II AVANT-PROPOS
le choix et la disposition des extraits qu'il renferme. Demandant au grand apologiste son autobiographie religieuse, j'ai suivi l'homme dans ses relations avec Dieu, plutôt que l'écrivain ; j'ai noté les vicissitudes de la Foi dans son âme ; j'ai tâché de saisir les moments religieux de cette âme.
Ces extraits viennentenmajoritédeSi¥émot>C5(fOu//'c- Tombe, le livre où l'auteur s'est le plus dépeint. Mais, comme on l'avait accusé — et avec raison semble-t-il — de s'y être dépeint en buste, j'ai cherché ce qu'il y avait de son expérience religieuse dans ses autres ouvrages. C'était chose relativement facile. Car au dire de ceux qui l'ont fréquenté : « Chateaubriand ne se dérobe nulle part. Il est dans les Natchez, il est dans l'Itinéraire, il est dans les Martyrs, il est dans la Vie de Rancé. Avant d'écrire ses Mémoires, il les avait esquissés dix fois. Presque toute sa vie est dans chacun de ses ouvrages, et toute sa vie morale est dans chacun d'eux *. »
Je puis donc offrir, à la fois, l'autobiographie religieuse d'un illustre chrétien et un véritable recueil de pages choisies dans l'œuvre d'un maître. Quelquesunes de ces pages — et non pas les moins belles — sont généralement peu connues : L'Avenir du monde, par exemple, article splendide, paru dans la Revue des Deux-Mondes, le i5 avril i834 ; la touchante prière « pour la perte d'une personne qui nous était chère » et même la profession de Foi de 1814, etc. etc.
Une âme, à quelques talents près, ressemblant à une autre âme, le principal mérite de Chateaubriand dans ses confidences, réside en ce qu'il nous intéresse au drame de notre propre nature. C'est à
>. Etudes lilt'-raires sur le XIX° s., Faguet, p. 44.