‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 186 sur 236 · I. Comte d'Hérisson. £'jYJ., p. if · texte numérisé non relu

I. Comte d'Hérisson. £'jYJ., p. if

LE BARON GROS AU GÉNÉRAL DE MONTAUBAN 85 1

soit en nous en emparant de vive force, soit par suite d'une capitulation, permettez-moi de vous rappeler qu'il se trouve dans cette grande ville plusieurs édifices ou établissements religieux construits autrefois aux frais de la France et confisqués depuis longtemps par le Gouvernement chinois, pendant les diverses persécutions dont le catholicisme a eu à soulîrir dans l'Empire.

Lorsqu'en i8lil\, un traité fut signé entre la France et l'Empire chinois, le Haut Commissaire impérial Ki-ying s'engagea presque au nom de l'Empereur Tao Kouang, alors régnant, et pore du souverain actuel, à faire restituer ces édifices à leurs légitimes propriétaires. La conquête ne nous donne-t-elle pas le droit de reprendre et de garder ce qui nous a été enlevé autrefois ? ce que le sort des armes remet aujourd'hui entre nos mains? et si une capitulation a lieu, ne pouvons-nous pas y répondre que CCS édifices nous seront rendus ? Quelques autres établissements du même genre ont été confisqués aussi dans les provinces, et.peut-être serait-il utile d'obtenir en termes généraux la restitution, promise par un écrit de Tao-Kouang, de tous les établissements catholiques confisqués sous les règnes pi-écédents.

Si nous entrions de vive force dans la ville l'occupation immédiate par nous de ceux de ces édifices qui s'y trouvent, serait de droit, sauf à faire régulariser ensuite, une restitution qui ne pourrait plus ainsi à l'avenir amener de fâcheuses complications.

Je sais. Monsieur le Général, que cette mesure déplaira à nos Alliés, mais s'ils ont repris à Ïa-Kou les canons que les Chinois leur avaient enlevés en iSSq, ils auraient mauvaise grâce à ne pas trouver bon que nous reprenions par la force, qui nous en donne le droit, les établissements religieux que le Gouvernement chinois avait enlevés autrefois aux sujets et au gouvernement de la France.

Veuillez, etc. (^'oO ^"" Gros.

M. de Méritens, qui revient de votre camp et qui a eu l'honneur de vous voir, m'engage de votre part à aller m'établir demain matin dans la pagode que vous allez quitter pour marcher sur Pe-King, Je ne sais s'il est bien prudent de faire ainsi deux lieues en pays ennemi avec des bagages et une faible escorte de 3o et 35 hommes ; le Commandant anglais du camp voisin m'a fait dire que des cavaliers tartares s'étaient rencontrés dans les environs et qu'il avait des craintes pour la nuit. Il a fait placer des vedettes entre moi et Pe-King, et à la première alerte, il

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