‹ L'exiléChapitre 4 sur 36 · SCENE JV · texte numérisé non relu

SCENE JV

INGLISS, CUDDY , JENNY.

CVDDY.

Si Ton m'avait dit qu'Ingliss était ici , j'aurais bien gage le trouver les bras croisés.

INGLISS.

C'est ça , v'Ià les complimens qui commencent ; eh bien î. . qu'est-c'qni a cueilli toutes ces Heurs... qu'est-c'qui les a apportées ici j non , mais faites-moi le plaisir de me dire qu'csl-e'qui a fait tout cela ?. . c'est peut-être vous?. .

JENNY , doucement.

Ce qu'on en dit. . . c'est par intérêt pour toi.

iNGLiss, malignement.

Oh I . . je sais bien , mistriss , qu'vous ni'portez de l'intérêt!.. {Jennj lui ferme la bouche et soupire). ÇApnrl.) Tiens, ça la fait soupirer I. . (Haut. ) Mais, c'est pas tout ça. . M. Cuddy , j'ai à vous parler. . .

CUDDY

Encore quelque nouveau conte !

INGLISS.

Un conte ! . . c'est bien une histoire toute entière, .' Figurezvous que, coram* j'étais, au bout du jardin , à cueillir mes fleurs , j'vois un grand homme , enveloppé dans un grand manteau , et la tête couverte d'un grand chapeau qui était rabattu sur une grande figure que je n'ai pas vue . . . mon petit ami. . .

CUDDY , l'interrotnpant.

Allons, laisse-moi tranquille.

INGLISS.

Mais , qu'est-c'que c'était que cet homme-là ?

JENNY

Un curieux qui est bien aise de connaître ce qui se passe . . ,

INGLISS.

D'abord j'ai craint que c'fùt un voleur , et l'frisson m'a pris.

CUDDY

Poltron!..

INOMSS.

Ecoutez donc. . . j'n'ai pas été soldat comme vous , moi . . Ma profession c'est d'ctre amoureux. . . ce n'est p^5 mon évA «l'être brave.

r.uDOT .

AIR : l'a (icrille de Blanche

A t'er.harilir, moi. je t'engage j .Aux mililair\s traj)j artient pas Le droit d'avoir , seuls, du courage:

Il en faut dans to\;s les états.

(>heî un peuple à l'IjOTineur sensible, On doit toujours être prêt an combat j 'JVl qui n'est qu'artisan paisib'e Peut demain devenir soldat.

i>jGLiss , regardant Jtunj'.

C'est bon, j'n'aurai pns peur., .mais poltron ou non, on vont est nécessaire. . . Sans moi sauriez-vous Jes bruits qui courent sur les projets d'Olifatîd , le plus cruel ennemi de noire jeun»^ inaîiresse?. . Auriez -vous entendu parler de l'ordre d'exil t|ue l'on prétend qu'il a obtenu du conseil privé , établi dans l'Ecosse , eu attendant le lord-lieutenaut que l'on ne connaît pas encore ?

CUDDY

II n'en est rien.

INGT.rSS.

Ordre d'er.il ,. . qu'il ne meîfra à exécutioTî , assi^re-t-on , contre lord Evandale, qu'après son mariage , parce qu'il faudra bien alors que miss Edith suive son mari en pavs élranjjjer. . et qu'Olifand sei'a délivré de toutes craiiîtcs au sujet de l'jiéri'tage...

CUDDY

Qu'il vienne. . . et que j'aie seulement le temps de couler une balle dans ma vieille carabine , il verra si je le jnanque.

INGI.ISS.

Tons pouvez êirc tranquille, c n'est pas moi qui ppcnlrai sa place. ,.

CUDDY , brusquement. Allons I. . Retourne à to:i poste î. . ,

JENM' , avec douceur.

El poitf CCS fleuri dans la chambre de miss Edilh î. . .

INGMSS.

^n\ , mislrissl.. (A part.) Quelle dirterence de coin- UJandemenl .' . . Esl-eile gentille !. . Son mari a beau dire, il doit tiembler (jueuqu'fois. (// emporte les Jlcurs.)

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