‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 204 sur 263 · Ibid, § 110, p · texte numérisé non relu

Ibid, § 110, p

V!l L'EXPÉRIENCJB HUMAINS ET LA CAUSALITÉ PHYSIQUE

L90. Cette révision de la théorie des principes devance manifestement les méthodes que Mach rattachera plus tard à ce qu'il appellera « l'économie de la pensée ». Mais il est à remarquer que, si Cournot oppose cette forme d'exposition a La mécanique physique qui invoque directement la réalité de la force, c'est à celle-ci qu'il accorde ses préférences, en vertu d'une philosophie qui subordonne l'artifice de la forme logique à la raison naturelle des choses. .

Or le progrès de la critique, au cours du xixe siècle, devait remettre en question le primat du dynamisme. D'un mot incisif, Henri Poincaré a mis en évidence le motif pour lequel l'intuition directe qui provient de la notion d'effort, n'intéresse à aucun degré le physicien. « Ce qui importe, ce n'est pas de savoir ce que c'est que la force, c'est de savoir la mesurer... Or cette notion immédiate d'effort ne peut nous servir à mesurer la force... Mais il y a plus : cette notion d'effort ne nous fait pas connaître la véritable nature de la force ; elle se réduit en définitive à un souvenir de sensations musculaires, et on ne soutiendra pas que le soleil éprouve une sensation musculaire quand il attire la terre 1. »

Le système cinématique tendra donc à reprendre l'avantage. Seulement (et c'est ici le point important à relever) comme un système second par rapport au dynamisme classique, qui en soulignera l'échec et qui paraîtra par suite attester l'impuissance de la science à justifier sa pleine valeur de vérité.

Ces caractères sont assez bien marqués dans l'oeuvre posthume où Hertz essaie de mettre au point l'effort des d'Alembert et des Lazare Carnot pour éliminer, du système des définitions et des propositions initiales de la mécanique, les intuitions dynamiques : « Ce que nous appelons force d'inertie ou force centrifuge, est-ce autre chose que l'inertie de la pierre ?... Pouvons-nous, sans troubler la clarté de nos représentations, compter deux fois l'action de l'inertie, une première fois comme masse, une seconde fois comme force2?... Les forces dont notre Mécanique fait usage pour traiter des questions physiques ressemblent souvent à des roues tournant à vide. Ainsi, dans la Mécanique céleste, l'observation directe ne porte jamais sur les forces de gravitation ; elle atteint seulement les positions des astres. » (Ibid., p. 14.) Dès lors, Hertz réorganise les principes de la Mécanique en ne faisant appel

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