‹ L'expansion coloniale au Congo françaisChapitre 80 sur 98 · CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC

tonnes

Ainsi la zone cotière est restée stei-tionuaire, sauf en ce qui

concerne le commerce des bois. Seule s'est développée la zone de riniérieui* aboutissant à Brazzaville.

L'ivoire, le caoutchouc et les l)ois représentent ensemble en chiffre rond 19/20 de l'exportation et les autres produits 1/20. Si pour terminer on compare l'exportation des produits du cru des colonies suivantes avec le Congo ; on a :

Années Congo Guinée Côle d'Ivoire

Fr. Fr. Fr.

Le résultat n'est pas sans intérêt, car on voit que le Congo a quadruplé l'exportation des produits du cru, que la Guinée, colonie réputée prospère, a triplé cette exportation, et que la Côte d'Ivoire l'a doublée.

En résumé, l'exportation de tous les produits qui viennent d'être énumérés ci-dessus est susceptible de prendre de l'extension, et cette extension peut devenir importante pour certains d'entre eux, comme le caoutchouc, les bois et le cacao, et on peut jusqu'à un certain point ajouter les produits du palmier à huile.

L ivoire (1).

L'ivoire étant un produit de chasse et les quantités livrées au commerce provenant soit d'animaux tués récemment, soit des réserves c[ue les indigènes cachent soigneusement et ne livrent que dans des circonstances particulières, on

.1) Nous devons i\ une obligeante communication de M. Courlet, secrétaire général de la Société d'acclimatation de France, les pages qui vont suivre sur les produits naturels d'exportation

LÉS RÊëULTAtS ÉCONOMIQUES 861

ne peut, comme pour certains produits agricoles ou de cueillette, en augmenter la quantité par une exploitation raisonnée. Il faut donc s'attendre tôt ou tard, après une période croissante, à voir les exportations rester stationnaires et ensuite aller en décroissant, et rien ne peut remédier à cet état de choses. La disparition de l'éléphant est donc certaine dans un avenir plus ou moins éloigné. Notre industrie ayant besoin d'ivoire^ quand toutes les réserves seront épuisées^ on tuera davantage d'éléphants pour la satisfaire, et comme il faut en moyenne les défenses de 60 élrphants pour faire une tonne divQire^ et même plus s^il s'agit d'éléphants de certaines régions, on voit que cette disparition ne sera qu'une question de quelques années lorsque tout l'ivoire proviendra de bêtes fraichement tuées, c'est-à-dire sera ce qu'on appelle de l'ivoire vert.

Ce qui pourrait retarder la disparition de l'éléphant serait la découverte industrielle d'un succédané de l'ivoire qui remplacerait ce dernier pour une foule d'objets, mais cette découverte ne paraît pas devoir être réalisée.

Il a été dit plus haut qu'il faut même les défenses de plus de 60 éléphants pour faire une tonne d'ivoire. En effet, dans le Haut-Oubangui, pays accidenté, les éléphants ont de belles défenses ; les éléphants des régions plates et marécageuses du Bas-Oubangui et du confluent de ce fleuve avec le Congo ont des défenses beaucoup plus faibles, il en faut donc un plus grand nombre pour en fournir la même quantité.

La proportion entre l'ivoire de réserve et l'ivoire vert sortant des régions congolaises par le fleuve n'ayant jamais été faite, il est bien difficile de connaître, même approximativement, la quantité d'éléphants qui disparaissent annuellement

du territoire. On peut cependant dire que l'ivoire vert entre déjà pour une quantité notable dans les stocks provenant du Haut-Oubangui.

En ce qui concerne notre région congolaise proprement dite et la forêt équatoriale, c'est l'inconnu, et c'est sans doute dans les réserves de ces régions que le commerce de notre colonie s'approvisionnera d'ivoire lorsque nous pourrons y créer des voies de communication sérieuses.

En 1903, par exemple, il a été exporté 189.783 kilogrammes d'ivoire^ en admettant que le tiers seulement de cette quantité soit de Tivoire vert et en prenant le chiffre de 60 éléphants pour base, 1.054 éléphants auraient été tués pendant Tannée.

La chasse à l'éléphant se fait parfois d'une façon raisonnée, c'est-à-dire que les chasseurs expérimentés reconnaissent les vieux mâles aux traces qu'ils laissent, et suivent alors ces traces de préférence pour essayer de les atteindre, ou dans un troupeau ne tirent que sur les mâles. Mais il s'agit là de chasseurs ne chassant que pour l'ivoire. Quand la chasse est faite par les indigènes, c'est un véritable désastre qui souvent se produit, car l'indigène vise autant la viande que l'ivoire et il ne ménage rien. C'est ainsi qu'en 1903, chez le sultan Snoussi, un troupeau de 13 à 14 bêtes fut surpris pendant la saison sèche par les chasseurs dans les hautes herbes. Ils réussirent à l'entourer de flammes et à l'aide de ce stratagème à le massacrer. On pourrait trouver un certain nombre de faits analogues.

Années

Exportations

Kilogrammes

Valeur

Fr.

La quantité d'ivoire consommée par l'industrie française pendant la période quinquennale 1900-1904 a été de :

Années

ilogrammes

Valeur Prix

moyen du

Fr.

Fr.

22 gÔ

kg.

Si on totalise ces cinq années on arrive à une consommation de 717.060 kil. et sur cette quantité 102.713 kil. seulement sont de provenance directe de nos colonies, il nous est donc arrivé par l'intermédiaire de l'étranger 614.347 kil. d'ivoire.

Si on met en parallèle, la consommation de notre industrie et l'exportation du Congo on a :

864 LA Mise en valeur de notre domaine congolàîs

Années Consommation de Exportation

notre industrie du Consfo

Kilogr. Kilogr.

On constate par cette comparaison que le Congo seul aurait pu fournir l'ivoire qui nous aurait été nécessaire, et qu'il y aurait même eu excédant, si les exportations avaient pu être dirigées sur la métropole au lieu d'être dirigées sur Télranger.

Caoutchouc.

Le caoutchouc est connu depuis longtemps sur la côte congolaise, car en 1854 notre colonie du Gabon en a exporté pour une somme de 895.790 francs.

En 1872, c'est-à-dire à l'époque où on commençait seulement à exporter ce produit au Rio-Pongo et au Rio-Nunez, régions rattachées alors au Sénégal, on relève encore une exportation de 483,625 francs, le prix de base de l'évaluation étant de 1 fr., c'est donc une exportation de 485.625 kilos.

En 1884, époque à laquelle l'exportation commençait seulement à prendre de l'extension dans la Casamance, le Gabon exportait 561.367 kil. de caoutchouc.

Si on compare maintenant la progression de l'exportation sur une période déterminée que nous prendrons de 1896 à 1903, avec la Guinée et la Côte d'Ivoire, colonies caoutchoutières on a :

Années Congo Guinée Côte d'Ivoire

Fr. Fr. Fr.

Proportion de l'augmentation 4,6 2,9 10,5

Donc pendant cette période le Congo n'a pas doublé son exportation tandis que la Guinée Ta triplée et la Côte d'Ivoire décuplée, et ce n'est pas sans quelque surprise que Ton fait cette constatation. Cependant les forêts congolaises sont riches en essences caoutchoutifères, lianes et arbres^ et en réalité, il n'y a là qu'un fait d^ordre économique particulier qui ne tient en rien à la richesse des forêts.

Comme produit de cueillette, il faut considérer le caoutchouc du Congo comme un produit du plus grand avenir, et on peut sans hésiter dire que son exploitation méthodique ne fait que commencer, tandis que dans certaines colonies de la Côte occidentale d'Afrique comme le Sénégal et la Guinée, l'exploitation va se trouver bientôt dans une situation particulière par suite de la disparition progressive et constante des lianes.

Des voix autorisées ont jeté un cri d'alarme, M. Chevalier, l'explorateur bien connu, pour le Sénégal et la Guinée au cours de la mission qu'il vient d'accomplir dans ces régions (février-octobre 1905), cri d'alarme renouvelé dans le Bulletin du Comité de ï Afrique française (décembre 1905), et M. le D^' Spire dans sa belle conférence du 7 juin faite au Congrès colonial qui se tenait boulevard Malesherbes.

Donc les lianes disparaissent rapidement par suite de Texploitation à outrance dont elles sont l'objet et des mauvais traitements qu^elles subissent au cours de cette exploitation.

Elles disparaissent, et comme toutes les essences productives à long terme, elles ne paraissent pas devoir être facilement remplacées par des plantations régulières que personne ne se soucie d'entreprendre, et tous les moyens de protection de la liane en forêt étant appelés à échouer, la plantation seule pouvant être un remède, il n'est pas certain que l'administration des colonies intéressées puisse faire rapidement ces plantations.

En attendant que les plantations dont Tidée est à peine ébauchée produisent, c'est dans la forêt congolaise que nos commerçants pourront recueillir une partie du caoutchouc nécessaire à notre industrie.

Au Congo, le caoutchouc provient de lianes et d^un arbre qu'on appelle Kickxia elastica^ vulgairement Iré.

Là comme ailleurs, il faut s^attendre à voir les lianes disparaître par l'exploitation, avec cette différence que la colonie ayant devant elle une réserve sérieuse, elle peut dès à présent prendre les dispositions nécessaires pour atténuer cette disparition.

Mais à côté de la liane la colonie possède le Kickxia (Iré) qui est un arbre, par conséquent beaucoup plus résistant, qui peut être avantageusement exploité et dont l'exploitation peut être de très longue durée selon le soin qu'on mettra dans les saignées. Si le caoutchouc du Para n'est pas prêt de disparaître, c'est parce que ce sont de grands arbres qui le produisent, et qu'on ménage sérieusement ces arbres.

Sur le fleuve on a remarqué l'Iré de 1*^ de latitude sud jusqu'à Bangui 4o20 environ de latitude nord, soit en chiffre rond sur un parcours de 5" en latitude.

Il est vraisemblable que toutes les régions forestières

situées sous ces latitudes possèdent cette précieuse essence car elle existe dans les mêmes conditions sur la Sangha et sur le Haut-Oubangui, et M. Spire l'a signalée au voisinage de Libreville.

Années

Exportation

Kilogrammes

Valeur

Fr.

La consommation de l'industrie française en « caoutchouc et gutta bruts ou refondus en masse » pendant la période quinquennale de J900 à 1904 inclus a été de :

Années

Consommation

Provenant de nos colonies

Kilogr.

Kilogr.

Les bois.

Les bois des forêts congolaises deviendront certainement un produit d'exportation sérieux. Ils sont encore mal connus et si certains d'entre eux sont peu estimés dans Tébénisterie,

LA xMLSE EN VALEUR DE NOTRE DOMALNE CONGOLAIS

il en est d'autres qui peuvent trouver une bonne place dans cette industrie. Pour faire connaître les différentes essences susceptibles d'être avantageusement utilisées, il y a évidemment un effort sérieux à faire. Non seulement il faut que ces essences soient parfaitement connues, mais aussi il faut que leur mode d'exploitation permette de les expédier dans de bonnes conditions commerciales. Actuellement on n'exploite que la côte et les rives des cours d'eau où par le flottage on amène les billes au lieu de l'embarquement. L'embarquement se fait d'une façon rudimentaire et par conséquent très coûteuse, car pour embarquer une trentaine de billes, le navire qui les embarque passe toute une journée pour faire l'opération.

Ce n^est que par la connaissance exacte de la qualité des bois, le développement de l'outillage dans les exploitations, les moyens économiques de transport et d'embarquement, que les forêts congolaises verront leur exploitation se développer et pourront fournir à l'exportation une quantité sérieuse de produits. Les exportations relevées en valeur sont les suivantes :

Années

Valeur

- Fr.

En 1903, les exportations se décomposent ainsi :

Kilogr.

Fr.

Bois d'okoumé ....

Bois d'ébène

Autres bois d'ébénisterie .

Bois de teinture, jaune. .

Bois de teinture, rouge. .

Totaux . .

Cacao,

Si comme produit de cueillette le caoutchouc est un produit d'avenir pour le Congo, il en est un autre sur lequel il convient d'attirer particulièrement l'attention, non comme produit de cueillette, mais comme produit agricole susceptible de prendre par la culture un développement considérable, c'est le cacao.

Le cacaoyer rencontrant au Congo le climat et le sol qui lui sont nécessaires^ aucune raison sérieuse ne s'oppose au développement méthodique de la culture de coproduit, développement quia été tenté avec succès dans certaines colonies étrangères voisines et en particulier à Gold Coast.

En 1890, aucune exportation de cacao ne se faisait de Gold Coast (statistique Aug. Chevalier, Bulletin du Comité de r Afrique française^ décembre 1905) et il n'est pas sans intérêt de comparer pendant une période déterminée les exportations de cette colonie et celles du Congo :

Années

Gold Coast

Congo

Kilogr.

Par la comparaison de ces chiffres, on voit de suite que Feffort initial fait pour développer la culture du cacao dans le Congo est bien petit comparativement à celui de Gold Coast, puisque pendant la même période que nous prendrons de 1896 à 1903 inclus, au Congo en chiffres ronds la production n'est que décuplée tandis qu'à Gold Coast elle atteint presque 60 fois celles de 1896.

Mais pour que cet effort initial soit réellement comparable, il y a lieu de tenir compte de l'état respectif des deux colonies au moment où cet effort a commencé à se produire.

Il y a plus de cinq siècles que des navires normands à la recherche de l'ivoire et de la poudre d'or, abordèrent à la côte de l'Or (aujourd'hui Gold Coast). Depuis cette époque reculée cette* région fut toujours fréquentée par les Européens : Français, Portugais^ Hollandais, Anglais, et même les Allemands, attirés là par Tapport du précieux métal cherchent à s'y maintenir en créant de nombreux points fortifiés. Finalement les Anglais restèrent les maîtres, et après des luttes sanglantes contre les indigènes ils purent exploiter le pays qu'ils avaient tant convoité.

La présence de l'or provoqua des initiatives hardies, des

capitaux nombreux furent engagés, et quand on s'aperçut dans la colonie que l'or n'était pas tout, cette colonie était suffisamment préparée et pouvait reporter tout ou partie de son effort sur d'autres produits.

Le cacao fut un de ces produits^ et la rapide augmentation des exportations montre l'intensité avec laquelle sa culture fut préconisée et propagée.

Au Gabon, il ne s'est rien passé de semblable car l'or n'y existait pas. Il y a eu évidemment depuis notre prise de possession un effort considérable de fait, mais cet effort s'est presque entièrement porté sur la connaissance géographique de l'immense territoire du Congo, et dans cet ordre d'idées, nos explorateurs furent entraînés jusqu'aux confins de l'Oubangui et au Tchad.

Mais la période des découvertes est passée et nous commençons seulement à entrer dans la période de l'exploitation méthodique. L'effort qui reste à faire pour que cette exploitation devienne rapidement fructueuse est bien moindre que celui qui a été fait, et l'augmentation lente mais continue de l'exportation des produits du cru démontre que cet elTort peut acquérir l'intensité nécessaire pour le développement des produits d'avenir tels que le caoutchouc et le cacao.

La consommation française du cacao pendant la période quinquennale de 1900 à 1904 a été de :

Années

Consommation

Provenant de nos colonies

Kilogr.

Kilogr.

Totaux.

La comparaison des totaux montre que nos colonies ne nous fournissent en chiffre rond que le vingtième du cacao qui nous est nécessaire et que nous sommes tributaires de l'étranger pour les dix-neuf autres vingtièmes. Nos comptoirs du Congo peuvent donc être certains de l'écoulement du cacao qu'ils pourront acheter auprès des indigènes qui se livreront à la culture du cacaoyer.

Café,

A côté du cacao, comme autre produit agricole, il y a le café. Quoique l'exportation de ce produit soit assez restreinte, il faut néanmoins l'encourager, car la consommation de café est considérable en France, et nos colonies ne nous en fournissent qu'une très minime quantité. Les exportations sont les suivantes :

Années

Exportation Valeur

Kilogr.

Fr.

Consommation française pendant la période quinquennale 1900-1904:

Années

Consommation

Provenant de nos colonies

Kilogr.

Kilogr.

Les produits du palmier à huile.

Les produits du palmier à huile qui sont de l'huile de palme et l'amande de palme ou palmiste, sont des produits de cueillette qui ont une certaine importance pour le Congo, car non seulement on les exporte, mais ils servent encore à Talimentation des indigènes, au graissage des organes moteurs des vapeurs circulant sur les cours d'eau, et à la fabrication du savon, fabrication qui vient d'être tentée à Brazzaville même.

On ne saurait donc trop recommander le palmier à huile, et il faut ménager les arbres en forêt et encourager la reproduction de cette intéressante essence partout où la facilité des communications en permet l'exploitation commerciale.

La valeur de l'huile de palme et des palmistes ne leur permettant pas de supporter un transport trop coûteux pour arriver aux points d'embarquement, la zone où ils sont exploités est relativement restreinte. Mais il faut espérer que dans un temps assez court, des moyens économiques de communication seront créés, et qu'on arrivera ainsi à exporter avantageusement une bonne partie des produits du palmier à huile. Les exportations sont les suivantes :

Amandes de palme

Années

Exportation

Valeur

Kilogr.

Fr.

Consommation française pendant la période quinquennale 1900-1904 :

Années

Consommation

Provenant de nos colonies

Kilogr.

Kilogr.

Années

Huile de palme

Exportation Valeur

Kilogr.

Fr.

Consommation française pendant la période quinquennale 1900-1904:

Années

Consommation

Provenant de nos colonies

Kilogr.

Fr.

. 15.011.485 Piassava.

Un produit de cueillette dont il faut encourager l'exportation est le piassava. Quoique la valeur des fibres de piassava ne soit pas bien élevée, ces fibres constituent néanmoins un appoint d'une certaine utilité économique. Pour qu'une opération commerciale soit fructueuse, il faut que les navires qui apportent dans la colonie les produits de notre industrie emportent en échange d'autres produits en quantité suffisante pour que le prix de revient du fret, importation et exportation, ne soit pas trop élevé. Les bois^ le piassava et d'autres produits similaires, non seulement fournissent à notre industrie des éléments d'activité, mais constituent aussi un fret de retour qui contribue à faire baisser le prix du transport des marchandises importées. 11 faut donc encourager et préconiser l'exploitation de ces sortes de produits :

Les exportations de piassava sont :

Années

Exportation

Valeur

Kilogr.

Fr.

Gomme copal.

Les exportations de copal tant blanc que rouge, tendent à prendre une certaine importance, ces exportations sont les suivantes :

Années Exportation Valeur

Kilogr.

Fr.

Kola,

La noix de kola est très abondante au Congo, mais n'appartenant pas à la même espèce botanique que la noix de kola de Guinée, elle jouirait de propriétés moins actives

que cette dernière. Cependant on peut dire que ses propriétés sont mal connues, car jusqu'à présent, il ne semble pas qu'on ait envoyé en France des quantités suffisantes de noix fraîches pour la faire sérieusement étudier.

On est en général obligé de s'en rapporter pour l'appréciation des qualités de cette noix aux dires des gens ayant l'habitude de consommer la noix de kola de Guinée, tels que par exemple les Sénégalais que nous employons comme tirailleurs ou comme ouvriers dans le Congo, et de certains Européens qui né sont peut-être pas toujours qualifiés pour apprécier la différence d'activité des deux espèces. Quoi qu'il en soit, comme il est vraisemblable que la noix de kola du Congo contient les mêmes éléments que celle de Guinée, mais à une dose plus faible, si le fait était bien démontré, il n'y aurait là qu'une différence de prix de vente à établir et elle pourrait être exportée.

L'exportation en a cependant été tentée, mais il est fort probable que dans les pays de consommation, on a voulu la vendre le même prix que celle de Guinée, et que c'est pour cela qu'elle ne s'exporte plus. On relève les chiffres suivants :

Années

Exportation Valeur

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