‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 93 sur 236 · LETTRE DE M. DE BOURROUI.OK A M. THOUVENEL T · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE BOURROUI.OK A M. THOUVENEL T

Affaires étrangères » (qui en réalité est un ministère des Colonies) et vice-président du Ministère des Finances, le nommé Jenii ^^ ang. Chef suprême de la police (ce qu'on appelle, dans l'opinion de M. KleczkoAvski, Surintendant militaire des Neuf Portes ') (S: Prince du Sang ; et un troisième dont le nom ne lui a pas été dit par le général, mais qui n'est pas Seng-ko-lin-t'sin, celui-ci voulant la guerre par cela seul qu'il est chef militaire, comme moyen d'augmenter son influence. — Selon le général Ignatiev un bon coup frappé à Ta-Kou fera disparaître bien vite ce parti. Rouei-liang n'a absolument aucune influence réelle, lloua-cha-na s'est empoisonné. Les forts de Ta-Kou sont immenses, bien pourvus d'armes et de munitions et entourés de troupes, surtout de la cavalerie. La sortie du général, de Peking, a eu lieu en plein jour, sa chaise à porteurs étant entourée d'une escorte de cosaques armés. Les autorités chinoises ont protesté contre cet appareil militaire, disant qu'il inspirerait ainsi du mépris au bas peuple pour le Gouvernement et craignant que cette démarche ne servit de précédent povir d'autres envoyés étrangers. Le général a tenu bon. Les inarins des navires russes qui sont déjà dans le golfe sont établis à terre à Pe-t'ang. L'une des remarques du Général a été qu'il ne fallait pas montrer aux Chinois la moindre division entre nations européennes, que c'était toujours ce qu'ils espéraient, prêts à en profiter aussitôt.

Le général Ignatiev a, dans tout le cours de cette conversation, manifesté les meilleurs sentiments envers le gouvernement de l'Empereur, la France et ses agents en Chine, en exprimant sa reconnaissance pour les bons oflices que ses compatriotes ont reçus dans les différents ports de la part des Agents français, notamment ici de la part de M. de Montigny. En parlant de la guerre de Crimée, il a dit que ça avait été une passe d'armes entre frères. Suivant lui les intérêts français et les intérêts russes dans ces parages étaient loin d'être opposés les uns aux autres, et il a ajouté à cela une remarque qui, autant que M. kleczkowski s'en souvient, voulait dire qu'il n'en était pas précisément de même en ce qui concernait d'autres nations, laissant, à ce cju'il lui a paru, percer l'intention de faire une distinction marquée entre nous et les Anglais. M. KleczkoAvski a naturellement abondé pendant tout l'entretien dans le sens des rapports

I. Kieou-meun T'i-iou, Généralissime gardien des neuf portes do la ville septentrionale de Pe-King.

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de cordiale union et dainilié qui devaient exister entre les deux Empires, sans donner toutefois dans le piège, réel ou supposé, de se prononcer contre les Anglais et leur politique dans ces contrées. J'ajouterai que le premier secrétaire de ma Légation, avant de venir me rendre compte de sa visite est passé chez M' Bruce et lui a fait part des renseignements (jénéraux qu'il avait recueillis, « pour témoigner de la cordialité des rapports « ([ui existe entre les deux légations ». M' Bruce doit les transmettre à Lord John Russell par une lettre particulière.

Je dois encore dire à Y. E. en terminant cette dépèche que l'arrivée de la malle sur lac|uelle on sait que M. le Baron Gros et Lord Elgin ont pris passage, a éprouvé un retard inallendu, le steamer le Malabar qui doit les amener à Hongkong, n'était pas encore arrivé à Singapore à la date du 3 de ce mois, ce qui le constitue en retard de /i à 5 jours sur le temps ordinaire.

Veuillez, etc.

(Sig.) A. BOUUBOULON.

P. S. Au dire des journaux, l'escadre russe dans ces mers se composerait de \~ hàtiments de guerre et de plusieurs transports.

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