ANTIPYRINE, EXALGINE, ETC
Si je vous parle de ce médicament, c'est qu'actuellement on a tendance à en abuser, et qu’il n’est pas absolument inoffensif.
MM. Capitan et Gley on£ étudié la toxicité de l’antipyrine suivant le mode d'introduction.
D’après ces auteurs, en injections hypodermiques, la dose Ë toxique est de 15,50 par kilogramme d'animal; en injec-
6 tion intra-veineuse, elle est de 05",645 par kilogramme. Le foie retient une certaine quantité d’antipyrine, aussi la dose toxique est-elle plus élevée quand on pratique l'injection dans la veine mésentérique. Par la voie stomacale, il faut, pour obtenir un empoisonnement, une dose triple de celle qui tue par injection hypodermique (2).
- Cependant il y a eu des phénomènes d'intoxication avec des doses qui semblaient ne rien présenter d’excessif,
A la suite de l'ingestion de 2 grammes d'antipyrine, le
- (1} Brouardel et L'Hote, Intoxication par le chlorale de potasse, mort
de quatre enfants (Annales d'hygiène et de médecine légale, 3me série,
t. VI, 1881, p. 232).
(2) Capitan et Gley, Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1887, p. 703
D' Laroche a vu survenir des vomissements, accompagnés d'une éruption scarlatiniforme.
Une femme de vingt-deux ans, ayant une céphalalgie violente, prit 1 gramme d'antipyrine. Elle ressentit aussitôt des brülements d'estomac, eut des palpitalions, puis survint un érythème généralisé. La malade resta pendant vingt-quatre heures dans un état syncopal.
Le D' Boore(de Leeds) a signalé un cas de mort après ingestion de 2 grammes d'anlipyrine à 3 heures et de 1 gramme à 6 heures. Il est bon de dire que la malade était atteinte d'accidents puerpéraux dont il faut tenir compte pour expliquer la mort.
Des accidents analogues ont été signalés à la suite de l’ingestion de l'exalgine.
Ne pouvant entrer dans le détail de toutes les substances médicamenteuses dont l’ingestion peut occasionner des accidents, je me contenterai de vous en énumérer un certain nombre que je vous conseille de ne manier qu'avec la plus grande prudence. Ce sont : la strychnine; la colchicine; le citrate de caféine ; l’apomorphine ; la santonine.
En général tous les alcaloïdes.
Al. — CaMPHRE.
Je vous dirai, avant de passer à l'étude si importante de la morphine, quelques mots d'une substance qui a joui d'une vogue considérable, au moment de l'apparition de Le méthode Raspail : je veux parler du camphre.
Je fus commis deux fois pour pratiquer l'autopsie de personnes ayant été intoxiquées par cetle substance, qui cependant est considérée comme absolument inoffensive.
Dans le premier cas, à la suite d'une erreur de pharmacien, une personne avail ingéré 4 grammes de camphre. Elle mourut en présentant des troubles cardiaques.
Le deuxième cas est celui d’une petite fille de quatre ans
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