‹ L'exercice de la médecine et le charlatanismeChapitre 64 sur 164 · ATROPINE · texte numérisé non relu

ATROPINE

pour assistera cette solennité. Débarqué en brance, il télégraphie an Grand Hôtel que sa tille soutirant d une névralgie, il désire que le médecin de l’iiôtel vienne au moment de leur arrivée, pour que la jeune fille puisse aller le soir à l’Opéra. Le médecin de fliôtel était un ancien chef de clinique de Trousseau, qui, après examen de la malade, pratiqua une injection d’atropine. La jeune tille succomba en quelques minutes. 11 ify avait pas eu erreur de médicament; la solution employée avait déjà servi pour d autres personnes qui n’avaient présenté aucun symptôme spécial. La responsabilité du médecin ne pouvait être mise en cause.

Cet accident fit grand bruit, on en parla dans les réunions médicales et l’on ne tarda guère à connaître un certain nombre d’accidents de même nature, arrivés à des médecins qui, jusqu’alors, ne les avaient pas signalés.

Est-ce à dire que l’on doive toujours incriminer finjection sous-cutanée dans ces cas de mort subite? Assurément non, car on peut parfois trouver à l’autopsie des lésions expliquant parfaitement ce genre de mort.

11 y a quinze ans environ, iM. H... lit appeler un médecin, qui lui fit une injection sous-cutanée d’atropine; le malade mourut; la femme réclama une indemnité et des poursuites furent engagées. A l'autopsie, on trouva le (oie et les reins très durs : foie et reins d’alcoolique; sur le côlon descendant, on découvrit un rétrécissement cylindrique, capable, à lui seul, d’occasionner la mort subite. L’affaire n’eut pas de suites.

M. le D' Vibert a rapporté une observation analogue, qui présente un grand intérêt médico-légal, en raison de la situation occupée par la victime et des contestations qui auraient pu survenir après sa mort, au sujet du payement d'une prime d’assurance sur la vie.

Un jeune médecin de trente-trois ans, exerçant dans les environs de Paris, vient déjeuner chez son frère, honorable commerçant; il avait contracté fliabitude de se taire des piqûres de morphine, parce qu’il ressentait parfois de vives

LA RESPONSABILITÉ DU MÉDECIN

douleurs abdominales. Dans la matinée, il est pris de malaise, de douleurs de ventre, de diarrhée; il refuse de déjeuner, et comme ses souffrances s’exaspèrent, il veut rentrer chez lui. Le voyage semble s’être passé sans incidents et il meurt dans le cabinet du chef de gare de la localité qu il habitait. Comme le frère du docteur X... savait c|ue celui-ci avait contracté une assurance sur la vie, il se rendit chez le Procureur de la République, et, très loyalement, lui déclara qu’il se demandait si le décès de son frère n’était pas dû à une cause imprévue, et s’il n’y avait pas eu suicide, par injection d’une dose exagérée de morphine. Dans le cas où l’autopsie confirmerait ces suppositions, M. X... était décidé à renoncer à toute revendication vis-à-vis de la compagnie d’assurances sur la vie.

L’autopsie médico-légale fut pratiquée par M. le DMhbei-t; elle montra qu’au niveau du côlon descendant, il existait un rétrécissement tubaire, long de 17 centimètres, commençant un peu au-dessus de l’S iliaque. La paroi de l’intestin était indurée, épaissie, et présentait, au dessous de la muqueuse, une couche de tissu très dense, d’environ 1 millimètre d’épaisseur; l’inteslin était un peu boursouflé; au-dessus du rétrécissement, il y avait une petite quantité de matières fécales. Le D'' Vibert, en l’absence de substances toxiques, rejeta l’idée de suicide et conclut à une mort naturelle.

Vous savez que certains médecins ont proposé de pratiquer des injections alropo-rnorphinées, sous le prétexte que la morphine est l’antidote de l’atropine; je crois que cette méthode n’est pas heureuse et ne peut qu’augmenter les chances d’accidents, en associant deux causes de dangers.

Pourl’atropine,je vousrépéterai ce queje vous disaispour l’aconitine. On ne trouve en général aucune lésion anatomo-pathologique, l’analyse chimique des viscères ne donne habituellement aucune indication et l’analyse physiologique ne fournit que des résultats incertains.

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