‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 35 sur 126 · VOUÉ A LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

VOUÉ A LA SAINTE VIERGE

PLANCOET, 1768

Une pauvre chrétienne me voua à Notre-Dame de Nazareth.

Mémoires, 1.

En sortant du sein de ma mère, je subis mon premier exil ; on me relégua à Plancoët, joli village situé entre Dinan, Saint-Malo et Lamballe. L'unique frère de ma mère, le comte de Bedée, avait bâti près de ce village le château de Monchoix. Les biens de mon aïeule maternelle s'étendaient dans les environs jusqu'au bourg de Gourseul, les Curiosolitcs des Commentaires de César. Ma grand'mère, veuve depuis longtemps, habitait avec sa sœur, Mademoiselle de Boisteilleul, un hameau séparé de Plancoët par un pont, et qu'on appelait l'Abbaye, à cause d'une abbaye de Bénédictins, consacrée à Notre-Dame de Nazareth.

Ma nourrice se trouva stérile ; une autre pauvre chrétienne me prit à son sein. Elle me voua à la patronne du hameau, Notre-Dame de Nazareth, et lui promit que je porterais en son honneur le bleu et le blanc jusqu'à l'âge de sept ans. Je n'avais vécu que quelques heures, et la pesanteur du temps était déjà marquée sur mon front. Que ne me laissait-on mourir iv

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