paraméirite et salpingite;
3° Maladies du cœur et du poumon, qui sont aggravées ou peuvent avoir une issue fatale par la gestation et l’accouchement, comme la phtisie pulmonaire et les lésions organiques du cœur;
4° Dans les cas de folie provoquée ou aggravée par la gestation, l’avoi tement, l’accouchement et rallaitement ;
.0° Des tumeurs abdominales, qui empêchent la gestation et raccoLichemenl et exigent de graves opérations obstétricales et gynécologiques ;
6° toutes les fois qu’il s’agit d’éviter de proci'éer une descendance, à laquelle serait inévitable la transmission héréditaire de maladies graves, comme la syphilis, la démence, l’épilepsie, le cancer et la phtisie ;
7° Toutes les fois que des pères âgés, névropathes, alcooli(iues, syphilitiques, cachectiques, ne veulent pas obtenir une descendance dégénéi'ée, rachitique et scrofuleuse;
8® Enfin, dans les cas d’anémie profonde et de misère.
En avis me fut demandé. Je répondis qu’un docteur qui ignorait d’ailleurs les lois de l’hérédité morbide, qu’un médecin qui publiait des réclames semblables, devait être exclu de toutes les associations scientifiques; que le fait de rendre stériles des femmes, sous prétexte qu’elles sont dans la gène, ont des maladies utérines parfaitement