‹ L'expansion européenneChapitre 69 sur 160 · ESI'. ECU · texte numérisé non relu

ESI'. ECU

a les termes géographique:; :

I Bai, 0, grand.

Ko, petit.

| Kuro. noir.

Shira. blanc.

L'IÏXPANSIO^ EUROPÉENNE

rait inexact de leur supposer quelque préférence ou quelque sympathie particulière pour telle ou telle nation, bien qu'on ait prétendu que, par leur esprit et leur caractère, ils aient une certaine affinité avec la France. Les Japonais sont les amis de tout le monde, et l'on peut dire qu'ils ont été les enfants gâtés de l'Europe, reçus, accueillis, recherchés même partout. Leur petite taille ne leur donne pas, en général, une grande prestance extérieure. Ils savent y suppléer par la souplesse de leurs manières, la finesse et le tact de leur esprit, par une certaine grâce insinuante. On leur attribue une grande facilité d'assimilation; mais l'on prétend qu'ils n'ont pas assez de vigueur intellectuelle pour progresser par euxmêmes et pour donner un développement personnel aux connaissances dont ils viennent emprunter les principes à l'Occident. Qu'en sait-on encore? Ce peuple est jeune, aimable, avide de savoir, insaisissable, flottant dans ses affections, ambitieux dans ses aspirations et dans ses rêves. Ce sont la des défauts inhérents à la jeunesse. Il faut ajouter encore à son portrait moral, des goûts artistiques, une grande affabilité d'accueil, une naïveté de mœurs, signalée par la plupart des Européens qui ont résidé au Japon, et aussi éloignée de la licence que du rigorisme.

L'élégance un peu précieuse de leur extérieur se retrouve, dirait-on, dans le dessin même de celte longue suite d'îles, aux rivages curieusement fouillés, groupées les unes au-dessous des autres, comme les plis des étoffes dans lesquelles se drapent les dames japonaises, et dont l'ensemble constitue l'empire insulaire du Japon.

Japon est un mot européanisé, dont l'c'lvmologic parait fort incertaine, et qui n'est, à coup sûr, qu'une notation incorrecte de quelque intonation perçue par les premiers voyageurs. Les Japonais appellent eux-mêmes leur empire : Nippon, ce qui veut dire le pays du soleil levant, mais ils ne donnent pas à celte expression la valeur d'une synthèse géographique.

Il y a quatre grandes îles, qui sont : Hondo (la Terre principale} ; Kiu-sbiu (les neuf provinces) ; Shi-koku ((es quatre contrées); I (ou Yeso) (le Pays des sauvages).

Ces terres se prolongent, au nord, par le collier des lies Kouriles1 ou Chi-sbiroa (les mille îles), comprenant environ îjO lies volcaniques (300 hab.), qui ont été échangées avec la Russie en ISIS, contre l'Île Sakhalin. Elles se prolongent, au sud, par celui des lies Riu-Kiu (ou Okinawa), 36 lies, formant autrefois un Ëlat tributaire de la Chine et du Japon, annexées en 1872.

Les Iles Ogasawara-shima (lies Bonin), d'origine volcanique, forment un groupe séparé, a i ,000 k. du Japon. Prises par les Anglais cd 1827, rendues en 1860, elles sont peu habitées (130 hab. env.).

Comme étendue, Hotido est comparable à la Grande-Bretagne; Sliî-kcku et Kiu-shui représentent les deux tiers de l'Irlande. Les autres iles ont peu d'étendue. Éso est habitée par une population sauvage, les Aïnos, que l'on regarde comme les aborigènes de l'Asie orientale et dont on retrouve des familles dans les montagnes de certaines parties de la Chine et de l'Indo-Cliine.

Le Japon, dont les terres principales se trouvent entre 30 et 40 degrés de latitude nord, jouit d'un climat tempéré, en général de 4 degrés plus froid que celui de l'Europe, à latitude égale; ainsi Tokyo, qui est à la latitude de Gibraltar, a la même température moyenne que Marseille.

Les lies japonaises sont formées par plusieurs plissements, dont les principaux sont orientés du nord au sud.

Leurs côtes orientales forment les berges d'un bassin océanique très profond, tandis que les côtes occidentales sont séparées du continent par des mers peu profondes.

Les sommets sont souvent volcaniques et dépassent, par quelques points, les altitudes de 3,000 mètres. Le volcan Fousi-yanm (Hondo) est à environ 3,770 m. d'altitude. Mais on ne trouve dans ces montagnes, ni sites sauvages, ni gorges désolées; les formes en. sont presque toujours adoucies, et les hauteurs sont couvertes de verdure; aussi l'ensemble du paysage japonais est-il plutôt joli que grandiose. Les cours d'eau sont de peu d'étendue.

Avant la révolution de 1868, l'Empire était divisé en 84 provinf*- Pour rompre avec les anciennes traditions féodales, il a élé" ~»iaé depuis en 41 ken (ou départements) et en 3 fou (ou districts de résidence), qui sont Tohjo, Osaka, et Syoto.

Kouriles, d'un mot russe qui signifie fumer ; 52 volcans, dont 0 ei

II comprend dix régions ou îles principales :

Hondn.. . . . 28, 000,000 hab.

Awadji 181,000 —

Sado... 105,000 —

Oki.. 31,000 —

Kiu-shiu.. 5,300,000 —

Iki 31,000 —

Teu-shima 31 ,000 —

Sbi-kokn S,66ii,000 —

Éio et Kourile*. ... 178,000 —

Okinawa (Biu Kiu; 339,000 —

Qganawara-Bbiioa ;lles BoniD) 130 —

Population en 1882 : 36,000,000 d'hab.; superficie 382,000 k Population en 1880 : 38,500,000 hab. env., dont env. B,300

12,000 AInos (aborigènes Je l'Ile d'Ézo].

Les principales tilles sont :

Kyoto

Nagoya

On compte en outre, 1D villes de plus de 40,000 hab.

Notes historiques sur le Japon.

Les habitants primitifs, de ia race des Ainos, furent refoul£& dans le nord des lies par les invasions chinoises et malaise ^s Les annales du Japon ne remontent d'ailleurs qu'au vuB siée ~^-* av. J.-C. — L'archipel fut découvert en 1542 par les Port"»-* gais, et presque aussitôt, en 1519, saint François Xavier ^S* commença, avec grand succès, l'évangéïisation.

Des difficultés, suscitées par la rivalilé des étrangers, amen rent une sanglante réaction. Les étrangers furent expulsés , l'exclusion de quelques Hollandais, qui renièrent leur religi et furent, d'ailleurs, parqués dans un îlot de Nagasaki.

Les premiers traités de commerce ont élë conclus, en 1854, a"^e* les États-Unis, en 1855 avec la Russie, en 1858 avec la France* **1 l'Angleterre, et successivement avec les autres États européens.

Une escadre frauco-aiiglaise fit une démonstration, en 1805, JvJ- **5 le délroil de Simonoseki. De nouvelles conventions turent sigi» ^ *""*s en 1866.

nier-» ■- [ses » * ligL *J°

Huit ports sont ouverts au commerce extérieur :

Tokyo. I Ùsaka, I Niigata, I Bakodaté,

Yokohama, \ Hiogo (Kobé), \ Nagasaki, \ Ebisu.

On a construit de nombreux chemins de fer. La circulation est très active, et si, dans 1'intfirieur, on oppose aux commerçants européens ou américains et aux missionnaires, des entraves, jusliiïi'rs peut-être, les hommes d'étude, les simples touristes jouissent, au contraire, de facilités très grandes.

Le Japon fait partie de l'union postale universelle. Des télégraphes fonctionnent dans tout l'empire.

La religion la plus répandue est le bouddhisme, dont la doctrine a été fort corrompue. La caste sacerdotale est riche et nombreuse.

L'ancienne religion nationale, ou Sintô, a des temples, mais pas de prêtres. Elle consiste dans un culte très simple rendu aux âmes des morts et aux forces de la nature.

Le christianisme a été introduit, en 15S9, par saint François Xavier. Les conversions furent d'abord nombreuses. On comptait 130,000 chrétiens en 1381; mais le christianisme fut proscrit en 1614 et les chrétiens persécutés'.

La liberté des cultes a été accordée depuis 186S ; mais les efforts des missionnaires se heurtent à une Grande indilFOrence. On compte environ 13,000 luthériens, 26,000 catholiques romains, 13,000 orthodoxes grecs.

Jusqu'en 1867, le mikado, souverain temporel et spirituel, restait invisible et inaccessible; les empiétements du siôgoun (laïcoun), sorte de maire du palais, avaient tellement diminué son autorité, que les puissances étrangères ne s'étaient pas rendu un compte exact de son rôle dans l'État, et ne traitaient qu'avec le siogoun. Celui-ci n'avait pourtant lui-même qu'une influence relative, très combattue par l'opposition des daimios, chefs suprêmes des provinces, propriétaires du sol, disposant de flottes et d'armées particulières. Les daïmios contestèrent au taïcoun le droit de signer les traités sans l'assentiment du

î en

mikado. Il en résulta une guerre intestine qui déchira le pays et amena, plusieurs fois, l'intervention des flottes étrangères pour maintenir l'intégrité des conventions.

Enfin, le parti du mikado l'emporta, et celui-ci, apparaissant tout à coup en scène, en 18G8, ratifia les traités, abolit les anciens droits de féodalité, détruisit les privilèges des daïmios, qui no furent plus que de simples gouverneurs révocables, affirma l'unification de l'empire, et, pour montrer que ces changements étaient irrévocables, il inaugura une ère nouvelle (nengo), dont la première année fut 1868, et transporta sa résidence de Kyoto à Tokyo- Une dernière et sanglante insurrection fut domptée 1876-1877.

L'unification de l'empire est réalisée depuis cette époqm

Par suite de sa position insulaire, le Japon se trouvait plus facilement accessible que les autres États asiatiques à la civilisation occidentale. Il s'est transformé, en eflfet, avec une soudaineté merveilleuse, et, déjà, songe à une expansion extérieure.

En 1874, le Japon envoya une eipiviifion à Formose pour punir certaines violences de pirates ; il intervint aussi en Con';e. Il parait attentif à tontes les occasions qui lui permettront de manifester sa puissance militaire, et il a môme semblé, lors des difficultés entre la France et la Chine, qu'il eût été disposé, si la guerre avait pris plus d'extension, à proposer sa coopération, non sans espoir d'obtenir quelque importante compensation.

L'alliance du Japon ne serait certes pas à dédaigner dans une guerre maritime en Extrême Orient. Il offrirait aux vaisseaux des abris, des ravitaillements, du charbon, un point d'appui, qui serait plus particulièrement précieux pour I (loties, soit françaises, soit allemandes, qui n'ont aucun p national dans les mers septentrionales de la Chine.

Son armée, organisée à l'européenne, compte sur le pied de pi 3,000 officiers et 60,000 hommes.

La flotte a environ 31! navires de combat, dont 4 cuirassés.

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