‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 146 sur 236 · REPONSE DU BARON GROS A KOUEI-LIANG · texte numérisé non relu

REPONSE DU BARON GROS A KOUEI-LIANG

T'ien-Tsin, le 28 aont 18G0.

Le Soussigné, etc., etc., etc., a reçu hier la lettre que S. Exe. le Haut Commissaire Roueï-Liang lui a fait l'honneur de lui écrire le 25 de ce mois, pour lui annoncer qu'ayant reçu de Sa Majesté le sceau de Commissaire Impérial, il allait arriver à T'ien-Tsin pour s'occuper, de concert avec Son Exe. le Gouverneur Général du Pe Tche-li, et le Soussigné, de l'échange des traités et de la solution de chacun des articles de l'ultimatum présenté par la France au Gouvernement chinois, dans le mois de mars dernier, clauses, ajoute Son Excellence, qui peuvent toutes être arrangées à l'amiable.

Le Soussigné, en recevant cette importante communication, veut se féliciter d'abord d'avoir encore pour collègue, pendant la seconde mission qu'il remplit en Chine, l'homme éminent qui avait négocié avec lui le traité de T'ien-Tsin, signé en i858, et il accepte avec plaisir les assurances cju'il lui donne que loules les clauses de l'ultimatum pourront être concédées à l'amiable. Malheureusement une pénible expérience n'a que trop prouvé que la parole donnée et les engagements pris par le Gouvernement chinois ne sont pas toujours scrupuleusement tenus, et il faut maintenant que des faits accomplis ou des garanties matérielles

I. Pour copie conforme à la traduction française, sig. B"" Gros 3. IHiie Bon/;, p. i5i.

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suiïisanlos vionnonl assiiicr pour l'avonir les intcrcts qu'il s'agit de |)rol(''uor.

Le Soussifïné veut donc, avant toute cliose, bien préciser la position dans laquelle se trouve aujourd'hui la question actuelle et il le fera aussi succinctement que possible.

A la suite des événements qui ont eu lieu à l'embouchure do la rivière de T'ien-Tsin, au mois de juin de l'année dernière, les deux (iouvernements de France el d'Angleterre considérant leur pavillon comme avant reçu une grave insulte de la part du Gouvernement chinois, lui ont demandé les satisfactions qui, seules pouvaient amener Icrétablissement des bonnes relations qui existaient auparavant entre la Chine d'une part et les deux autres puissances de 1 autre. En ce qui concerne la France, le Ministre de l'Empereur à Cliang-IIaï a présenté au Gouvernement chinois des demandes de réparation nettement formulées, et ce dernier a été bien averti que si dans un délai de 3o jours, le Gouvernement chinois n'accédait pas de bonne grâce à ce (pii lui était demandé, la .solution des affaires serait remise entre les mains des Commandants en chef, qui auraient à employer la Ibrce pour obtenir ce que 1 on refusait d'accorder volontairement.

S. Exe. sait parfaitement que la réponse du Gouvernement chinois n'a été qu'un refus dérisoire et que dès lors, le temps des négociations à l'amiable ayant cessé, on a donné aux troupes qui arrivaient d'Europe, l'ordre d'emplover la force pour contraindre le Gouvernement chinois à céder.

Les troupes européennes, débarquées à Pe-T'ang, ont enlevé d'assaut les forts de la rive gauche du Peï-ho ; les forts de la rive droite ont dû se rendre le même jour. La rivière de ï'ien-tsin a été débarrassée des obstacles que l'on avait accumulés peur en rendre l'entrée impossible, et les Commandants en chef, arrivant devant T'ien-tsin, par eau et par terre, se sont emparés de la ville et en occupent militairement les abords, sans vouloir v entrer, par ménagement pour la nombreuse population inolTensive qui s'y trouve.

Les Ambassadeurs de France et d'Angleterre signataires du traité de T'ien-tsin, s'y trouvent établis.

Le Soussigné regrette vivement qu'il ait été nécessaire d'en venir h l'emploi de la force et il doit déclarer qu'il lui est encore impossible de demander aux Commandants en chef de suspendre les opérations combinées pour assurer le succès de la mission qu'ils ont à remplir, mais ce qui n'empêchera pas S. Exe. et son honorable collègue de conférer avec le Soussigné pour rétablir la

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paix s'ils accèdent aux dcinandcs qui ont été forinulccs par l'ulliinatum du mois de mars doniicr et (|ue pour plus de précision le Soussii^aé peut rappeler ici.

La France demande :

1° Que des excuses lui soient faites à l'occasion des fâcheux événements qui ont eu lieu à l'embouchure de la rivière deT'icn- Tsin au mois de juin de l'année dernière;

•2° One l'échaniie des ratifications du traité de T'ien-tsin ait lieu à Pe-King, et qu'il soit possible à l'agent diplomatique de France de remonter la rivière de T'ien-Tsin, sur un navire de sa nation ;

3" Que le traité de T'ien-tsin soit immédiatement mis à exécution ;

4" Enlm, qu'une indemnité soit payée à la France, par le Gouvernement chinois pour les frais considérables qu'elle a dû faire, en armant une flotte et en envoyant une armée en Chine.

La première clause, exigée par la France, sera d'autant plus lacile à accorder que le Gouvernement chinois n'hésitera pas à exprimer le vif regret qu'il éprouve de la manière dont les événements de Ta-Kou en 1859 ont été conduits.

La deuxième et la troisième clause sont accordées de fait.

Quant à la quatrième, à celle de l'indemnité, elle demande quelques explications : le Gouvernement de l'Empereur avait voulu d'abord exiger du Gouvernement chinois une somme ésale à celle qu'il a dû dépenser pour couvrir les armements considérables qu'il a faits, mais prenant en considération l'état fâcheux dans lequel se trouvaient les finances de l'Empire par suite de la rébellion qui le prive de ressources, il a décidé que cette indemnité serait réduite à la somme de 8 millions de taels ^ dans laquelle se trouverait confondue celle de deux millions stipvdée par le traité de T'ien-tsin, c'est-à-dire que la Chine aurait à payer en tout, à la France, une somme de huit millions de taels, moins les sommes versées déjà par la douane de Canton, comme à compte donné sur l'indemnité du traité de T'ien-tsin.

Une convention, rédiirée et signée à T'ien-tsin, réglerait les clauses de l'ultimatum : le Soussigné se rendrait ensuite à Pe-king pour y procéder à l'échange des ratifications du Traité de T'ientsin, et, dans le procès-verbal d'échange, signé par le Soussigné et par les Commissaires impériaux, il serait déclaré cjue la Convention de T'ien-tsin serait obligatoire pour les deux nations à

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