SUSCEPTIBILITÉS SPÉCIALES
En 1879, je fus commis, avec le professeur Vulpian, au sujet d'un enfant de sept mois, mort au cours d’une rougeole grave, accompagnée de complications pulmonaires, à la suite de l’ingestion d'une potion ainsi formulée :
FAURE Re en rene eee ce nee 60 gr.
SUD ALPODINES ere e sm rreee . “1 milligr. SITODITEMDOLPhINES SR Ferrer ses 20 gr.
Une cuillerée à café par deux heures.
L'enfant s’assoupit et mourut après avoir ingéré 95,54 de cette potion.
20 grammes de sirop de morphine contiennent 08,01 de chlorhydrate de morphine, ce qui fait, en tenant compte de l'acide chlorhydrique et de l'eau de cristallisation, 88,1 de morphine. La potion contenait 18 cuillerées à café, une cuillerée à café contenait donc 0%8,45 de morphine. L’enfant était mort, après en avoir pris deux cuillerées. Donc il avait ingéré 0£",90 de morphine.
En rapportant la morphine contenue dans la potion à une quantité équivalente de laudanum de Sydenham, on voit que 20 grammes de sirop de morphine correspondent à 05",648 de laudanum, ce qui fait XXIV gouttes. Par conséquent une cuillerée à café de potion contenait 1/18° de milligramme de sulfate d'atropine et une goutte 1/3 de laudanum de Sydenham.
Cetteformuleestrégulière,elle serait bonne pour un adulte; il est hors de doute que, si l’enfant de sept mois avait ingéré la totalité de cette potion, il serait mort intoxiqué par la morphine ; mais l'enfant n'ayant pris qu'une petite partie de cette potion non en une fois, mais en trois fois dans l'espace de cinq heures, il est impossible de dire que la faible quantité de morphine absorbée ait pu entrainer la mort. De plus, au moment où cette potion fut ordonnée, l'état de l'enfant était très alarmant ; il était fort probable que la mort élait due aux progrès de la maladie. Tel fut le . sens de nos conclusions. L'affaire n'eut pas de suites.
La seconde affaire dont je veux vous entretenir est un peu embrouillée, une double erreur ayant été commise.
Soignant un enfant de trente mois des suiles d'une affection pulmonaire qui semble avoir élé une coqueluche, un médecin formule les prescriptions suivantes :
Bicarbonate de soude... . 50 centigr.
Bromure de potassium....... ere 1 gr.
Ilodure de potassium................. 25 centigr. Salicylate de soude FETE 60 — Écorces d’oranges amères............ 30 gr.
Pau de rlallue PEER REC rePre 60 —
et pour, le lendemain, un vomitif ainsi formulé, d'après le médecin :
ATOME ER MNNE ET Te Ne 0 gr. 1 centigr.
Poudre dIDÉCA ere rer c-utrae 10 — SITODÉIPÉCA ere ne TE ee 20 gr.