‹ L'expansion de la FranceChapitre 2 sur 67 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis une dizaine d'années on a beaucoup fearlé, beaucoup écrit dane notre pays pour et fcontre la «politique coloniale ».

Dans le môme temps !a France a considérablement augmenté son domaine d'outre-mer.

«Empire » : elle s'est établie en Tunisie, en ^nnam, auTonkin, Si Madagascar; elle a acquis ges territoires en Afrique.

Ces agrandissements, — cotte expansion, — n'ont rallié jusqu'à ce jour ni l'unanimitL- des Chambres ni celle du pays.

L'opinion publique applaudissait à nos victoires, acclamait nos soldats, puis en môme temps, par une évidente contradiction, elle écoutait et parfois suivait ceux qui, devant elle, condamnaient la H politique coloniale)». On lui disait

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alors que la France était inhabile a coloniser, que ses colonies nouvelles ne lui serviraient de rien, que la « politique coloniale », inutile en soi, compromettait, d'autre pari, noire sécurité en Europe.

Les esprits élaient à ce point égarés que Ton vit en 1885 des représentants du pays réclamer au Palais Bourbon « l'évacuation duTonkin ».

Les temps sont passés où une semblable proposition pouvait être formulée. 11 est même permis de dire qu'un revirement se fait dans l'opinion lorsqu'on voit combien a été favorablement accueilli, il y a quelques mois, le vole d'une loi douanière indispensable au développement de la Tunisie et combien la France a paru tenir à réclamer sa part dans les récents partages de l'Afrique.

Et, cependant, les Chambres ont refusé hier au Tonkin les sommes indispensables à sa mise en valeur, croyant faire assez en réglant l'arriéré de ses dépenses ; — le gouvernement tarde toujours à suivre résolument une « politique coloniale », à donner, sur divers poinls, Teffort nécessaire !

Pourquoi les membres du Parlement sont-ils

liNTRODUCTiON.

imides ? pourquoi l'opinion publique pa- •att-elle hésiter encore ?

C'est, d'djjord, parce que certains hommes ont icrît la rondamnation de la << politique coloàiale » au nombre des principaux arlicles de fiur programme de politique intérieure; c'est, tnsuite, parce que l'on a cru souvent que cette ïolilique était chose nouvelle, les arguments présentés pour sa défense improvisés, superficiels.

Ce sont là, de graves erreurs I La « politique lolotiiale » ne doit, ne peut pas être inscrite sur in programme de pnUlique intérieure^ car elle ibI bien au-dessus des disputes des coteries et (es groupes ; elle est indiscutablement une part te noive^ politique extériewe, de la, politique natiolale. La « politique coloniale >» n'est pas non plus me chose nouvelle, car elle est aussi vieille que lOire <■ politique européenne» même; l'histoire fila "France coloniale» se confond avec l'his-

ire de la n France continentale »,

Les pages qui suivent ont été écrites pour ralier et convaincre les esprits hésitants, leur onner une conceptiontrbsnelte des destinées de a France dans le monde.

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