I. H. Cordier, Hist. des Bel., I, p
a. Correspo/idence relative to the Earlof Elgin's Spécial Missions io China and Japan^ iSô^-iSô^.
l56 DÉPART DE LORD ELGIN
laient.des germes de grave mécontentement. Sans entrer dans l'examen des causes qui amenèrent le terrible soulèvement de 1867, ce qui nous entraînerait hors des cadres de cette histoire, disons qu'à diverses reprises l'armée indigène avait donné des signes d'insubordination, et qu'un motif de peu d'importance en apparence fut la cause de la conflagration générale: les soldats s'aperçurent, lorsqu'on voulut les munir du nouveau fusil Enfield, que l'on s'était servi pour les cartouches de graisse de vache et de porc considérée comme impure par les Hindous et les Musulmans. Au mois de mai 1867, 85 hommes qui avaient refusé d'accepter les cartouches furent traduits devant un conseil de guerre à Meerut, au N.-E. de Delhi, et condamnés à la prison ; ce fut le signal de la révolte qui éclata soudaine, terrible, dans l'après-midi du dimanche 10 mai 1867 ; des provinces du Nord-Ouest et d'Oudh jusqu'au Bengale, elle s'étendit comme un torrent de feu dont les flammes éclairaient le massacre des Européens sur son cours tumultueux. Comment Havelock et Outram, puis sir Colin Campbell (16 novembre 1867) délivrèrent Lucknow défendu contre les rebelles par Sir Henry Lawrence, comment Nicholson s'empara de Delhi et fit prisonnier le grand Mogol, Bahâdur Chah, comment Oudh fut pacifié par Campbell, devenu lord Clyde, ne peut être raconté dans ces pages. Qu'il nous suflSse de dire que les troupes du général Ashburnham prirent une part importante dans la lutte et qu'elles contribuèrent au succès final, peut-être en décidèrent-elles.
Nous ne saurions trop admirer la décision avec laquelle lord Elgin prit le parti de détourner vers l'Inde les troupes à destination de Chine. Être capable d'une semblable initiative, savoir assumer une aussi grande responsabilité, donne la mesure de la valeur morale d'un homme. Le jour où Elgin répondait au cri de détresse de Canning, l'Angleterre, fière de son fils, pouvait dire qu'il avait bien mérité de la patrie. Lord Malmesbury a écrit, avec juste raison : « Lord