Cf. réponse h lorc| Elgin, Blue Book^ pp
I BiRON GROS 38 1
Leurs Majestés l'Empereur des Français cl la Reine d'Angleterre, et du Représentant des Ëtats-Unis.
En conséquence de ces instructions communiquées à Saint- Pétersbourg à M. le Comte de Mornj, j'ai l'honneur d'informer V. E. que je ne manquerai pas d'adresser de ma part, simultanément avec Elle et LL. EE. Lord Elgin et M. Reed, au Conseil Suprême de l'Empire Chinois une communication tendant h lui Taire voir toute la nécessité d'envoyer à Chang-Haï de hauts fonctionnaires munis de pleins pouvoirs pour négocier avec les représentants des quatre Puissances.
Je partage l'opinion de V. E. que les demandes de l'intérÈl général sont l'établissement des relations diplomatiques régulières avec la Gourde Pc-Ring, l'extension du commerce étranger en Chine, et la liberté de conscience accordée à tous les Chrétiens.
J'aurai l'honneur de vous faire parvenir au plus tàt possible, une copie de ma communication au Gouvernement chinois, et j'espère que vous trouverez mes exposés conformes aux vues de V. R.
Dans cette note au Conseil Suprême, j'ai l'intention de parler aussi comme V. E. le fait dans la sienne, des aiïaires qui con~ cernent spécialement la Russie et la Chine telles que la nécessité de régler nos questions de frontières, et celles qui se rapportent à la destruction par les Chinois de notre factorerie à Tarbagatal, ville de la Chine Occidentale.
V. E. n'ignore pas que, contrairement aux stipulations de notre Traité de i-jaS'. le Gouvernement Chinois a décliné de me recevoir à Pe-King. J'ai informé mon Gouvernement de ce refus, et j'attends de nouvelles instructions h cet égard. Mais comme il est de mon devoir de poursuivre mon but par les moyens pacifiques, je profite avec empres,sement de l'occasion que V. E. vient de m'olTrir de renouveler mes représentations k la Cour de Pe-King avec plus de chances de succts, et je m'estime heureux d'ajouter mes efforts aux vôtres et à ceux de LL. EE. Lord Elgin et M. Reed, pour lAcher de réaliser le désir universel de voir la Chine ouverte à la bienfaisante influence des nations civilisées.
Veuillez agréer, M. le Baron, mes plu» sincères remerciements pour la franchise que vous avez bien voulu me montrer en trans-
I. Traita signé en i-,i', par le comte Sava Viadislavîlch. — Cf. mon llhl. dfs llel. lie In Chine. 1. p. Si),
mettant tous les renseignements sur vos démarches précédentes, ce qui me permet d'agir en pleine connaissance de cause. Je ne ne puis qu'admirer l'esprit de modération et de conciliation dans la marche suivie par V. E. et Lord Elgin envers la Chine.
11 serait heureux que les^ événements récents soient justement appréciés par la Cour de Pe-Ring. et qu'elle se décide à entrer dans des négociations conciliantes, sans qu'il fût nécessaire de recourir de nouveau aux armes.
Je saisis cette occasion, etc.
(Sig.) : Comte Poutiatine.
Le 9 février, le comte Poutiatine envoyait au baron Gros la copie de sa note au Conseil suprême de l'État à Pe-King ; faute de temps, elle était rédigée en anglais seulement ; c'est un document remarquable dont le fond avait été probablement préparé dans la Chancellerie de l'Empire à Saint- Pétersbourg. Lord Elgin écrivait* : « Nous avons la lettre de Poutiatine pour Pe-King ; elle est très bien ; peut-être la meilleure de toutes. »
NOTE ADRESSÉE AU CONSEIL SUPRÊME DE l'eMPIRE CHINOIS