I. Voir plus haut, j» 3i
r.OMHAT I)K m-I,I-K'lAO SsS
Les généraux décidèrent de tourner les deux ailes ennemies ; AJontauban s'appuyant sur le canal et le village de Lio-tsang-, opérait à tlroite ; à gauche, le général Michel avec la cavalerie soutenue par le général Grant et l'infanterie, poussait vigoureusement l'ennemi sur la route de Kouatsoun et enfonçait son aile droite ; devant l'impétuosité de l'attaque des Alliés, dans laquelle périt le lieutenant de Damas, les Tartares reculent ; à 3 heures, les deux colonnes s'étaient rejointes et l'ennemi avait disparu ; l'infanterie française bivouaquait à Koua-tsoun, à dix kilomètres environ de T'oung-tcheou ; les Anglais poussèrent au delà jusqu'à Tchang-Kia wan.
Le lendemain, 19, Lord Elgin envoyait M. Wade à T'oung-tcheou pour sommer le gouverneur de cette ville de rendre les prisonniers ; dans le cas où satisfaction ne lui serait pas donnée, les armées alliées marcheraient sur Pe- King ; hélas, les malheureuses victimes du guet-apens, en proie aux souffrances causées par les tortures et la chaleur, roulaient depuis longtemps sur la route de la capitale, brisées par les cahots des horribles véhicules chinois qui les transportaient aux lieux de nouveaux supplices.
Cependant Seng-Ko-lin-ts'in était déterminé à couvrir la capitale en arrêtant les Alliés au pont de Pa-li-K'iao, que traverse la grande route dallée qui conduit à Pe-King. Le 20, les. Alliés décidaient d'attaquer l'armée tartare en évitant la ville murée de T'oung-tcheou et passant par le village de Wangkoua-yé. C'est à huit // de cette ville que se trouve le pont de marbre qui traverse le canal conduisant du Pei ho aux fossés de Peking, d'où le nom de Pa-li-K'iao (pont à huitli).
COMBAT DE PA-LIrp^'lAO , 21 SEPTEMBRE 1860.
L'armée française marchait directement sur le pont de Pa-li K'iao ; les Anglais, prenant la gauche, devaient tra-
336 PA-LI-k'iAO, 3 1 SEPTEMBRE 1860
verser le canal sur un pont de bois, à trois kilonièlres plus loin pour prendre rennenii à revers, pendant que nos troupes, environ 800 hommes, les attaquaient de tace. Le 2 1 , les colonnes se mettaient en marche par un temps beaucoup plus irais ; Collineau menait le train à ravant-i,\Trdc avec Jamin à droite et Sutton à gauche ; un moment séparé du reste des troupes, le canon des Alliés arrêta l'élan des Tartares lancés contre lui. Le pont sur lequel flottait l'étendard de Seng-Ko-lin-ts'in était emporté ; à midi, le combat, commencé à 7 heures, était terminé; ce qui restait des 3oooo Tartares de Seng-Ko-lin-ts'in luyait au loin, éparpillé dans la campagne : les troupes alliées s'établirent dans les tentes abandonnées par les soldats du Seng-\^ ang. Ce brillant fait d'armes qui valut au général Montauban le titre de comte de « Pa-li-Kao » ne nous coûtait que 20 hommes hors de combat, dont 3 tués. Les pertes de la cavalerie anglaise n'étaient pas plus considérables. Je suis passé à Pa-li-K'iao une douzaine d'années après le combat, et les traces des balles sur le parapet du pont témoignaient encore de la chaleur de la lutte.
Ce ne lut que plus tard que Ton apprit que le général Cheng-Pao avait l'ait décajiiler près du Pa-li-K'iao l'abbé Deluc et le capitaine Hiaba/on dont on ne put retrouver les corps.
I,E PIUNCE KOUNG, COMMISSAIRE IMPEUIAL
Dès le lendemain du combat de Pa-li-K'iao. un nouveau Commissaire impérial annonçait que le prince de I et Mou étaient privés de leurs fonctions, à cause de leur incapacité et que lui, i)rince Koung, avait été désigné pour traiter les affaires. Le prince Konng était le propre frère de l'empereur Ilien-Foung, le sixième lils de l'empereur Ïao-Kouang, et il débutait ainsi dans une carrière qu'il suivit avec éclat jusqu'à sa mort, en il
r,E PRINCE KOUNG VU DXRON GROS S'il
Les Plénipotentiaires préparaient iin projet de note le 2 2 septembre, adressé à ïsaï et à Mou, qui fut abandonné par suite de la dépêche du prince Koung, mais qui fut néanmoins remis à ce dernier.
LE PRINCE KOUNG, AU BARON GROS, 2 1 SEPTEMBRE 1860
ai septembre 1860.
Le Prince Koung, Commissaire impérial plénipotentiaire pour traiter les affaires, selon les circonstances, fait la communication suivante :
Comme le Prince de I, Tsai, et le Président du Bureau de la Guerre, Mou, ont mal géré les affaires, un décret impérial les a privés de leurs fonctions, et, par un autre décret, j'ai été nommé Commissaire Impérial et muni de pleins pouvoirs pour traiter les affaires suivant les circonstances. J'ai immédiatement donné l'ordre à Heng-k'i, à Lan Wen-you et à d'autres individus de se rendre auprès de V. E. pour traiter de la paix. Que V. E. suspende donc les hostilités pour que nous puissions conclure cette paix.
Tel est l'objet de cette dépèche adressée à S. E. M. le B"" Gros, etc., le 21 sept. 1860 (7" jour de la S*" lune de la 10'' année de Hien-Foung).