‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 54 sur 236 · ACCORD AVEC LA DIPLOMATIE · texte numérisé non relu

ACCORD AVEC LA DIPLOMATIE

Conibatlre et occuper les positions déterminées par l'Empereur, est la partie la plus facile de votre mission en Chine ; cette mission emprunte à votre éloignement même, et à l'action combinée des forces militaires et de la diplomatie, un caractère et des ditïiciiltés spéciales, qu'il importe de bien apprécier et de bien définir. Au commandement des forces de terre et de mer françaises et anglaises, appartient de fixer plus particulièrement à quel moment et à quelles conditions il peut convenir d'ouvrir des négociations et de conclure un armistice.

Pendant la durée des opérations, le rôle de la diplomatie se bornera à éclairer le Commandement militaire sur les concessions qu'il importe d'obtenir du gouvernement chinois. Le Commandement conservera la plus complète latitude pour concilier les exigences diplomatiques avec la situation militaire que les circonstances nous auront faite.

Dès que l'action des armées alliées aura rendu les négociations opportunes, le Ministre de l'Empereur reprendra la tâche c^ui lui est confiée, en les suivant avec les plénipotentiaires chinois, après s'être corjcerté avec le Ministre de la grande Bretagne et s'être entendu avec le Commandant en Chef des forces françaises.

Votre responsabilité, général, et assurément elle ne saurait être plus grave et plus sérieuse, exige que vous soyez tenu exactement au courant de tous les détails de la situation, afin que vous puissiez les apprécier au point de vue des opérations de guerre, et faire valoir au besoin les considérations militaires qui en ressortiraient, et les moyens d'action que vous auriez à employer. Le Ministre de l'Empereur en Chine va recevoir des instructions précises sur ce point; elles sont enharmonie avec celles que vous recevrez vous-même ; vous en trouverez ci-joint une copie.

Malgré leur dernier succès, les troupes chinoises ne sauraient être comptées pour des adversaires redoutables, sans les dédaigner, nous pouvons les aborder avec assurance ; leur force est celle de tout peuple qui combat chez lui, pour ses foyers, pour son culte, sous la protection d'un climat souvent si fatal à son ennemi. Vous trouverez, Général, dans l'énergie de vos troupes, dans le dévouement de tous ceux qui auront une part quelconque

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(le vniro iTS[)Oiisiil)ilil('', loiil ce ((u il faut pour (loiuiiicr Ions les obstiulos.

Los relations à établir entre vons, Général, et le Comniaiulcment des forces britanniques, entre l'action militaire et l'action diplomatique seront de votre part l'objet de l'attention la plus sérieuse. Los instructions ne peuvent tout prévoir, tout régler : elles doivent tenir pour certain, cpio cliacun apportera dans l'accomplissenicnt de sa mission, cet esprit de mutuelle bienveillance et de dévouement à la cause commune, qui rendent tous les devoirs faciles, en laissant cbacuu se niouxoir dans la splière de ses attributions régulières.

A otre prudence, Général, et le sentiment do la haute mission (lue vous tenez de l'Empereur, vous traceraient la ligne de conduite à siiivre, si des cjuestions personnelles venaient, contre toute prévision, ajouter aux dilTicultés d'une si lointaine entreprise. S'il le fallait, la décision et l'énergie ne vous feraient pas non plus défaut : vous avez en main le drapeau de la France, vous répondez de ses vaillants soldats ; ce peu de mots résument tous vos devoirs, ils contiennent un conseil pour toutes les dillicultés, un succès pour toutes vos entreprises.

Le Général Jamin, nommé Commandant en second, est désigne d'avance pour prendre le Commandement en chef, dans le cas où vmc circonstance quelconcjue voiis mettrait dans l'impossibilité do continuer à l'exercer.

En conséquence, il devra recevoir communication des présentes instructions, et être admis dans tous les conseils qui pourraient être tenus.

Recevez, Général, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Le Maréchal de Franco, Ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre, Sig. : Haxdo.x.

Pour co|)ie conforme :

Le Colonel Chef du Cabinet :

RlUOURT.

LE GENERAI, SIR HOPE GRAXT

De son coté, le gouvernement anglais, sur la recommandation du duc de Cambridge, désignait le major général Sir

LE GÉNÉRAL SIU IlOPIO GUANT ll3

James Hope Grant' comme commandant des troupes de l'expédition avec le grade de Lieutenant général; il paraîtrait que Sir Charles Wood, secrétaire d'Etat pour l'Inde, lui aurait préféré Sir William Mansfield, depuis lord Sandhurst, commandant les forces d'Irlande ". On sait d'ailleurs que le choix de Napoléon III ne s'arrêta qu'après quelques hésitations : il avait été question pour commander les troupes à destination de Chine de plusieurs chefs militaires, et si je ne me trompe, parmi eux du maréchal Forey".

Le général de Montauban portait le jugement suivant sur le général Grant^ :

« Je le considère comme un homme très loyal. Toutefois, sauf ime bravoure peu réfléchie, mais très grande, je ne lui crois pas de grandes qualités militaires. Il est faible de caractère, complètement sous le joug de Lord Elgin, qui conduit les opérations militaires, et Lord Elgin lui-même se plaint de la mollesse de son général en chef. Ce diplomate a en trop ce dont le général n'a pas assez. Celui-ci a une tenue extraordinaire et alTrcusement sale ; il ressemble à une vieille femme grande et maigre, et c'est, m'a-t-on dit, le nom que son armée lui donne. Je dois dire cependant que je l'ai trouvé en toutes circonstances très bienveillant et très loyal avec moi, que je lui reconnais d'excellentes qualités privées, et que chaque fois qu'il n'a pas été poussé par Lord Elgin, je n'ai eu qu'à me louer de mes relations avec lui. »

1. Sir James Hope Grant, plus jeune fils de Francis Grant de Vilgraston Ilouse, Pertlisliire, né 22 juillet 1808 ; après la campagne de Chine l'ut nommé commandant en chef de l'armée de Madras; -[- 7 mars

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