LE BARON GROS AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, 3 OCTOBRE 18G
Dans une dépêche du 3 octobre, le baron Gros exposait au Ministre des Affaires étrangères la gravité de la situation et en particulier sa crainte de ne trouver personne à Pe-King pour traiter :
Pa-li k'iao, le 3 octobre 18G0
Notre situation est sérieuse, depuis la dernière démarche faite auprès du Prince Roung, aucune réponse ne nous est parvenue, et nous marcherons demain sur Pe-King, si nos munitions sont arrivées. Nous avons déjà dû colorer notre impuissance d'agir par un semblant de bienveillance pour le Gouvernement Chinois; mais si après la déroute de Pa-li K'iao, nous avions pu nous porter sur Pe-King, tout serait fini. Aujourd'hui, j'ai peur que le vide ne se fasse autour de nous, et j'ai, je l'avoue, les craintes les plus vives pour la vie des personnes détenues à Pe-King. Que je suis heureux que M. de Bastard ait été assez prudent pour quitter T'oung-tchcou à deux heures dans la nuit ; il serait au nombre des détenus et M. de Méritons avec lui.
Il n'y a rien à prévoir dans ce singulier pays, mais, notre position serait bien dlfTiclle si nous ne trouvons dans Pe-King personne avec qui traiter.
Les notables négociants de la ville nous ont écrit, à Lord Elgin et à moi, pour dema'nder la paix, et Us nous offrent d'intervenir entre le Gouvernement Suprême et nous. Cette démarche leur est assurément commandée.
M. Parkes, l'un des détenus dans Pe-King, a obtenu la permission d'écrire à Lord Elgin, mais en chinois, il lui dit que tous les prisonniers sont bien traités et que le Prince Koung est un homme sur lequel on peut compter. 11 signe en anglais pour constater l'identité de sa personne, et on lit dans le paraphe qu'il a simulé autour de son nom la phrase qui suit : on me dicle ce que j'écris.
Veuillez, etc.
(Sig.) : B''" Gros.
3Zi8 NÉGOCIATIONS STÉIULES
Dans une lettre privée de la même date adressée au ministre, le baron Gros fiiisait ressortir également combien un arrêt des troupes après le combat de Pa-lik'iao avait été néfaste :