SCÈNE VI
MINTO, NICOLO
Où courez-vous si vite?
MINTO
Adieu! cher maître, adieu !
Quel transport vous agite ?
Quel projet ?
minto, bas.
Un projet dont j’ai le cœur ravi.
Un complot contre Alix !
MINTO
Un duel contre Fulvi !
Non, je ne puis dompter l’amour qui me possède...
Il maîtrise mes sens, il m’entraîne, je cède.
J’éclate, et veux devoir à quelque extrémité.
Ce que n’ont pu gagner deux ans d’habileté !
D’où naissent ces transports, et que pouvez-vous faire ? C’est un frère...
MINTO
Un rival peut-il rester un frère ?
C’est le plus tendre ami !
minto.
C’est un rival vainqueur.
Il vous aime avec force.
MINTO
Il m’arrache le cœur.
A ces rivalités l’amitié doit survivre.
MINTO
Non! la haine doit naître où l’amour ne peut vivre... Ne m’embarrassez pas de petits sentiments,
Laissez à l’homme nul ces froids raisonnements.