‹ L'exercice illégal de la thérapeutique physiqueChapitre 3 sur 4 · RÉPONSE A LA DISCUSSION · texte numérisé non relu

RÉPONSE A LA DISCUSSION

M. Maurice FAURE. — 19 Il existe en effet des établissements d'instruction reconnus par l’Etat et où l’on forme des masseurs. L'enseignement supérieur est libre. Avec quelques formalités très simples tout le monde peut enseigner n’importe quoi. Mais enseigner n’est pas faire de l’exercice illégal. Pour qu’il y ait exercice 1llégal, 1l faut qu’il y ait soins donnés et reçus. Done, il faut établir d’abord que, dans ces établissements, il y a une consultation, une clinique, où l’on soigne des malades, et ensuite que ce ne sont pas des médecins qui consultent et soignent. Et, même en ce cas, le directeur de l’établissement pourrait revendiquer la responsabilité s’il est médecin, et rendre la démonstration de l’exercice illégal plus difficile. Néanmoins, cette démonstration doit être possible.

20 Dans les établissements thermaux, il y a un directeur responsable. Si des masseurs, doucheurs, baïgneurs, donnent des soins sans surveillance et responsabilité médicale, il y a exercice illégal, et l’on peut actionner le directeur de l’établissement. Mais, s’il y a responsabilité médicale, c’est alors le médecin seul qui peut être poursuivi en cas de faute. Ainsi, j'ai vu 2 fois des accidents (dont l’un faillit être mortel), dans l’étuve de vapeur. Dans les 2 cas, l’étuviste me montra une ordonnance d’un médecin qui le couvrait. En ce cas, il y avait, non pas exercice illégal, mais faute lourde et négligence professionnelle de la part du médecin. En réalité, les médecins thermaux ne devraient pas abandonner à des subalternes (complètement ignorants d’ailleurs) les pratiques thérapeutiques qui sont précisément la spécialité de leur station, et qu’ils devraient eux-mêmes bien connaître et pratiquer le plus possible.

3° Je ne puis comprendre pourquoi le fait de confier un malade à un médecin hydrothérapeute ou masseur paraîtrait difficile, alors que, couramment, nous Confions nos malades au médecin laryngologiste, oculiste, dentiste et aux chirurgiens. La situation est exactement la même. Du reste, ce serait une erreur grave que de croire qu’un médecin qui confie son malade à un masseur non médecin court moins de risque d’être abandonné qu’en confiant son malade à un confrère. C’est exactement le contraire de la vérité, car le malade s’attache bien plus souvent à son masseur qu’à son médecin (fût-il masseur), parce que les explications, les idées du masseur, sont bien plus voisines de celles des malades que ne le sont celles du médecin. Et puis le masseur est plus facile à guider, à assimiler. Il est moins imposant. Il coûte moins cher, etc.

Il me paraît done beaucoup plus prudent (et beaucoup plus honorable) de s'adresser à la loyauté d’un confrère qu’à la « confraternité » d’un masseur. D'ailleurs, adressons-nous nos malades au

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