‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 55 sur 263 · L'INTERPRÉTATION DE L'HISTOIRE SELON ARISTOTE · texte numérisé non relu

L'INTERPRÉTATION DE L'HISTOIRE SELON ARISTOTE

56. — A cette doctrine, Aristote attribuait une signification historique, qui serait d'un intérêt capital : la doctrine exprimerait l'apport du génie grec qui a découvert tour à tour, et qui s'est défini à lui-même, chacune des quatre causes.

La cause matérielle aurait été la principale préoccupation des premiers philosophes, qui étaient eux-mêmes successeurs des anciens théologiens K Avec Thalès, Anaximène et Diogène, avec Hippase de Métaponte et Héraclite d'Ephèse, chacun des éléments : eau, air, feu, émerge en quelque sorte a la surface de la philosophie, jusqu'à Empédocle qui les retient tous à la fois, leur ajoute la terre, et fonde pour des siècles 4a théorie classique des quatre éléments. Avec ce même Empédocle apparaissent des principes ayant une fonction nouvelle : la fonction d'expliquer le changement. Il ne s'agit plus seulement, comme chez les physiologues antérieurs, de découvrir ce qui subsistait de permanent et d'immuable sous les transformations apparentes ; il s'agit de rendre compte de ces transformations elles-mêmes, et c'est le rôle qu'Empédocle, se souvenant de r'Epwç des Théogonies, confère à l'amitié, zO.'iy., et d'autre part, au principe opposé, à la discorde, ntma&i Amitié et discorde sont des causes motrices. L'élaboration de la cause formelle fut l'œuvre de l'école pythagoricienne. L'assimilation des choses aux nombres a ce résultat de faire reposer l'explication causale sur l'essence interne telle qu'elle se manifeste par la définition"'. La participation platonicienne, avec une distinction plus nette de la matière et de la forme, ne fait que poser le primat de la forme, la forme étant à la fois le concept général, hérité de Socrate, et l'idée mathématique, héritée

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