I.ETTRK DE IIKNG-FOU
Le général de Montaubaii icndail compte au baron Gros de la prise des forts de Ïa-Kou par la lettre suivante :
Extrait d'une lettre de M. le général de Montauban, adressée à M. le baron Guos et datée du quartier (jénéral de Sin- Ho, le 2 2 août 1860.
M. LE Baron,
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre d'hier et de vous annoncer la prise complète des forts du Peï-ho, rive droite et rive gauche.
Ainsi que vous avez pu le voir hier, notre drapeau a flotte le premier sur le fort intérieur de la rive gauche, après une défense héroïque des Chinois.
Lorsque nos troupes ont monté à l'assaut, ils se tenaient devant les créneaux, arrachant les échelles des mains des assaillants et repoussant ceux-ci à coups de piques, flèches et de fusils. Malgré cette vigoureuse résistance et des obstacles les plus difliciles à vaincre, nos braves soldats se sont emparés de ce fort, non sans quelques pertes, car il est impossible qu'il en soit autrement. Une qviantité considérable de Chinois et de Tartares ont été tués et parmi eux le général en chef tartare, dont nous ignorons encore le nom.
Cette mort explique un fait qui était resté pour moi h l'état d'énigme, c'est qu'après la défense si énergique du premier fort, les Chinois ont cessé de se battre et nous ont laissé arriver jusqu'au second fort, en traversant un terrain que leur artillerie des deux rives pouvait balayer.
Arrivés, sans coup férir, au deuxième fort de gauche, le général anglais et moi nous avons envoyé M. Parkes, l'interjjrèle, avec deux officiers de chaque nation pour sommer le gouverneur du Pe ïche-li de nous remettre les forts de droite. Il a longuement disputé le terrain, offrant d'abandonner d'abord les deux forts de gauche et de faire ouvrir vm passage sur la rive gauche pour nos bâtiments légers. Nos officiers avaient l'ordre de n'accepter que la reddition complète des forts et la destruction de tous les obstacles, qui se trouvaient dans la rivière. Enlin, après deux heures de discussion, le vice-roi a tout accordé, en versant des larmes, il a même promis de livrer les forts du sud et de faire connaître les mines et les obstacles cachés de la rivière. Il a
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(loiiiiindt'' sfulcinonl (|u'on lui pormil do l'aire enlever le corps du i^i'-m'-ral en tlK'f tartare, tué dans le premier fort. C'est ainsi que nous avons appris la mort de ce grand personnage. Mes hommes, entn'-s les premiers dans le fort, m'avaient fait hommage d'une plume de paon trouvée sur un bonnet, c'était peut-être le sien, mais il ne portait aucune autre marque distinctive.
Latte, par lequel le vice-roi nous fait cession des forts, est adressé collectiveinenl aux généraux en chef et aux amiraux. Je crois, Al. le liaron. qu'il serait bon que nous en eussions l'orii,Mnal comme les Anglais. 11 n'v a qu'imc seule lettre et je crois qu'ils la garderont.
Je vais m'occuper d'organiser notre marche sur Ïion-Tsin. où je me rendrai dès que vous m'aurez fait connaître si la prise des forts met (in à la guerre ou si le Gou\erneraent chinois compte encore nous opposer quelque résistance, lorsque nous marcherons sur T'ien-ïsin.
L'une des causes qui ont contribué à la reddition du dernier fort du nord a été la terrible impression produite s,ur 1 esprit des Chinois |)ar le feu de nos canonnières, qui ont puissamment contribué à notre opération sur ce fort.
Nous avons fait :),ooo prisonniers et pris un très grand nondjre de très beaux canons, dont |)lusieurs sont anglais.
Veuillez agréer, etc.
(Sig.) G. de MOXTALBAN '.
Celte lettre fut transmise [)ar le baron Gros au Ministre des Ailaires étrangères.