XLV. 20 novembre 1647 (Paris). Le Roi au duc de Modène
Le Roi demande au duc de lui donner des troupes pour envoyer à Naples. H devra s'entendre sur tout cela avec le marquis de Fontenay, et se conduire en bon allié de la France.
XLVI. 24 novembre 1647 (Toulon). Le bidlli de Valençay au comte de Brienne 183
La flotte est sur le point de quitter le port. Elle passera par Gèues, où les chefs pourront s'enlendie avec le cardinal Grimaldi. Le bailli proleste de son dévouaient pour le cardinal Mazarin.
XLVII. 21 novembre 1647 (Paris). Le Roi au marquis de Fontenay 185
II faut avant tout travailler à enlever Naples au roi catholique, et pour cela il est nécessaire qu'un agent français se rende auprès des Napolitains révoltés. Ce sera ou l'ambassadi^ur lui-même, ou l'abbé de Saint-Nicolas, ou le bailli de Valençay. Le Hoi envoie les pouvoirs nécessaires à celui qui accomplira cette mission.
XLYIII. 26 novembre 1647 (Paris). Le comte de Brienne au marquis de Foyitenay 187
Nouvelles de la maladie du Roi. Détails des soins qu'on lui donne. Les aflaires de Naples ne doivent point faire perdre de vue le but principal de la politique française, qui est d'arriver à la paix. L'ambassadeur recevra de l'argent, des pouvoirs et des lettres. Mort de Taddeo Barberini, ancien préfet de Rome. Divisions dans la famille du Pape. Affaires d'Irlande.
XLIX. 28 novembre 1647 (Paris). Le comte de Brienne au marquis de Fontenay. 192
Guérison du Roi. Incertitudes sur le succès des entreprises du duc de Guise. Les événements disposent le roi d'Espagne à la paix. Conduite du Pape par rapport à l'Espagne.
L. 28 novembre 1647 (Paris). Mémoire du Roi au marquis de Fon tenay 195
La révolte de Naples étant maintenant complète, il faut faire en sorte d'en tirer parti en favorisant tout ce qui peut enlever ce royaume à l'Espagne. Mais il faut avoir égard à l'inconstance des mouvements populaires. Il est à espérer que la flotte sera bientôt en mesure de voguer dans les eaux de Naples. Les troupes n'opéreront leur descente que lorsque le peuple les demandera. La forme de gouvernement choisie par les révoltés est impraticable ; la république ne convient qu'à certains pays très-rares. Il est d'ailleurs de notre intérêt que le peuple se choisisse un roi, que nous prendrons sous notre protectorat. Mais si les Napolitains voulaient se donner à Sa Majesté, il faudrait refuser, de peur de mécontenter les puissances. Quant aux candidats que l'ambassadeur devra appuyer, ce seraient en première ligne les princes de la famille royale, puis le duc Charles de Lorraine, le duc de Savoie. Il importe beaucoup que la conduite des soldats soit irréprochable, surtout à l'égard des femmes. On fera valoir aux Napolitains tous les avantages qu'ils auront à se séparer de l'Espagne pour se rapprocher de la France. La noblesse sera également à ménager. La flotte, après avoir secondé les révoltés, hivernera à Naples. Si le peuple persiste à appeler le duc de Guise, il faudra faire accompagner ce prince par l'abbé de Saint-Nicolas. L'ambassadeur a tout pouvoir pour mener cette affaire : on lui envoie l'argent nécessaire de France. Il devra attendre quelque temps avant de signer un traité avec les Napolitains, pour ne point compromettre les négociations pendantes.