‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 169 sur 236 · Lire Ta Sin tchouant · texte numérisé non relu

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GoKDiiiK. — Expéd. de Chine, lîStJu. -il

S-2-2 guet-apKns de t oung-tciieou

lirrc campairnc diplomatique, je n'ai pas hésité à renlreprendrc cl après la déception de T'ien-tsin, je me suis mis en marclie [)our T'oung-tclieou, avec l'armée française emmenant avec moi aâ chariots attelés, quatre palanquins, quarante coolies porteurs et accompagné par M.M. de Bastard et de Vernouillet, secrétaires de l'Amhassade, M. de Méritens et l'abbé Delamarre, interprètes, le capitaine de vaisseau ïricault, commandant le Du Cliayla, le chirurgien-major de la même frégate, le lieutenant de vaisseau Jaurès, aide-de-camp de l'amiral Charner, cl de M. de Bourboulon, jeune olTicier d'infanterie, cousin du Ministre de ce nom, que le général de Montauban avait attaché à l'ambassade pour servir d'intermédiaire entre elle et l'armée. (Jinq domestiques européens, trois lettrés chinois, et huit matelots du Du Chayla complétaient ma nombreuse caravane. f]lle marchait avec l'armée, s'arrêtait où l'armée s'arrêtait et n'avait assez souvent pour vivre que les rations de biscuits, de viande et d"eau-de-vie que l'intendance de l'armée lui fournissait sur réfjuisilion pour service. Une compagnie d'infanterie et quelques cavaliers nous servaient d'escorte et de garde, et lorsque le canon grondait aux avant-postes , nous nous retranchions dans les fermes voisines ou dans une bonne position pour v attendre l'issue du combat.

La campagne ainsi commencée, nous avons reçu, en route, Lord Elgin et moi, de nombreuses dépêches des Commissaires Impériaux nouvellement nommés et dont l'un, le prince Tsaï d'I ïsin, proche parent de l'Empereur, nous suppliait de rester avec nos troupes dans le lieu où nous nous trouvions ou de retourner avec elles à Tien-Tsin où les Commmissaires allaient se rendre avec les pouvoirs les plus étendus pour traiter avec nous. Nous avons dû nous y refuser et nous avons déclaré formellement au prince Tsaï et à son collègue. Mou, ministre de la guerre, que par suite do \a conduite déloyale du Gouvernement chinois à T'ien-Tsin, nous ne traiterions maintenant de paix qu à Tounfj-lcheou, et c|ue, si de nouvelles déceptions nous attendaient encore dans cette ville, nous marcherions immédiatement sur Pe-King.

Le Prince nous a répondu alors que le Gouvernement Chinois accédait à toutes nos demandes, et que si nous voulions bien faire camper nos troupes à 6 milles avant d'arriver à ï'oungtcheou, nous pourrions, nous Ambassadeurs, nous rendre dans cette ville pour y signer avec lui la convention préparée à T'ien- Isin, convention dont le Gouvernement chinois acceptait toutes les

LUÏTÙK DU BAUON GBOS A M. TIIOUVENEL '6'2'6

clauses. Le Prince ajoutait que nous pourrions nous rendre ensuite à Pc-Iving pour y procéder à l'échange des ratifications du traité de i858, en nous y faisant accompagner par une escorte de mille hommes, et que ces actes accomplis les troupes alliées devraient retourner à ï'ien-ïsin.

J'ai envoyé M. de Bastard et M. de Méritens à T'oung-tcheou, où Lord Elgin avait envoyé M. Parkcs et M. Wade, ses interprètes. Ils y ont été, tous les c[uatre, très bien accueillis par le prince ïsaï, et dans une longue conférence, tout a été convenu d'une manière satisfaisante pour nous.

Pendant ce temps-là nos troupes allaient s'établir pacifiquement sur le terrain, à 6 milles en avant de T'oung-tcheou, où il avait été convenu entre les Autorités chinoises et nous qu'elles camperaient sans aller plus loin ; mais avant d'arriver même sur les lieux désignés, elles se sont trouvées en présence d'une nombreuse armée tartare, forte, dit-on, de 25 mille cavaliers, et de i5 à 20 mille hommes d'infanterie, commandée par le prince Sèng-ko-lin-ts'in, plus connu dans le pays sous le nom de Scng-wang (le prince Seng).

M. de Bastard ayant reçu des Commissaires impériaux une réponse écrite à la dépêche qu'il leur avait remise de ma part, s'était décidé, heureusement, à quitter la ville à une heure et demie du matin, au moment même où cette réponse lui avait été envoyée et la rovitc qu'il avait trouvée libre en se rendant à T'oung-tcheou.

Ce soir les forces alliées se portent sur T'oung-tcheou où s'est réunie, dit-on, une force tartare considérable qui a pris position sur la route de T'oung-tcheou à Pe-King. On assure cependant que Sèng-ko-lin-ts'in s'est suicidé. Nos ti'oupes n'entreront pas dans T'oung-tcheou, car le pillage de la ville serait impossible à empêcher. J'ai le cœur serré par les actes de vandalisme que j'ai vu commettre par nos soldats, comme par nos alliés, charmés de pouvoir rejeter mutuellement les uns sur les autres les actes abominables dont ils se rendaient coupables.

De T'oung-tcheou, nous marcherons sur Pc-King où nous serons dans quelques heures, à moins que le Gouvernement Chinois ne vienne sérieusement cette fois courber la tête devant nous et céder sur tous les points.

Veuillez, etc.

Sia:. B"" Gros.

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